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Dépenses locales : pour un nouveau contrat entre collectivités et État
Etat & Collectivités
Haut-commissariat à la stratégie et au plan
Xavier Destanne de Bernis;Léo Quennesson;Ruben Fotso;Paul-Marie Roth
01/04/2026
finances publiquesfinances localesbudgetdécentralisationcollectivitésdépartements
Les administrations publiques locales peuvent-elles contribuer à l'effort de réduction du déficit public ? Quelles sont leurs marges réelles, quand certains besoins, portés par les dynamiques démographiques, sociales et écologiques, sont appelés à croître dans les prochaines années ?
Le 1er avril, le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan publie une note d'analyse sur les dépenses locales, et notamment les voies de mise à contribution des collectivités dans la réduction du déficit public.
Fidèle à l'engagement du nouveau président de l'instance Clément Beaune, la note s'attache également à proposer une comparaison européenne :
Des éléments chiffrés qui restent à mettre en perspective : les niveaux de dépenses des collectivités territoriales dépendent davantage des choix opérés en matière de décentralisation que de bonne ou mauvaise gestion publique. Pour exemple, les dépenses de santé et d'éducation des collectivités sont plus faibles en France qu'ailleurs en Europe pour la simple et bonne raison que ces compétences sont une prérogative de l'État.
Par ailleurs, le HCSP note que la situation financière des collectivités "apparaît globalement saine" grâce, notamment, à la règle d'or (budgets obligatoirement à l'équilibre), mais que leur autonomie fiscale diminue par rapport à leurs voisins européens.
Pour autant, la note explore les moyens d'encadrer et réduire les dépenses locales, appelant notamment à s'appuyer sur la "(relative) réussite récente" qu'étaient les Contrats de Cahors.
Aussi, les élus locaux bondissent lorsqu'ils voient revenir sur la table la préconisation telle que formulée par le Haut Commissariat à la stratégie et au plan :
"Pour des raisons d’efficacité, la contractualisation serait ciblée sur un nombre restreint de collectivités de grande taille. À l’image des contrats de Cahors, un périmètre d’environ 215 grandes collectivités permettrait de concentrer l’effort là où se situe l’essentiel de la dépense, sans faire obstacle à un dialogue de qualité entre l’État et les exécutifs locaux. Ces contrats auraient une durée de trois ans (demi mandat)."
Les Départements de France sont les premiers à monter au créneau. Dans un communiqué paru le lendemain, le président de l'association d'élus martèle une nouvelle fois ses positions concernant la contribution des collectivités à la réduction de la dette de l'État : "70% du budget des Départements sont consacrés à des dépenses sociales obligatoires imposées par l’État (RSA, ASE, PCH, APA). Avec les 30% qui leur restent, ils doivent financer les pompiers, entretenir les routes et les collèges, aider les communes, les associations, développer le sport, la culture et l’attractivité. « Si Clément BEAUNE veut faire des économies sur les dépenses sociales, qu’il nous dise lesquelles [...] »"