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Des écoles au marché du travail : la marée descendante de la dénatalité

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Education

Haut-commissariat à la stratégie et au plan

Maxime Sbaihi

05/09/2025

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« Le Plan est depuis toujours un carrefour. Il publie ses propres travaux d'éclairage et doit aussi relayer des idées extérieures, librement portées par leurs auteurs. C'est l'esprit de la Collection du Plan, avec cette contribution sur le décrochage démographique français : une projection inédite de la « marée descendante », qui bouscule toute la société, de l'école au marché du travail, et doit nous faire tout repenser. »


Pour l'édition de septembre de La Collection du Plan, le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan prête sa plume à l'économiste Maxime Sbaihi. Venant du secteur bancaire, ce dernier s'est forgé une expertise sur les sujets démographiques qu'il partage dans ses chroniques dans l'Opinion ou divers think tank libéraux qu'il a dirigé ou auxquels il a contribué ces dernières années (dont l'institut Montaigne). Il dirige actuellement le Club Landoy, think tank du groupe Bayard consacré à la "révolution démographique".

 

Thèse : la dénatalité que subit la France aura des impacts économiques à moyen terme sur l'école et le marché du travail.

 

Le constat

  • Des naissances en baisse
    • Entre 2011 et 2025, le nombre de naissances a baissé de -22 %
    • Une tendance qui se poursuit avec des naissances au 1er semestre 2025 inférieures de -3 % par rapport à 2024.
  • Des décès en hausse
    • La montée en âge des baby boomers conduit à une hausse globale du nombre des décès (+3 % au 1er semestre 2025 par rapport à 2024)
  • En 2024, les courbes de naissances et décès se croisent pour la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale. L'année 2025 devrait donc afficher un solde démographique négatif en France, près de 10 ans avant les dernières prévisions de l'INSEE de 2021.
  • Aussi, la France rejoindra 20 autres pays européens qui présentent un solde naturel négatif, l'économiste rappelant que l'Europe est le continent le plus vieillissant.

 

Les impacts sur le système éducatif

  • La baisse des naissance a déjà conduit à une réduction de -8% des effectifs du 1er degré entre 2015 et 2025. Les projections portent à -13 % entre 2015 et 2028.
  • Aussi, entre 2010 et 2024, 1 662 écoles maternelles et 4 227 écoles primaires ont été fermées.
  • Après une hausse de ses effectifs jusqu'en 2019 puis une stagnation, le 2nd degré commence également à perdre en effectifs depuis 2024.
  • D'après les projections, les effectifs de l'enseignement supérieur devraient baisser à partir de 2029, puis plus fortement à partir de 2033 (par rapport à 2024 : -8 % en 2035, -20 % en 2042).

 

C'est notamment cette approche démographique qui conduisait l'Igas et l'IGF, dans une revue de dépenses publiée en septembre 2024, à préconiser la fermeture de nombreux établissements scolaires ou à revenir sur le dédoublement des classes en REP et REP+ cf. espace veille

 

Les impacts sur le marché du travail

  • Du fait des départs en retraite des baby-boomers, la population en âge de travailler (15-64 ans) décline déjà depuis 2011.
  • Ce n'est toutefois pas le cas de la "population active" (en emploi ou en recherche d'emploi) : la baisse démographique a pour l'instant été compensée par une hausse du taux d'activité, passé de 70,8 % en 2011 à 74,4 % en 2024, essentiellement du fait de la massification de l'apprentissage et du recul de l'âge légal de départ à la retraite, explique l'économiste.
  • "La combinaison des deux phénomènes de dénatalité et de vieillissement, œuvrant conjointement, devrait contribuer à faire baisser, toutes choses égales par ailleurs, la population en âge de travailler de 7 % d’ici 2050, malgré une hypothèse de solde migratoire positif sur la période (+70 000 par an)."

 

 

Les leviers

Face à l'inversion de la pyramide des âges et aux potentielles menaces esquissées par l'économiste, ce dernier propose trois pistes de solutions :

  • "Travailler plus", particulièrement pour les jeunes et séniors, davantage exclus du marché du travail comme le montraient les éclairages du Conseil d'analyse économiques cf. espace veille
  • "Automatiser davantage" pour accélérer "la substitution du capital au travail" par les innovations technologiques dans la robotique notamment
  • "Accueillir mieux" par une politique migratoire qui permette de compenser la baisse démographique française

 

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