-
- |
- Accueil
- |
- Thèmes
- |
- Ressources
- |
- Ajout d'articles
- |
- Mots-Clefs
Renforcer la protection des mineurs en formation professionnelle
jeunesformation professionnellestagesapprentissagestagiairesconditions de travailtravaildiscriminationsprotection des mineursCFA
Proposition de loi de la députée communiste Elsa Faucillon, visant à renforcer la protection des mineurs en formation professionnelle (dépôt le mardi 28 avril 2026).
Le 17 avril, la mort de deux jeunes, un intérimaire de 22 ans et un stagiaire de 3ème (15 ans) ont trouvé la mort au travail, faisant émerger à nouveau le sujet dans la presse nationale. Selon les données les plus récentes, en France en 2024, 764 salariés du privé sont morts du fait de leur activité professionnelle. Du côté européen, Eurostat livrait fin 2025 des données pour l'UE. À ce compte, pour l'année 2023, la France est championne d'Europe des morts au travail. Tant en valeur absolue (811 décès sur les 3 300 recensés dans l'UE) qu'en rapport à la population (3,6 accidents mortels pour 100 k travailleurs, contre une moyenne européenne à 1,63).
Aussi, le 28 avril, journée mondiale pour la santé et la sécurité au travail, le ministre du Travail & des Solidarités Jean-Pierre Farandou annonce des mesures sur la sécurité des jeunes en entreprise. Des mesures parfois déjà existantes mais mal appliquées, selon les syndicats.
La principale mesure vise, pour les chantiers, à faire porter aux mineurs un casque bleu (orange pour les adultes) ou à y apposer un "A". Sans surprise, les syndicats, notamment la CGT : « Mettre un A sur un casque… Si le sujet n’était pas aussi tragique, on pourrait dire que c’est ridicule, soupire Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT, pour Le Monde. Et le jeune, mort seul sous son chariot élévateur, on va le retrouver plus facilement car il a un A sur son casque ? »
C'est dans ce contexte, et avec la perspective de la niche parlementaire communiste du 11 juin prochain, que la députée PCF Elsa Faucillon dépose une proposition de loi "visant à renforcer la protection des mineurs en formation professionnelle".
Ciblant les mineurs, la députée des Hauts-de-Seine rappelle que les jeunes sont surreprésentés dans les accidents du travail (les moins de 25 ans en subissent 2,5 fois plus que les autres salariés), et que l'assurance maladie recensait pas moins de 10 300 accidents du travail pour les apprentis en 2019 (pour 485 k apprentis).
Elle souligne par ailleurs que les politiques publiques qui "sous couvert d’améliorer l’orientation et l’insertion professionnelle, ont fait le choix d’augmenter la présence d’enfants de plus en plus jeunes et de plus en plus longtemps dans l’entreprise." Elle déplore par ailleurs que le cadre légal protégeant les mineurs au travail se soit "allégé au fil des années et [que] dans le même temps les moyens humains et financiers pour la bonne mise en oeuvre de cette dernière ont été rabotés."
Aussi, le projet de loi comporte trois chapitres
La loi est d'ores et déjà programmée pour la niche parlementaire communiste du 11 juin, et devra être examinée d'ici là en Commission des affaire sociales.