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« Nos métiers disparaitront » : Pas de bébés à la consigne mobilisé contre la refonte des diplômes du travail social

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Les pros de la petite enfance

Candice Satara

19/05/2025

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Le collectif Pas de bébés à la consigne alerte à son tour sur la refonte des diplômes du travail social menée actuellement pas la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS). Et se joint à la tribune consignée par 11 organisations professionnelles.


19 janvier 2026. Les nouvelles formations mises en ligne sur Parcoursup

Par une communication du 19 février, le ministère confirme que les nouvelles formations harmonisées visant les 5 diplômes d'État concernés débuteront en septembre 2026.

Ces cursus ont par ailleurs été inscrits sur Parcoursup le 19 janvier dernier.

 

24 octobre 2025. Les 10 organisations publient un dernier communiqué recensant leurs déceptions 

Dix jours après la publication des arrêtés, les 10 syndicats et organisations du travail social publient un nouveau communiqué, marquant leurs déceptions sur le fond comme sur la forme, avec un texte signé 8 jours avant leur parution sans que l'information ne soit parvenue jusqu'aux organisations.

"A la lecture des textes, nous pouvons affirmer sans détours que nos Diplômes d’État n’existeront plus et deviendront à partir de 2029 des diplômes d’école enlevant tout caractère national."

 

Les représentants de salariés du travail social rappellent ainsi leurs reproches sur la réforme :

  • Elle répondrait à un besoin d'employabilité rapide dans des secteurs en tension, au détriment de la qualité et la quantité du contenu du parcours ;
  • La certification par les centres de formation fait craindre la perte du caractère national du diplôme et des inégalités entre écoles ;
  • À l'inverse, la fusion de 5 des 6 parcours concernés autour d'un tronc commun fait craindre une "uniformisation délétère [...] qu'aucune organisation professionnelle n'avait demandé."

 

14 octobre 2025. Les nouveaux diplômes sont publiés au Journal Officiel

Le 14 octobre, au Journal Officiel, 5 arrêtés sont publiés au Journal Officiel, signés 8 jours plus tôt par le directeur de la DGCS Jean-Benoît Dujol, et par le directeur général de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle, sur délégation d'Élisabeth Borne.

La réforme des diplômes du travail social, actée en CPC avant l'été, est actée et sont publiés les nouveaux cahiers des charges pour le diplôme d'État d'éducateur de jeunes enfants (DEEJE), de conseiller en économie sociale et familiale, d'assistant de service social, d'éducateur spécialisé et d'éducateur technique spécialisé.

 

20 août 2025. Les représentants du secteur s'offusquent d'un calendrier accéléré durant les périodes de congés

Après les épisodes conflictuels du début de l'été, les organisations représentatives des professionnels du travail social reviennent de congés en critiquant vivement la forme que prennent la suite des négociations - après l'avis favorable de la CPC le 2 juillet dernier.

Dans un communiqué du 20 août, ces derniers déplorent des documents transmis le 22 juillet avec retour attendu avant le 20 août : "Ces dates correspondent précisément à la durée de fermeture de tous les centres de formation, et à la période où l'ensemble des organisations et associations du secteur sont en congés !! [...] C'est le passage en force d'un calendrier d'une réforme prévue, pensée, et organisée sans les premiers concernés."

 

Par ailleurs, sur le fond, les représentants de salariés maintiennent leurs craintes quant aux contenus de formation sur la base des documents reçus durant l'été : mémoire remplacé par un contrôle continu à la discrétion des centres de formation, périodes de stage raccourcies, ...

 

"Chaque organisation pourrait décliner et argumenter les multiples confusions et aberrations qui jalonnent ces référentiels. Si une véritable période de consultation s'ouvrait, nous le ferions. Ce qui nous alarme d'ores et déjà, c'est que la dimension clinique de nos métiers n'est plus revendiquée et la référence au Travail Social disparaît alors qu'elle est la responsabilité politique de toute la société."

 

26 juin 2025. L'engagement pris par le ministère est annulé le lendemain même

La réunion au ministère du 24 juin et, surtout, ses suites ne se sont pas déroulées comme prévu pour les représentants des professionnels du travail social.

L'échange au ministère est désigné par les organisations comme "constructif" et leur a permis "pour la première fois depuis le début des travaux" de voir leurs "craintes entendues". Plus que ça, le cabinet de la ministre, représenté par Marie Causse, conseillère enfance/familles de Catherine Vautrin, s'est engagé à repousser le vote en CPC jusqu'à, au plus tard, juin 2026 pour une mise en oeuvre à partir de la rentrée 2027. Rassurés par la prise en compte de leurs doléances, les organisations ne se pressent pas à communiquer pour ne pas envenimer la situation, explique le SNPPE, mais ces dernières seront poussées à repartir à l'attaque deux jours plus tard dans un communiqué incendiaire.

 

Le lendemain de la réunion, 25 juin, une réunion de concertation du Haut Conseil au Travail Social (HTCS), en présence des membres de la CPC, est l'occasion de ce que les représentants de travailleurs qualifient de "véritable tentative de légitimation précipitée des référentiels".

  • Ces référentiels sont transmis à la hâte, la veille à 20h15, aux participants à la réunion ;
  • Les oppositions à la réforme se trouveront qualifiés de "malhonnêtes, d'opposants, de corporatistes et de fantasmer sur la perspective d'un travailleur social unique"

 

Les organisations ont rappelé leurs positions : une opposition sur la méthode plus que sur le principe même de la réforme et certaines oppositions sur certaines compétences transversales ne correspondant pas aux réalités des métiers. Le communiqué souligne par ailleurs que l'Uniopss a également fait part de ses doutes.

 

Aussi, au sortir de cette réunion particulièrement conflictuelle, les organisations se voient confirmer par Marine Pardessus, conseillère filières, métiers et attractivité de Catherine Vautrin, que l'engagement pris par sa collègue la veille quant au report du vote en CPC "n'était plus d'actualité".

 

Les organisations déplorent une confiance rompue et en appellent à la responsabilité politique de la ministre Catherine Vautrin pour "apaiser les tensions" entre les acteurs concernés par la réforme.

 

À l'inverse, le même jour, les représentants d'employeurs du secteur - l'UDES, la FEHAP et Nexem -, publient un communiqué appelant au contraire à "garder le cap" et un passage en CPC début juillet.

Ils défendent notamment la dimension plus professionnalisante des parcours de formation proposés par la réforme et les effets positifs à venir sur les tensions de recrutement en "fluidifiant les passerelles de compétences entre métiers".

 

18 juin 2025. Nouveau rendez-vous manqué pour la DGCS

Le 6 juin, les représentants de travailleurs sont reçus par Jean-Benoît Dujol, patron de la DGCS, dans un échange marqué par "l'absence de discussion et d'écoute", selon les dires du communiqué commun publié le 18 juin.

Cause du maintien de l'opposition : le refus de la DGCS de reporter la présentation de la nouvelle architecture de la formation le 3 juillet prochain à la Commission professionnelle consultative (CPC).

 

Les partenaires sociaux réitèrent leurs craintes quant au fond de la réforme qu'ils jugent guidée par des motifs budgétaires : "la suppression de minimum 8 semaines de stage pratique ou encore la diminution de 240 heures de cours théorique dans la formation des ASS [...] permettra surtout une baisse du niveau de réponse apporté aux plus vulnérables."

 

Les organisations signataires annoncent avoir obtenu un rendez-vous avec la ministre des Solidarités Catherine Vautrin ce mardi 24 juin.

 

19 mai 2025. La contestation s'élargit

Un mois après leur premier communiqué, les fédérations et syndicats s'expriment à nouveau. Reçus par Jean-Benoît Dujol, directeur de la DGCS, le 9 mai, ils ont rappelé leurs désaccords et porté les revendications suivantes :

  • report du vote à la Commission professionnelle consultative (CPC) actuellement prévu le 3 juillet pour acter la réforme
  • maintien des heures de formation pratique (60 semaines de stage)
  • maintien des heures de formation théorique actuelles

 

Le 19 mai, le collectif Pas de bébés à la consigne s'associe au communiqué du 14 avril. Dans son communiqué, il s'associe aux critiques concernant la concertation et la crainte d'une perte des spécificités des différents métiers du travail social. "Au‐delà des seuls EJE, rajoute le collectif, ce sont tous les métiers de la petite enfance qui subissent déjà le même glissement, notamment en milieu hospitalier et de la protection de l'enfance : des infirmières‐puéricultrices remplacées par des infirmières, des auxiliaires de puériculture remplacées par des aide‐soignant.es !"

 

En parallèle, l'annonce sans concertation d'un nouveau titre dans la petite enfance par la présidente du Comité de filière ajoute de l'huile sur le feu cf. espace veille

 

14 avril 2025. Les représentants de salariés reprochent un manque de concertation

En octobre 2024, plusieurs syndicats et fédérations d'éducatrices de jeunes enfants avait interpellé la DGCS concernant la refonte des diplômes du travail social, et notamment de la petite enfance : les diplômes d'État d'assistant de service social (DEASS), de conseiller en économie sociale familiale (DECESF), d'éducateur de jeunes enfants (DEEJE), d'éducateur spécialisé (DEES) et d'éducateur technique spécialisé (DEETS).

Plus de six mois plus tard, en mars 2025, une concertation débute avec les représentants de salariés. Ces derniers découvrent alors notamment que, pour l'ensemble de ces formations, 3 des 4 blocs de compétences sont communs dans un tronc commun du travail social, à l'image de ce que proposait le Livre vert du Travail social (publié en mars 2022 cf. Diaporama).

Dans un communiqué du 14 avril, plusieurs fédérations et syndicats dont la Fneje, fustigent le manque de concertation en amont et estiment que le chantier en cours "interroge profondément la spécificité des métiers du travail social et la reconnaissance de leurs compétences propres". "Si nous nous laissons faire, nous perdrons la richesse du savoir professionnel et académique du travail social qui [...] ne peuvent pas tenir dans un diplôme unique, terminent-ils. Nous ne sommes pas interchangeables !"

 

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