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Note VIF | Proposition de loi visant à Protéger les enfants et lutter contre les violences en milieu scolaire
VSS (Violences sexuelles et sexistes)éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS)droits de l'enfantprotection de l'enfanceprotection des mineurséducation nationale
Six mois après la fin de la Commission d'enquête Bétharram, les députés Violette Spillebout (Ren.) et Paul Vannier (LFI) déposaient leur proposition de loi commune fin janvier. Après plusieurs mois de polémiques et l'intervention du secrétaire général de Renaissance Gabriel Attal, la députée Spillebout re-dépose le texte fin avril en empêchant la cosignature du texte au corapporteur Paul Vannier et à l'ensemble des députés de la France insoumise. Le texte est adopté en première lecture à l'Assemblée le 1er juin 2026.
Le contenu de la proposition de loi déposée par Violette Spillebout est à retrouver ci-dessous.
Dans le cadre d'une journée d'initiative parlementaire accordée au groupe Renaissance, Violette Spillebout bénéficiait du créneau de 16 heures à minuit pour faire adopter les 11 articles de la proposition de loi. Le texte sera adopté in-extremis vers 23h30, à l'unanimité.
L'examen a par ailleurs conduit à l'adoption d'une trentaine de nouveaux amendements, parmi lesquels :
Au bout des échanges sur le texte, l'article 9 - dernier article à porter des dispositions qui ne soient pas purement techniques - était au coeur de tensions concernant la levée du secret de la confession. Aussi, voyant l'horloge tourner et souhaitant préserver des soutiens unanimes sur son texte, la rapporteure Violette Spillebout consent à soutenir l'amendement de Xavier Breton (LR) et soutenu par les groupes d'extrême-droite visant à préserver le secret de la confession.
Le texte est ainsi adopté en première lecture et poursuit sa route au Sénat.
En Commission des affaires culturelles et de l'éducation, la proposition de loi et l'ensemble de ses articles sont adoptés le 26 mai, avec l'intégration d'une quarantaine d'amendements.
Parmi ceux-ci :
Le texte, adopté, doit ensuite passer dans l'hémicycle le lundi 1er juin.
Le 28 avril, la députée Renaissance Violette Spillebout s'exécute suite à la décision de son président de groupe et dépose à nouveau la proposition de loi.
Ce nouveau dépôt est un copier-coller mot pour mot du texte travaillé avec Paul Vannier, mais ne contient comme prévu pas la cosignature de l'insoumis.
Le texte devrait être examiné lors de la niche parlementaire du groupe Renaissance, prévue le 1er juin prochain.
Ce 14 avril, jour de la Conférence des présidents, Politico nous apprend dès l'aube que Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée Nationale, a décidé de se saisir de la proposition de loi pour la journée d'initiative parlementaire de son groupe, le 1er juin prochain.
Toutefois, fermement opposés à soutenir une proposition de loi corédigée par un député de la France insoumise, les députés macronistes prévoieraient de déposer un nouveau texte, copié-collé de celui déjà déposé, mais qui ne serait signé cette fois que par la députée Violette Spillebout, explique le vice-président du groupe EPR dans un message envoyé à ses troupes et dévoilé par Politico.
Si l'inscription du texte à l'ordre du jour apparaît comme une victoire pour les défenseurs du texte, le député Paul Vannier partage néanmoins son amertume sur X. "Gabriel Attal tente d’enterrer la proposition de loi « Bétharram » contre les violences en milieu scolaire en empêchant l’Assemblée nationale de disposer du temps nécessaire à son débat et son adoption", estime-t-il.
Effectivement, les journées de niche parlementaire sont souvent dévolues à des textes courts, les groupes cherchant à faire adopter un maximum de leurs propositions au cours de la journée. À l'inverse, une inscription sur une semaine transpartisane peut parfois permettre de consacrer plus d'une journée à un seul et même texte.
Déçus par la non-inscription du texte pour la semaine du 7 avril, les collectifs de victimes plaidaient pour une inscription sur la semaine transpartisane suivante, celle du mois de mai, dont l'ordre du jour sera défini ce 14 avril par la Conférence des présidents.
Aussi, le samedi 11 avril, 22 victimes, représentants de parents d'élèves ou syndicaux se fendent d'une lettre ouverte dans La Tribune Dimanche. On y trouve notamment Françoise Gullung, lanceuse d'alerte sur Bétharram, le fondateur de Mouv'Enfants, plusieurs membres d'autres collectifs de victimes, mais également la présidente nationale de l'Apel (parents d'élèves de l'enseignement catholique), de la FCPE et des représentants syndicaux de la CFDT, Force ouvrière, la FSU, l'UNSA et Sud éducation.
Dans leur lettre, les signataires déplorent l'absence de consensus lors de la Conférence des présidents du mois de février, malgré la signature de la proposition de loi "par plus de 150 députés issus de neuf groupes parlementaires".
Aussi, ils demandent l'inscription du texte lors de la réunion de la Conférence des présidents du 14 avril : "Toute autre décision serait le signe d’une indifférence glaçante qui favoriserait la pérennisation du déni et de la loi du silence autour de ces violences, passées et présentes. Les représentants de la Nation doivent se montrer à la hauteur de l’enjeu. Il est temps que les enfants soient enfin protégés par les lois de la République."
Si, comme développé dans le bloc ci-dessous, la hiérarchie des priorités en Conférence des présidents a été interrogée, la presse - Médiapart et La Croix notamment - révèle que la décision tient avant tout à des motifs partisans.
Alors que le rapport de la Commission d'enquête avait été adopté à l'unanimité et que des députés de tous les groupes (hors extrême-droite) figurent sur le texte, seuls les 4 groupes de gauche ont défendu une inscription à l'agenda. Si l'extrême-droite si est opposée comme attendu, elle a été rejointe par LR, Horizons, le MoDem (toujours dirigé par François Bayrou dont les responsabilités passées ont été largement pointées par la Commission d'enquête). Gabriel Attal, président du groupe Renaissance dont est issue la corédactrice du texte Violette Spillebout, aura eu un rôle déterminant : son abstention écarte l'inscription du texte à l'ordre du jour.
La cause de ces oppositions : les députés de la droite et du centre refusent de laisser inscrire à l'ordre du jour un texte dont l'un des rédacteurs siège dans le groupe LFI. "C’est vrai qu’il y a une ligne chez nous, on ne signe de propositions ni avec le RN ni avec La France insoumise, explique le député macroniste Stéphane Travert, à Médiapart. Gabriel Attal a appliqué cette ligne, je ne pense pas qu’il faille y voir autre chose ou un quelconque jugement sur le fond."
Si Violette Spillebout craignait à ce titre un maigre soutien de ses troupes, Médiapart révèle effectivement que des pressions internes ont eu lieu afin que des députés macronistes ne signent pas le texte, voire retirent leur signature. "Des collègues ont été appelés pour qu’ils retirent leur signature..." affirme un député du bloc présidentiel auprès du média en ligne.
Deux jours après la Conférence des président, le collectif "Stop aux souffrance dans les établissements catholiques", rassemblant une vingtaine de collectifs de victimes - pour certains concernés par les révélations de la Commission d'enquête Spillebout-Vannier - publie un communiqué dénonçant la non-inscription de la proposition de loi : "Pour des milliers de victimes, ce rejet n’est pas un simple acte institutionnel : c’est une blessure de plus. Une de celles qui ravivent les souvenirs que l’on croyait apaisés, qui redonnent du poids à la solitude, à l'invisibilisation, à la longue lutte pour être entendus. Alors qu’elles espéraient enfin une reconnaissance et une protection pour les enfants d’aujourd’hui, cette décision résonne comme un abandon de trop."
Le collectif pointe notamment une "hiérarchisation des priorités incompréhensible" au regard des textes inscrits à l'ordre du jour. Ces derniers bénéficient de signataires moins nombreux, venant d'un plus petit nombre de groupes parlementaires, et leurs objets interrogent en comparaison de celui des violences faites aux enfants. Ils citent notamment la proposition de loi "visant à accélérer le développement du transport maritime à propulsion vélique", du groupe Horizons, signé par 86 députés.
Aussi, les victimes de violences donnent rendez-vous pour la prochaine réunion de la Conférence des présidents le 14 avril prochain, afin de demander l'inscription du texte la semaine du 11 mai. "Nous demandons solennellement aux présidents des groupes parlementaires qui n’ont pas voté pour inscrire la loi au premier tour de le faire. Il en va de leur responsabilité politique et morale. Les victimes attendent des actes. Les victimes, anciennes ou actuelles, n’attendent pas de débats politisés. Elles attendent des réponses. Elles attendent une mobilisation à la hauteur des enjeux."
Malgré la requête des députés Vannier et Spillebout, la Conférence des présidents réunie le 24 février en fin de matinée n'inscrit pas le texte pour la semaine du 7 avril.
Pour rappel, à l'Assemblée Nationale, la Conférence des président a la main sur l'ordre du jour des semaines de l'Assemblée (1 par mois), où il peut inscrire l'examen de textes de loi et des semaines de contrôle (1 par mois également) où ont lieu des débats thématiques et des présentations de rapport. Pour le reste, l'ordre du jour des semaines du gouvernement (2 par mois) est, sans surprise, à la discrétion de l'exécutif.
Aussi, les travaux parlementaires étant suspendus durant la majeure partie du mois de mars du fait des élections municipales, les créneaux pour inscrire le texte à l'agenda reste limitées. Après la semaine de l'Assemblée du 7 avril, il ne restera plus que deux autres semaines de l'Assemblée avant la fin de la session parlementaire : celle du 11 mai et celle du 1er juin.
Dans un communiqué publié sur X le 24 février, Paul Vannier et Violette Spillebout interpellent la Conférence des présidents (instance réunissant la présidente, les vice-présidents de l'Assemblée Nationale, les présidents de groupe et de Commission ; l'instance est décisionnaire sur l'ordre du jour des semaines parlementaires).
En moins d'une vingtaine de jours, les parlementaires s'appuient désormais sur le large soutien de 137 cosignataires (au 24/02). Ces derniers viennent de la quasi-totalité des bancs de l'hémicycle : 115 de gauche (63 LFI, 6 GDR, 21 écolo, 25 PS), 17 de droite (2 MoDem, 7 Renaissance, 4 Horizons et 4 LR) et 5 du groupe centriste LIOT. Seuls les deux groupes d'extrême-droite manquent à l'appel.
Concernant l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale pour la semaine du 7 avril, visée par les députés Spillebout et Vannier, il sera défini lors de la réunion de la Conférence des présidents qui a lieu ce 24 février.
Avec @VSpillebout, nous demandons à la Conférence des présidents d’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale la proposition de loi visant à prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire, co-signée par plus de 130 députés issus de tous les groupes politiques… pic.twitter.com/Wf4p39sdPH
— Paul Vannier (@PaulVannierFI) February 24, 2026
Sans attendre les cosignataires, les deux députés confirment le dépôt de leur proposition de loi, publiée sur le site de l'Assemblée nationale le 4 février.
Six mois après la publication du rapport issu de la Commission d'enquête sur "les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires", les députés Violette Spillebout (Renaissance) et Paul Vannier (LFI) annoncent lors d'une conférence de presse du 28 janvier le dépôt à venir d'une proposition de loi mettant en oeuvre 23 des 50 préconisations.
Si le texte n'est pas encore publié, le contenu de la proposition de loi "visant à prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire" reste largement détaillé lors de la conférence, dont la vidéo est disponible.
Parmi les 50 recommandations du rapport, 27 sont d'ordre réglementaire et certaines ont pu faire l'objet d'engagements pris par le gouvernement. Pour les 23 autres, d'ordre législatif, elles sont contenues dans les 9 articles du texte en passe d'être déposé :
Concernant la suite du parcours parlementaire, les deux députés attendent, suite à cette conférence de presse, les cosignatures du plus grand nombre possible de députés.
Spillebout et Vannier viseront ensuite d'inscrire l'examen du texte pour la semaine parlementaire du 7 avril prochain. "La bataille est surtout à mener sur l'inscription à l'agenda", estime la députée Renaissance. "Je suis certain que si la loi est inscrite elle sera adoptée à la fin", abonde son collègue insoumis.
Concernant les résistances au texte, Paul Vannier souligne le lobbying mené par le secrétariat général à l'enseignement catholique (SGEC) ou le faible investissement des OGEC (organismes de gestion de l'enseignement catholique), désireux de "tourner la page". Il reconnaît à l'inverse le fort soutien dont bénéficient leurs travaux parlementaires de la part de l'association des parents d'élèves de l'enseignement catholique (APEL). "Je sais qu'il y a dans l'enseignement catholique des parents d'élèves qui sont extrêmement soucieux du sort de leurs enfants, de leurs conditions d'études. Ils peuvent compter sur Violette Spillebout et moi-même pour garantir la sécurité, la protection de leurs enfants."
Enfin, alors que plusieurs des dispositions portées par le texte nécessite des financements publics nouveaux, le député insoumis déplore que le gouvernement ait abandonné, dans le projet de loi de finances, plusieurs des amendements cosignés avec Violette Spillebout et adoptés par les parlementaires en Commission des finances. Il évoque notamment ceux visant à :
Lors d'une conférence de presse tenue par les co-rapporteurs du rapport Bétharram, les deux députés annonce travailler au dépôt d'une proposition de loi traduisant "une trentaine" des 50 propositions formulées quelques mois plus tôt.
Aussi, ces travaux sont menés en lien avec un Comité de suivi installé la veille. Ce dernier est composé de collectifs de victimes, lanceuses d'alertes, de chercheurs, de représentants de l'ensemble des syndicats représentatifs de l'enseignement public comme privé et des représentants d'associations de parents d'élèves (FCPE, APEL).
Une façon de "tenir l'engagement que nous avions pris devant les victimes, devant les acteurs du monde de l'éducation au moment de nos travaux, d'aller au bout, explique Paul Vannier, jusqu'à l'application de nos recommandations pour protéger les enfants".
Pour revenir sur la Commission d'enquête et le contenu du rapport, ça se passe ici cf. espace veille