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Le gouvernement lance sa "stratégie en faveur de l'emploi des jeunes"

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Vie Sociale & Professionnelle

Localtis - Banque des territoires

Catherine Abou El Khair

17/07/2025

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Dans un contexte budgétaire tendu, le gouvernement a proposé, en Conseil national de l'emploi, de lancer (ou relancer) une liste de mesures visant à améliorer l'insertion professionnelle des jeunes sans emploi ni formation.


7 mai 2026. Le ministre du Travail détaille le déploiement de la stratégie emploi pour les jeunes, après consultation des partenaires sociaux

Annoncé devant le Sénat le 9 avril, le plan "Emploi futur" est rendu public via un dossier de presse paru ce 7 mai. Le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou - aux côtés des ministres de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Jeunesse & des sports et la ministre déléguée à l'Apprentissage et l'enseignement professionnel - partage ainsi son plan d'action sur l'emploi des jeunes (16-25 ans), après avoir mené les consultations avec les partenaires sociaux.

 

Il conserve les 3 axes annoncés par le gouvernement Bayrou.

Axe 1 | Accompagner l'orientation des jeunes, les former, les sensibiliser aux métiers qui recrutent

  • Création d'InserScore, donnant les statistiques d'insertion au sortir des formations de l'enseignement supérieur
  • Travailler à une gestion prévisionnelle des emplois dans des secteurs stratégiques et adapter l'offre de formation en conséquence (IA, transition écologique, industrie, soin et médico-social)
  • "Faire connaître les métiers qui recrutent" et déployer des actions favorisant l'attractivité de ces professions, notamment dans le médico-social.
  • Favoriser les formations courtes et professionnalisantes.
  • Créer une application 1JeunesDesSolutions afin de répondre aux besoins d'information et d'accompagnement des jeunes en matière d'insertion.

 

Axe 2 | Rapprocher les jeunes de l’entreprise, tout en renforçant la sécurité au travail

  • Renforcer la prévention des risques professionnels, intégrer la santé & sécurité au travail dans les référentiels de diplômes de la formation professionnelle. Sensibiliser les employeurs et tuteurs de stage/apprentissage en la matière.
  • Rendre l'expérience en entreprise systématique dans les dispositifs CEJ, PACEA, ... Inscrire le lien avec les entreprises dès le début de parcours d'accompagnement.
  • S'appuyer sur le "Passeport compétences" pour générer des CV "garantis pour les employeurs", valoriser les compétences.
  • Mieux accompagner les jobs étudiants : rappeler les droits & devoirs aux étudiants, inviter les universités à les accompagner, valoriser les entreprises proposant des jobs étudiants de qualité.

 

Axe 3 | Prévenir les ruptures de parcours et engager les jeunes dans des parcours individualisés et intensifs

  • Consolider & communiquer sur AvenirPro (expérimenté depuis 4 ans) et AvenirPro+ (dispositif d'accompagnement renforcé par France Travail & Missions locales en direction des jeunes).
  • Lutter contre le décrochage scolaire en renforçant le respect de l'obligation de formation pour les 16-18 ans.
  • Accompagner les parcours étudiants, notamment sortants sans diplôme, en créant "AvenirPro Sup" pour un accompagnement de ces jeunes avec France Travail, l'APEC, les missions locales et les universités.
  • Développer les dispositifs de parcours personnalisés intensifs (EPIDE, écoles de la 2e chance, écoles de production)
  • Renforcer le mentorat.
  • Mieux repérer et accompagner les jeunes sortants de l'aide sociale à l'enfance (ASE), notamment en les intégrant aux dispositifs existants (CEJ, PACEA / EPIDE, E2C). "Lever les freins à l’emploi (logement, santé, mobilité, garde d’enfants) et mieux repérer les jeunes invisibles".

 

 

Moins d'une semaine plus tard, l'UNSA salue l'annonce de ce plan dans un communiqué. "Certaines [annonces] comme l’intensification du mentorat et le renforcement de la prévention des risques professionnels dès la formation initiale en intégrant systématiquement des contenus de santé et sécurité au travail, rejoignent les objectifs de l’UNSA."

 

Le syndicat déplore néanmoins "l’absence de certains enjeux, comme la lutte contre les freins périphériques à l’emploi, notamment le logement. De plus, la forte exposition des jeunes à la précarité, en particulier à travers les contrats courts, reste insuffisamment abordée." Elle s'oppose aussi clairement à "la dérive purement adéquationniste des politiques publiques relatives à l’emploi, centrée sur les besoins court-termistes des entreprises" et pose la question des moyens financiers qui seront accordés au déploiement des ambitions annoncées.

 

16 juillet 2025. Les ministres du Travail, de l'Éducation nationale et de la Jeunesse présentent leurs pistes en faveur de l'emploi des jeunes

Le 16 juillet, devant le Conseil National pour l'Emploi (organe de coordination entre État, régions, partenaires sociaux et acteurs de la formation), les ministres Astrid Panosyan-Bouvet (Travail), Élisabeth Borne (Éducation Nationale et Enseignement supérieur) et Marie Barsacq (Jeunesse) ont présenté des pistes de mesures en faveur de l'emploi des jeunes.

 

Dans le prolongement du plan « 1 jeune 1 solution », ces constats appellent une réponse ambitieuse, structurée, territorialisée et assise sur quelques priorités clés. 3 grands axes stratégiques :

  • Mieux orienter, mieux former, mieux informer les jeunes sur les métiers qui recrutent
  • Renforcer les liens entre les jeunes et l’entreprise tout au long de leur parcours
  • Prévenir les ruptures, accompagner les jeunes fragiles, promouvoir des parcours intensifs d’insertion

 

Parmi les 11 mesures présentées au CNE, on relève notamment :

  • Mobiliser davantage les entreprises dans les parcours de découverte des métiers dès le collège, avec une attention à la féminisation des filières scientifiques (STIM) ;
  • Développer 50 000 places en deux ans de formation de spécialisation d’un an en alternance sur les premiers niveaux de qualification, en lien avec les branches professionnelles ;
  • Systématiser une expérience en entreprise dans les deux premiers mois du contrat d’engagement jeune (CEJ) et construire des parcours adaptés aux besoins des filières. Aujourd'hui, l'accompagnement repose essentiellement sur des actions de formation, l'immersion en entreprise étant plus rare ou survenant plus loin dans le parcours cf. espace veille ;
  • Assouplir les conditions d’exercice d’une activité professionnelle de courte durée ou à temps partiel pour les étudiants, afin de favoriser le travail étudiant compatible avec les études ;
  • Développer et mobiliser les solutions de parcours intensifs pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi (EPIDE, E2C, service civique, écoles de production, etc.) ;

 

Au coeur des incertitudes budgétaires, la ministre du Travail annonce néanmoins un budget "en progression" pour les écoles de la 2e chance (E2C) et les établissements pour l'insertion dans l'emploi (Epide). Elle ne s'exprime néanmoins pas encore sur le nombre de CEJ ouverts ni sur le financement des missions locales, alors que l'UNML appelle à "un cadre financier à la fois stable, souple et surtout pérenne". "Les missions locales ont été fragilisées par la baisse des financements dans la loi de finances 2025. J’ai alerté les ministres sur la dégradation financière de certaines missions, et la nécessité de préserver à minima nos moyens dans la prochaine loi de finances", précise le président de l'UNML Stéphane Valli auprès de MaireInfo. Pour rappel, ces dernières avaient subi un budget 2025 particulièrement défavorable cf. espace veille

 

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