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Affaire INFANS/ NeoKids, le SNPPE s'insurge contre « un défaut de vigilance et de coordination »

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Les pros de la petite enfance

Les Pros de la petite enfance

04/03/2026

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Suite à l'enquête de Mediapart « Crèches privées : entre arnaques au CPF et gestion calamiteuse, le naufrage du groupe Infans » du 3 mars dernier, le SNPPE publie un communiqué où « il prend acte – avec colère, mais sans surprise » de l'enquête sur le naufrage du groupe Infans. »


Le 3 mars, Médiapart publie une enquête sur le groupe Infans, récent propriétaire des crèches Montessori NeoKids.

 

Le groupe Infans épinglé pour des fraudes au CPF avant son rachat des crèches NeoKids

Dans son papier, le média révèle l'historique plus que questionnant des pratiques du groupe privé, avant le rachat des crèches NeoKids.

Créé en 2013, l'organisme de formation de Décines-Charpieu, propriété du groupe, a été épinglé pour des pratiques de fraude au compte personnel de formation (CPF) : les formations dispensées, très onéreuses, proposaient pour contrepartie d'offrir aux stagiaires des ordinateurs ou tablettes. Suite à des inspections menées en 2019 par la préfecture du Rhône, qui ont révélé que la pratique ne se justifiait pas par "un motif économique ou technique", deux jugements du tribunal administratif de Lyon rendus en février 2022 - et révélés ce mois par Médiapart - condamnent le groupe Infans à restituer plus de 650 000 € à l'État.

Le média en ligne dévoile toutefois que ces jugements n'ont pas mis de coup d'arrêt à ces pratiques, les journalistes notant encore, en mai 2025, des annonces de l'organisme sur Facebook proposant toujours ces mêmes contreparties. Médiapart n'est par ailleurs pas en mesure de vérifier que les sommes aient été restituées au Trésor public, en l'absence de réponse sur ce sujet de la préfecture et d'Olivier Combe, dirigeant du groupe Infans. Par ailleurs, la Caisse des dépôts - gestionnaire des fonds du CPF pour l'État - a déréférencé le groupe durant une dizaine de mois entre 2023 et 2024 car ce dernier avait facturé "des formations inéligibles au financement par le compte personnel de formation".

 

La gestion catastrophique d'Infans, financée sur fonds publics, coule à nouveau le réseau de crèches

Malgré ces affaires touchant les formations du groupe Infans, ce dernier a pu, en 2023, faire l'acquisition des crèches NeoKids, en redressement judiciaire fin mars 2023. L'acquisition des 35 établissements a contribué à plomber les comptes du groupe Infans comme des crèches, au détriment des salariées. "Très vite, quand Olivier Combe [dirigeant du groupe Infnas] a présenté son projet, nous avons compris qu’il n’avait aucune expérience dans la gestion des microcrèches et qu’il voulait faire du business, explique une ex-directrice de NeoKids a Médiapart. Nous l’avons fait remonter au mandataire judiciaire." En novembre 2024, Combe fait part aux salariés de NeoKids des difficultés financières et appelle les salariées à racheter, si elles le souhaitent, leurs crèches, pour des montants mirobolants : "Alors qu’il les avait reprises en 2023 pour un montant moyen de 17 000 euros, il en voulait 250 000 euros environ pour chacune", explique une ancienne salariée à Médiapart. Une nouvelle procédure de redressement judiciaire est lancée par le tribunal de commerce de Lyon en mars 2025.

 

Médiapart souligne par ailleurs que, alors que le groupe NeoKids s'apprête une nouvelle fois à mettre la clé sous la porte, le dirigeant du groupe Infans a créé en novembre 2025 un nouvel organisme de formation.

 

Le jour même de ces révélations, le SNPPE, premier syndicat de professionnelles de la petite enfance, se fend d'un communiqué dénonçant la situation.

Après les scandales survenus chez les grands groupes privés du "Big4" de la petite enfance - notamment chez People & Baby avec l'ouvrage de Victor Castanet cf. espace veille, chez La Maison Bleue inspectée par l'Igas cf. espace veille mais aussi dans les crèches NeoKids pointées par un récent documentaire d'Arte cf. espace veille - le syndicat s'insurge face à un nouveau scandale dans son secteur.

 

Il déplore ses impacts sur les professionnelles, malgré les alertes, et l'inaction de l'État. "L'article L.2324-2 du Code de la Santé Publique donne au président du conseil départemental, au préfet, aux CAF, à l'IGAS et à l'IGF des pouvoirs de contrôle étendus sur les gestionnaires d'EAJE. Ils n'ont pas été exercés. Non par absence de droit — mais par absence de déclenchement. Tout le monde contrôle, personne n'agit."

 

Il fustige par ailleurs, une nouvelle fois, les pratiques des acteurs privés lucratifs dans la petite enfance, en l'occurence d'un groupe déjà connu par la justice. Malgré la condamnation pour fraude au CPF par le tribunal de commerce de Lyon, "C'est à ce même opérateur que le tribunal de commerce de Paris a confié 22 crèches en 2023. Les mêmes professionnelles ont été ciblées deux fois : comme salariées, et comme titulaires d'un CPF instrumentalisé."

Enfin, le SNPPE rappelle que, dans la petite enfance, toutes ces malversations sont nourries par de l'argent public : "PSU, aides fiscales, subventions territoriales. Quand un groupe s'écroule, ce sont ces fonds qui ont nourri un modèle défaillant. La petite enfance n'est pas un marché ordinaire."

 

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