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Edouard Geffray : « Je souhaite nommer au sein de l'éducation nationale un défenseur des droits des enfants »
VSS (Violences sexuelles et sexistes)éducation nationaledroits de l'enfantéducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS)
[Abonnés] Le ministre de l'éducation annonce, dans un entretien au « Monde », la création de ce poste qui permettra de centraliser les signalements et le suivi des affaires de violences.
Lors d'une interview au journal Le Monde, publiée le 28 janvier, le ministre de l'Éducation Nationale Édouard Geffray annonce la nomination prochaine d'un Défenseur des enfants propre à son ministère, nommée aux côtés de la médiatrice de l'Éducation Nationale.
Cette annonce, publiée le jour même de l'annonce du dépôt d'une loi dans les suites de la Commission Bétharram cf. espace veille et au cœur d'une actualité dense sur les violences dans le périscolaire parisien cf. espace veille, donne l'occasion pour le ministre de se faire acteur d'un débat qui pointe essentiellement la responsabilité des collectivités : "C’est aussi pour cela que je souhaite avoir un défenseur des droits des enfants à l’école : pour que les familles ne se voient plus opposer l’argument selon lequel, si les faits se sont déroulés sur le temps périscolaire, cela ne concerne pas l’école, explique-t-il. Un parent d’élève ne peut pas comprendre qu’on lui oppose une distinction administrative et juridique quand il craint que son enfant ait été victime. Il faut donc à la fois respecter cette distinction dans le cadre de la recherche de responsabilité, et pouvoir proposer à ceux qui n’ont pas de réponses, ou une réponse insatisfaisante, l’appui d’une personne indépendante qui soit au-dessus de la mêlée."
Concrètement : "Toute personne pourra saisir [le Défenseur des enfants] d’une question, lui signaler une suspicion mal prise en charge, que ce soit sur le temps scolaire ou périscolaire. Il faut qu’il y ait en quelque sorte un guichet unique."
Invité de LCI dimanche 1er février, le Ministre en dit plus sur la nomination de son Défenseur des enfants. Il précise notamment avoir d'ores et déjà "deux noms en tête" pour la personne à même de prendre le poste, et qu'il vise donc de faire paraître les textes réglementaires créant l'instance avant une nomination pour "mars-avril".
Le jour même de l'interview au Monde du ministre, la CNAPE - tête de réseau nationale de la protection de l'enfance - publie un communiqué exprimant ses réserves.
Si l'ambition politique de mieux repérer et lutter contre les situations de violences est partagée par la fédération, elle estime qu'il aurait été bienvenu de rappeler "qu’il existe déjà une autorité indépendante compétente pour la défense des droits de l’enfant : le Défenseur des droits, et son adjoint le défenseur des enfants. Aujourd’hui Claire Hédon est ainsi assistée dans sa mission par Éric Delemar. Un enfant peut le saisir, directement, et la saisine est également ouverte à des proches, des professionnels, des associations ou toute autre personne préoccupée. Le Défenseur des droits peut aussi se saisir d’office. Des moyens supplémentaires consacrés aux droits de l’enfant et à leur effectivité seraient bienvenus, comme l’illustrent les constats et recommandations formulés dans le rapport annuel 2025 du Défenseur des droits sur les droits de l’enfant."
Aussi, "plutôt que de créer un nouvel échelon interne à l’Éducation nationale, la CNAPE appelle à renforcer concrètement la coordination opérationnelle entre rectorats et CRIP, là où se joue l’efficacité réelle du signalement."