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Animateurs socioculturels et de loisirs : une profession plus souvent en CDD et à temps partiel

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Education

INJEP

Claire Charavel;Renaud Foirien

4 p.

18/11/2025

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En 2023, 386 000 personnes exercent le métier d'animateur socioculturel et de loisirs en France, dont 167 000 en font leur emploi principal. Cette profession est très féminisée (75 %), plutôt jeune (la moitié a moins de 34 ans) et moins diplômée que la moyenne des salariés. Près de six animateurs sur dix (58 %) sont employés par une collectivité locale. Leurs conditions d'emploi sont souvent marquées par des contrats courts (42 % de CDD) et du temps partiel (53 %, non choisi pour près de la moitié). Cette précarité, liée aux rythmes périscolaires et extrascolaires, reflète à la fois les contraintes propres au secteur et le fait que l'animation constitue fréquemment un premier emploi, une activité saisonnière ou une étape transitoire dans un parcours professionnel.


Mardi 18 novembre, l'INJEP publie une étude sur les conditions d'emploi des animateurs socioculturels et de loisirs (exerçant sur les ACM périscolaires et extrascolaires), à l'appui de données de 2021 à 2024.

L'étude permet de mettre en évidence les spécificités de l'emploi dans l'animation vis-à-vis des dynamiques nationales de l'emploi. Les employés y sont plus jeunes, davantage des femmes, y sont nettement plus souvent employés par des collectivités et sur des contrats courts à temps partiels subis.

 

Profils des animateurs et animatrices

386 000 personnes exercent le métier d'animateur socioculturel et de loisirs en 2023, dont 167 000 comme emploi principal (43 %).

 

Une profession particulièrement jeune

  • Leur âge médian est de 32 ans (contre 42 ans pour l'ensemble des salariés)
  • 27 % ont moins de 25 ans (contre 10 % pour l'ensemble des salariés)
  • 22 % ont 50 ans ou plus (contre 31 %)

 

Une profession largement féminisée

  • 75 % sont des femmes (contre 51 % de l'ensemble des salarié(e)s)
  • Les animatrices sont plus âgées que les animateurs : médiane à 37 ans (vs 33 ans des animateurs) ; 24 % ont moins de 25 ans (contre 35 %) et 25 % ont 50 ans ou plus (contre 14 % des animateurs)

 

Une profession aux niveaux de diplômes moins élevés que la moyenne

  • 71 % ont un niveau de diplôme inférieur ou égal au baccalauréat (contre 46 % de l'ensemble des salariés)
  • Les chercheurs l'expliquent notamment par la centralité des BAFA et BAFD, bien que brevets non-professionnels : "Dans les faits, ils permettent le plus souvent d’exercer de manière régulière et à temps plein, les diplômes professionnels de l’animation étant beaucoup moins répandus."

 

 

Conditions d'emploi des animateurs et animatrices

Un secteur sujet à un plus fort turnover

  • 30 % des animateurs occupent leur poste depuis moins d'1 an (contre 16 % de l'ensemble des salariés)
  • 27 % des animateurs occupent leur poste depuis plus de 10 ans (contre 41 %)
  • Les chercheurs expliquent cet état de fait par le plus jeune âge des animateurs et animatrices, qui peuvent percevoir le métier "davantage comme un premier emploi, une première expérience professionnelle".

 

Une forte prévalence de la fonction publique territoriale

  • 58 % sont employés par une collectivité locale (contre 8 % de l'ensemble des salariés)
  • 39 % par des structures privées (contre 77 % des salariés)
    • dont 61 %, soit 24 % du total sont employés par des associations (contre 11 % des salariés)
  • 3 % par les fonctions publiques d'État et hospitalière

 

Des contrats nettement plus courts que dans le reste du marché du travail

  • 42 % sont en CDD / 11 % en CDD de moins de 3 mois (contre 9 % de CDD / 2 % de moins de 3 mois pour l'ensemble des salariés)
  • 27 % sont en CDI (contre 68 % des salariés)
  • 26 % sont fonctionnaires (contre 17 % des salariés)

 

Des temps partiels 3 fois plus fréquents dans l'animation

  • 53 % en temps partiel (contre 17 % des salariés)
    • 17 % travaillent moins d'un mi-temps
    • 18 % entre 50-80 % d'un temps plein
    • 6 % à 80 % d'un temps plein
    • 4 % plus de 80 %
  • Ces temps partiels s'expliquent en grande partie par les rythmes scolaires impliquant des journées fractionnées (accueil du matin, pause midi, fin de journée, pour les temps périscolaires)
  • À noter que les inégalités hommes-femmes vis-à-vis du temps partiel sont légèrement moindre dans l'animation. Dans l'animation 57 % sont à temps plein contre 44 % des femmes (+13 % ; contre +19 % pour l'ensemble des salariés)

 

Une proportion de temps partiels subis qui double la moyenne nationale

  • 47 % des animateurs à temps partiel le sont par manque de solution autre et subissent cette situation (contre 27 % de l'ensemble des salariés)
  • À l'inverse, 13 % ont fait le choix du temps partiel pour pouvoir s'occuper d'un proche (contre 24 %) ou 5 % pour des raisons de santé / handicap (contre 11 %)

 

Des salaires moindres que dans d'autres secteurs

  • Pour un équivalent temps plein, un animateur gagne en moyenne 1 906 € nets/mois (contre 2 725€ pour la moyenne des salariés, soit 30 % de plus)
  • À durée de travail égale, l'écart se réduit avec un revenu mensuel médian à 1 803€ nets/mois pour les animateurs, contre 2 247 € nets/mois pour l'ensemble des salariés (soit 25% de plus).

 

Aussi, dans une logique avec ces différents éléments, les animateurs souhaitant changer de métier indiquent les motifs suivants :

 

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