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Libre administration des collectivités : une urgence démocratique et écologique

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Etat & Collectivités

Sénat

Thomas Dossus

08/07/2025

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Confrontées depuis une dizaine d'années à des réformes de la fiscalité locale qui réduisent leur autonomie en matière de recettes, les collectivités locales peinent à exercer leurs missions et leurs responsabilités. Cette situation est d'autant plus préoccupante que les collectivités territoriales se situent en première ligne face à des défis tels que le maintien des services publics de proximité ou encore la transition écologique, pour lesquels des investissements colossaux doivent être réalisés à très court terme (rénovation énergétique des bâtiments, développement des transports en commun, gestion de l'eau et des déchets, adaptation au changement climatique...).

À l'issue de ses travaux, la commission d'enquête appelle à redonner un cadre protecteur aux collectivités territoriales pour assurer dans de bonnes conditions l'exercice des compétences qui leur ont été transférées par l'État. Cet objectif passe par une refonte complète des relations financières entre l'État et les collectivités territoriales.


Le 8 juillet, le sénateur écologiste Thomas Dossus rend le rapport de la commission d'enquête sur "la libre administration des collectivités territoriales, privées progressivement de leurs recettes propres, et sur les leviers à mobiliser demain face aux défis de l’investissement dans la transition écologique et les services publics de proximité".

 

Principaux constats

Sur la perte d'autonomie fiscale des collectivités :

  • La justice fiscale des dernières réformes fiscales (suppression de la taxe d'habitation et de la CVAE) est interrogée par le sénateur : principalement l'extension de la suppression de la taxe d'habitation aux 20 % des foyers les plus aisés et la suppression de la CVAE qui "ambitionnait de doper la compétitivité des entreprises françaises : de fait, elle a bien contribué à renforcer leurs marges."
  • Ces suppressions d'impôts représentent un manque à gagner de 35 Mds€ par an. Le sénateur souligne le poids que cela représente sur les finances de l'État et rappelle que le Premier Ministre cherche aujourd'hui à combler un trou de 40 Mds€.
  • De fait, les collectivités ne disposent de quasiment plus de leviers fiscaux, ce qui "[restreint] l'autonomie financière réelle des collectivités".

 

Sur l'investissement et les services publics :

  • Les collectivités portent 64 % de l'investissement publics (hors dépenses militaires)
  • Par ailleurs, le sénateur souligne que des investissements plus massifs vont être nécessaires, du fait notamment de la crise climatique (des surcoûts chiffrés, d'ici à 2050, à +215 % des investissements accordés à la réponse aux canicules, +87 % aux inondations et +46 % aux tempêtes, d'après France Assureurs). En parallèle, le fonds vert destiné à soutenir ces investissements a été réduit de -54 % entre 2024 et 2025.

 

Principales préconisations

  • Plusieurs dispositions d'ordres législative ou constitutionnelle assurant aux collectivité un principe d'autonomie fiscale ou de disposer "de ressources suffisantes pour financer leurs charges et dépenses contraintes"
  • Régions. Revenir sur la suppression de la CVAE et affecter le produit de cette contribution aux régions, en lien avec leurs compétences sur le monde économique.
  • Départements. Attribuer aux départements une fraction de la CSG.
  • Communes. Rendre public un rapport de l'IGF sur les assiettes fiscales afin de poursuivre la réflexion concernant la création d'un nouvel impôt territorial au bénéfice du bloc communal.

 

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