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Périscolaire : face à de nombreux cas de violences faites aux enfants, la mairie de Paris réagit

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Education

Localtis - Banque des territoires

Jean Damien Lesay

01/12/2025

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périscolaireanimateursVSS (Violences sexuelles et sexistes)enfantsmaltraitance

Les récentes révélations sur des faits présumés de violences sexuelles dans des écoles parisiennes ont entraîné le déclenchement d'un plan "inédit" de la part de la mairie de Paris. De son côté, le gouvernement envisage de réformer le recrutement des animateurs périscolaires, notamment vacataires.


16 avril 2026. Le ministère de l'Éducation Nationale nomme une déléguée à la protection des enfants à l'école

Via un arrêté publié le 16 avril, le ministre de l'Éducation Nationale formalise la mission, débutée le 1er avril, de Cristelle Gillard en tant que déléguée à la protection des enfants à l'école.

Celle qui était jusqu'alors référente des sujets liées aux violences sexistes et sexuelles à l'inspection générale de l'éducation, du sport et la recherche (IGÉSR) est nommée pour 3 ans comme adjointe auprès de la médiatrice de l'Éducation Nationale, mais aura également ses entrées dans les administrations centrales de l'école (Dgsco) et de la jeunesse et des sports (Djepva).

 

Cette nomination fait suite aux annonces du ministre Édouard Geffray qui souhaitait se doter d'un Défenseur des enfants dédié à son administration. Cristelle Gillard, d'après le communiqué du ministère, "interviendra en recours, lorsque les auteurs de la saisine estiment qu’un signalement de violence ou de maltraitance n’a pas été pris en charge de manière satisfaisante par les autorités locales compétentes."

 

Par ailleurs, la nomination de la déléguée à la protection des enfants à l'école est l'occasion pour le ministre d'annoncer que le futur projet de loi sur la protection des enfants cf. espace veille permettra de créer une "liste noire" empêchant toute personne écartée de l'Éducation Nationale en raison de son comportement vis-à-vis de mineurs - bien que non-sanctionné pénalement - d'y être réembauché.

 

14 avril 2026. Le Conseil de Paris adopte le plan contre les violences dans le périscolaire... et sème un doute sur le BAFA

Lors de sa première séance de travail de la nouvelle mandature, le Conseil de Paris a adopté le plan de lutte contre les violences envers les enfants dans le périscolaire, présenté dans la presse quelques jours plus tôt. Le plan d'ensemble se décline en 6 axes.

 

Transparence totale et information des familles : restaurer la confiance par une information claire, systématique et vérifiable.

Mesures concrètes :

  • Mise à disposition d'un trombinoscope des équipes aux familles et port obligatoire de badges pour les animateurs ;
  • Mise en place d'une Commission indépendante pour formuler des préconisation à la ville.

 

Culture du signalement : garantir que chaque alerte déclenche une réponse rapide, connue et irréprochable.

Mesures concrètes :

  • Communication autour d'une Cellule d'écoute (mail & téléphone)
  • Harmonisation du protocole de signalement (suspension immédiate des agents, signalement systématique au procureur, information immédiate aux familles).

 

Sécurisation renforcée : recrutement, encadrement et contrôle : prévenir les risques en amont et garantir un environnement sécurisé.

Mesures concrètes :

  • Renforcement du contrôle d'honorabilité (B2 du casier judiciaire et FIJASV, mais aussi fichier SDJES et "vérification interne") ;
  • Recrutement d'éducateurs de jeunes enfants (EJE) en maternelle ;
  • Mesures de prévention (empêcher l'isolement d'un adulte et un enfant, attention aux espaces sensibles tels que les sanitaires) ;
  • Déploiement de "boîtes papillon" permettant aux enfants de signaler des violences dont ils sont victimes, sur l'accueil ou en dehors ;
  • Création d'un service municipal vérifiant régulièrement le respect du taux d'encadrement, la sécurité et la qualité des projets pédagogiques.

 

Prise en charge des victimes et accompagnement psychologique : ne laisser aucun enfant ni famille seuls face aux violences.

Mesures concrètes :

  • Subvention de 600 000 € à l'association Oeuvre de Secours aux Enfants, qui porte une cellule d'écoute et d'accompagnement ;
  • Soutien annoncé au projet RISE, porté par l'Association des Maisons des Femmes Restart, pour agir sur le parcours d'accompagnement et de soin pour les victimes, mais aussi sur la formation des professionnels ou familles.
  • La ville envisage de créer une "Maison des enfants" "conçue comme un lieu unique d’accueil, d’écoute et de recueil de la parole et de la preuve, inspirée des dispositifs existants pour les femmes victimes de violences."

 

Une convention citoyenne pour refonder le modèle parisien : associer les familles, les enfants et les professionnels pour définir un nouveau cadre.

En concret : une convention lancée mi-avril qui associerait parents, enfants, professionnels, associations, ...

  • Ces 3 chantiers structurants seront :
    • l'organisation des temps de l'enfants (semaine de 4 / 4,5 / 5 jours ?)
    • l'articulation entre écoles, périscolaire et familles
    • le niveau de service public : universalité, gratuité, réduction des inégalités

Professionnalisation et formation massive des agents : élever le niveau de compétence et de vigilance.

Mesures concrètes :

  • Poursuite du partenariat avec les CRIAVS (centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles)
  • Formation d'une journée obligatoire chaque année incluant la question des violences sexuelles + 5 journées pédagogiques par an
  • "Création de l’école parisienne du périscolaire à l’horizon septembre 2026, avec un BAFA renforcé, qui aura pour objectif 100 % d’agents diplômés."

 

Le dernier point relatif à la création d'une "école parisienne du périscolaire" pose question à plusieurs égards :

  • La rédaction telle qu'issue de la communication municipale évoque un "BAFA renforcé" qui apparaît assimilé à un diplôme, traduisant une confusion entre le brevet d'engagement dans l'animation volontaire et les qualifications professionnelles nécessaires pour intervenir en milieu périscolaire ;
  • Surtout, la création de cette école qui semble prévoir de dispenser des formations BAFA ne mentionne pas les associations :
    • Depuis la création des formations BAFA-D, par les associations et en lien avec l'État, ces formations à l'animation volontaire ont toujours été des prérogatives des associations d'éducation populaire.
      • Exception faite de la commune de Saint-Dizier (52), dans le Grand Est, qui a obtenu l'habilitation en 2021, les seuls organismes habilités - au niveau national comme régional - sont des associations.
    • Aussi, l'annonce laisse un flou pour les acteurs associatif sur l'ambition de la ville de Paris quant à une demande d'agrément, alors que les villes d'Orléans ou Grenoble auraient déjà entrepris des démarches en ce sens cf. fil thématique BAFA-D, 6 décembre 2024
    • Si cette barrière était franchie, le BAFA courrait le risque d'être dévoyé en devenant un levier facile d'accès et peu onéreux pour les communes qui souhaiteraient former en internet et en direct leurs propres équipes, pourtant sensées être envoyée vers la formation professionnelle. La question de la mixité des profils et expériences des stagiaires comme la qualité des projets de stage pourraient également se poser, sans évoquer bien sûr le risque de perte de considération pour les associations d'éducation populaire.

13 avril 2026. Contre les VSS dans le périscolaire, la droite parisienne propose des caméras et... de supprimer l'animation périscolaire

Dans un entretien au Parisien du 13 avril, le coprésident du groupe LR au Conseil de Paris Grégory Canal - par ailleurs chef de cabinet du ministre de la Justice Gérald Darmanin - développe ses propositions pour lutter contre les violences dans le périscolaire.

 

Alors que le conseil municipal reprend ses travaux ce mardi 14 avril, l'argumentaire du groupe Les Républicains repose essentiellement sur deux points :

Installer des caméras dans les écoles

  • Grégory Canal préconise l'installation de 2 à 3 caméras par établissement scolaire, notamment dans des zones de passage (couloirs, toilettes) voire les zones de sieste.
  • Le dispositif est défendu comme une action de prévention mais aussi curative, afin de détenir les images en cas de mise en cause d'animateurs.
  • Le dispositif pourrait être expérimenté durant 6 mois dans 2 à 3 établissements par arrondissement avant une généralisation.
  • La généralisation pourrait impliquer l'installation de 1 500 caméras pour un coût d'environ 10 M€. "Ce n'est pas cher du tout", estime l'élu.

 

Supprimer les temps d'activités périscolaires

  • Les Républicains portent une autre mesure des plus radicales : supprimer purement et simplement les temps d'activités périscolaires, rejetant notamment l'opprobre sur les associations : "C'est là où vous avez des risques de problèmes avec les intervenants extérieurs, les associations, etc."
  • Ces espaces d'animation, d'éducation populaire, seraient remplacés par des "études dirigées, appuyées cette fois-ci non pas sur des animateurs mais sur des professeurs volontaires. [...] Cela permet de réduire le temps des enfants avec des animateurs peu ou mal formés au profit d'un encadrement qualitatif."

 

3 avril 2026. Le nouveau maire de Paris annonce ses ambitions pour lutter contre les violences dans le périscolaire

Une dizaine de jours après son élection, le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire (PS) annonce à l'AFP son plan pour lutter contre les violences sexuelles dans les accueils périscolaires de la ville. Il précise également que la ville a suspendu 78 animateurs depuis début 2026, dont 31 pour suspicion de violences sexuelles.

 

Sur l'ambition, le nouveau maire souhaite "tout revoir depuis le début avec un objectif, la tolérance zéro" et une "transparence totale". Il déplore notamment que, jusqu'ici, les situations aient été traitées comme "des cas isolés là où ils traduisent un risque systémique et peut-être même une omerta systémique."

 

Parmi ses annonces, ce dernier appelle à :

  • "mettre en place une chaîne de signalement simple, accessible et identifiée par les agents, par les parents et par les enfants eux-mêmes pour chaque école"
  • mettre en place une commission indépendante sur les procédures
  • mettre en place une "convention citoyenne sur le périscolaire et les temps de l'enfant" dès le mois d'avril, sans fermer le débat sur le sujet de la semaine de 4,5 jours, toujours en vigueur à Paris (contre 4 jours pour une majorité de communes). Il prend toutefois acte que la Convention pour les temps de l'enfant plaide pour conserver la semaine de 4,5 jours cf. espace veille

 

29 janvier 2026. Cash Investigation met en images les dysfonctionnements d'un accueil périscolaire parisien

Le 29 janvier, France 2 diffusait un épisode de Cash Investigation intitulé : "Périscolaire, établissements privés : enquête derrière le portail de nos écoles". Dans ce dernier, une journaliste embauchée en tant qu'animatrice dans un accueil périscolaire géré par la mairie de Paris révèle de multiples comportements de maltraitances d'animateurs envers les jeunes, et souligne les dysfonctionnements des procédures de signalement.

 

Dès le lendemain matin, la mairie de Paris fait paraître un long communiqué affirmant son soutien aux parents et son volontarisme dans la lutte contre les violences faites aux enfants.

  • Elle précise qu'un signalement a été immédiatement transmis au parquet, à la SDJES et que les 2 animatrices mises en cause ont été immédiatement suspendues.
  • Elle rappelle en outre les dispositions mises en oeuvre : cellule d'écoute, renforcement des procédures de recrutement, de formation des équipes d'animation, la communication avec les familles, ...

 

Dans le même timing, le ministre de l'Éducation Nationale Édouard Geffray annonce avoir également effectué plusieurs signalements à la justice.

 

Les principaux candidats à la mairie de Paris se sont également exprimés sur le sujet :

  • Rachida Dati (LR) - maire du 7ème arrondissement dans lequel se trouve l'accueil de loisirs incriminé - dénonce des "comportements inacceptables" et assure que les services déconcentrés "ne [l]'ont informée de cette situation". "Plus que jamais, je demande la mise en place d'une enquête globale sur l'ensemble du périscolaire parisien", demande-t-elle.
  • Même son de cloche du côté d'Emmanuel Grégoire (PS), premier adjoint à la maire, qui prend sa part de responsabilité, se place aux côtés des victimes et appelle à une refonte du périscolaire parisien sous 2 exigences : une "tolérance zéro" et l'ambition de favoriser "la réussite des enfants par des écoles publiques attractives, lieux d'apprentissage, d'émancipation et d'épanouissement" par le recrutement de 2 800 agents et des processus de recrutement renforcés.
  • Pierre-Yves Bournazel (Horizons) insiste quant à lui sur la responsabilité de la majorité socialiste : "Le maire de Paris devrait demander des comptes à son exécutif, à l’adjoint en charge du dossier du périscolaire, et aux administrations, aux cadres qui sont responsables et qui ont eu les remontées".
  • La députée LFI Sophia Chikirou pointe également l'exécutif sortant, relayant les propos de l'adjoint socialiste en charge du périscolaire, Patrick Bloche. Elle appelle au recrutement de 2 000 animateurs titulaires et au renforcement des cursus de formation pour "structurer la filière de l'animation".
  • Enfin, la candidate d'extrême-droite Sarah Knafo (Reconquête) critique vertement les socialistes et appelle, parmi ses pistes de solution, à mettre "fin au recours aux associations"

 

Samedi 31 janvier, la Défenseure des enfants de la ville de Paris récemment nommée, Dominique Versini, annonce avoir reçu plus de 150 saisines de parents depuis sa nomination, concernant principalement les accueils périscolaires. Elle appelle notamment à changer la loi afin d'empêcher un animateur mis en cause d'exercer des fonctions auprès de mineurs au sein d'une autre école.

 

18 décembre 2025. Les élus communaux du RFVE affichent leur soutien au secteur

Dans une tribune parue dans le Nouvel Obs le 18 décembre, des adjointes et adjoints à l'éducation de 45 communes adhérentes au Réseau français des villes éducatives (Rfve) affichent leur soutien au secteur : "Ne jetons pas l'opprobre sur l'ensemble de la filière".

 

Les membres du réseau témoignent partager l'émotion des familles victimes et de leur engagement résolu à lutter contre les violences. Pour cela, ils et elles rappellent l'importance de politiques dans de nombreux domaines (santé, loisirs, égalité des chances, citoyenneté, ...), ainsi que des leviers s'appliquant à l'animation : "Cela passe par des contrôles élargis, des formations approfondies, une généralisation de la culture de la détection des signaux faibles, une meilleure prise en compte de la parole des enfants et un travail de communication auprès des familles qui doit mobiliser l’ensemble des pouvoirs publics."

 

Enfin, les adjointes et adjoints insistent sur l'importance des temps périscolaires dans la politique éducative globale et rappellent les bénéfices de l'éducation non-formelle pour l'accès au sport ou à la culture.

"Parce qu’elle participe tant à l’éveil qu’à l’émancipation de chaque enfant, nous appelons à porter un autre regard sur l’animation et sur celles et ceux qui l’incarnent."

 

15 décembre 2025. Une quinzaine de députés de tous bords demande la création d'une Commission d'enquête

Le 15 décembre, la députée Renaissance Joséphine Missoffe - suppléante du ministre chargé des affaires européennes Benjamin Haddad - dépose une proposition de résolution visant à créer une Commission d'enquête "relative aux violences commises sur les mineurs dans les temps périscolaires et extrascolaires".

 

L'exposé des motifs s'appuie sur les violences récemment médiatisées dans le périscolaire parisien, mais inscrit également le sujet dans la continuité des travaux de la Ciivise et l'enquête des Céméa et du Crajep Centre Val-de-Loire de 2024.

Aussi, ladite Commission serait chargée :

  • d'établir un état des lieux national des VSS, violences physiques et psychologiques subies par les enfants dans les ACM périscolaires et extrascolaires ;
  • d'analyser les procédures et outils de recrutement, de contrôle d'honorabilité, la formation initiale et continue des personnels "salariés ou vacataires"
  • d'analyser le fonctionnement des chaînes de signalement et de prise en charge des violences ;
  • s'interroger sur "la cohérence et l'effectivité" du cadre juridique, "notamment des dispositions du code de l'action sociale et des familles", faisant ici référence au contrat d'engagement éducatif (CEE).

 

Le texte, signé par seulement 14 députés, bénéficie néanmoins d'un soutien transpartisan par les groupes communiste, socialiste, LIOT, démocrate, Renaissance et Les Républicains. Du côté du bloc présidentiel, on compte notamment le député de Paris Sylvain Maillard, proche de Benjamin Haddad et Rachida Dati, ou la députée MoDem Sandrine Josso, très engagée sur le sujet des VSS cf. espace veille

 

 

Deux jours plus tard, la députée Sophia Chikirou, candidate LFI pour la mairie de Paris, dépose pour son groupe une proposition de résolution visant également à créer une Commission d'enquête sur le sujet.

Cette dernière prévoit un autre angle que celui proposé par la députée Missoffe, en assumant plus spécifiquement de partir du cadre de Paris pour évaluer les plans d'actions mis en place ces 10 dernières années et cibler les spécificités liées à un rythme scolaire maintenu à 4,5 jours/semaine. Aussi, un intérêt est marqué pour l'étude de causes structurelles des violences survenant en contexte périscolaire, avec une analyse des conditions d'emploi et de travail des personnels du périscolaire à Paris.

 

10 décembre 2025. La Ciivise propose son éclairage pour la formation des animateurs

Réagissant à l'actualité, la Ciivise publie un communiqué le 10 décembre rappelant une "exigence de premier ordre", celle la préconisation 78 de son rapport de 2023 : "former les professionnels au respect de l'intimité corporelle de l'enfant".

 

Aussi, la Commission indépendante formule ses points d'attention concernant la formation des animateurs périscolaires :

  • Cette formation "ne saurait se réduire à une « sensibilisation » de quelques heures, et être réservée aux seuls responsables des centres de loisir." Elle doit être rendue obligatoire pour tous les personnels impliqués, quel que soit leur statut.
  • La formation doit articuler une dimension théorique (droits de l'enfant, devoirs des adultes, institutions en charge de la protection de l'enfance, ...) et une dimension pratique (postures, gestes, repérage, ...)

 

4 décembre 2025. La ville de Paris nomme une Défenseure des enfants

Jeudi 4 décembre, la maire de Paris Anne Hidalgo nomme Dominique Versini - jusqu'alors élue au Conseil de Paris et Défenseure des enfants entre 2006 et 2011 - Défenseure des enfants pour la ville.

Concrètement :

  • La Défenseure des enfants de Paris pourra être saisie par des enfants et des familles, les instruire au regard du droit ; et formuler des préconisations pour l'administration de la ville.
  • 17 délégués de la Défenseure seront mis à disposition pour tenir des permanences permettant l'information et le recueil de la parole des enfants.
  • Une campagne d'information "à hauteur d'enfant" sera menée à partir de Janvier 2026.
  • Un binôme de jeunes volontaires sera installé dans chaque arrondissement pour contribuer à veiller au respect des droits en menant des actions de sensibilisation.

 

24 novembre 2025. Un projet de loi sur les VSS est prêt, indique Aurore Bergé

Dans ce contexte, la députée socialiste Fanny Dombre Coste dépose une question écrite au gouvernement le 25 novembre.

Si de nombreuses suspensions d'animateurs ont été prononcées dans la capitale ces derniers mois, l'élue s'interroge sur l'après : "à l'issue de la période d'interdiction, la réglementation actuelle permet aux personnes concernées de reprendre leurs activités d'encadrement sans qu'aucune évaluation, ni aucun accompagnement, ni démarche de suivi par un professionnel de santé ne soit exigé. Cette situation interroge, tant en matière de sécurité des publics accueillis que de cohérence de la politique publique de prévention des violences dans le sport et l'animation."

 

Aussi, elle interpelle la ministre Marina Ferrari, lui demandant s'il exécutif "envisage de modifier la législation" afin d'imposer une évaluation avant la reprise d'une activité auprès de mineurs.

 

Justement, la veille au soir, la ministre en charge de l'égalité femmes-hommes, Aurore Bergé, annonçait le dépôt prochain d'un projet de loi sur les violences faites aux femmes, concernant notamment les professionnels encadrant des enfants cf. espace veille

 

22 novembre 2025. La justice confirme la multiplication des procédures

Le 22 novembre, une interview de la cheffe du parquet des mineurs de Paris dans Libération confirme un phénomène d'ampleur, avec des signalements en "recrudescence importante" et concernant "quasi exclusivement des animateurs périscolaires".

 

Le procureur de la République d'Évry annonce de son côté, le 27 novembre, qu'un animateur a été mis en examen pour des accusations d'agressions sexuelles sur 10 enfants entre 2021 et 2024.

 

14 novembre 2025. La Mairie de Paris annonce son plan d'actions

Une semaine plus tard, le 14 novembre, la mairie de Paris annonce un "plan d'action pour accompagner la libération de la parole des enfants". Parmi les mesures :

  • Intégration du repérage de signaux faibles concernant les violences lors des bilans de santé scolaire des enfants de 3-4 ans et 5-6 ans ;
  • Poursuivre les travaux engagés de rénovation du bâti scolaire, en particulier certains espaces isolés ;
  • Établissement d'un trombinoscope dans tous les lieux qui accueillent les enfants, comprenant les intervenants afin de faciliter leur identification par les parents ;
  • Organisation de moments d'échanges entre le responsable éducatif de la mairie et les parents ;
  • Généralisation des conseils périscolaires dans toutes les écoles et des portes ouvertes pour découvrir les projets du périscolaire ;
  • Campagne de sensibilisation et d'information ;
  • Formation :
    • Socle de formation renouvelé pour les agents intervenant auprès des enfants sur les sujets liés aux VSS ;
    • Formation obligatoire de 2 jours pour tout animateur vacataire ;
    • Formation à la détection des signaux faibles alertant de violences par la généralisatoin du programme "Prév'Anim" ;
    • Sanctuarisation de 2 demi-journées pédagogiques
    • Formation / prévention auprès de tous les prestataires de la ville sur les VSS ;
  • Création d'une commission collégiale d'instruction des signalements au niveau de la ville ;
  • Création d'un Défenseur des enfants dédié à la ville de Paris.

 

La Mairie prévoit par ailleurs de "conserver la mémoire" des signalements reçus afin qu'un animateur mis en cause ne puisse être recruté, même en cas d'issue favorable de la procédure en justice.

 

7 novembre 2025. Le Parisien révèle plusieurs cas de VSS dans les écoles maternelles de la capitale

Le 7 novembre, Le Parisien révèle que 3 enseignants ont été suspendus durant les dernières semaines dans des écoles parisiennes pour des faits de violences sexistes et sexuelles (VSS) sur des élèves de maternelle. 13 ont fait l'objet de signalements entre avril et novembre. Des informations confirmées le jour même par le rectorat de Paris.

 

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