-
- |
- Accueil
- |
- Thèmes
- |
- Ressources
- |
- Ajout d'articles
- |
- Mots-Clefs
Réforme 2023 : premiers effets de la réforme de contracyclicité
chômageemploitravaildemandeurs d'emploichômeursinsertion professionnelleprécaritéinégalités
Alors que la réforme 2023 d'assurance chômage poursuit sa montée en charge, l'Unédic livre les premiers éléments de suivi sur cette réglementation dite « de contracyclicité ».
Le 18 décembre, l'Unédic, organe paritaire chargé de la gestion des fonds de l'assurance chômage, publie un rapport d'évaluation sur la réforme de l'assurance chômage de 2023, dite de la contracyclicité.
En synthèse : alors que la réforme de l'assurance chômage de 2019-2021 avait contribué à réduire le montant des allocations chômage mais à allonger les périodes d'indemnisation cf. espace veille, la réforme de 2023 vient largement raccourcir les durées d'indemnisation, pour tous les profils de demandeurs d'emploi.
Fin janvier 2023, l'exécutif mettait en oeuvre sa 5ème réforme de l'assurance chômage depuis 2017, via un décret des ministres du Travail, Olivier Dussopt, et de l'Intérieur, Gérald Darmanin, mettant en application la loi Travail du 21 décembre 2022.
Cette réforme introduisait la contracyclicité de l'assurance chômage : c'est à dire que les conditions d'indemnisation évoluent selon la conjoncture du marché du travail :
Pour rappel, depuis 2017, le taux de chômage n'a jamais excédé les 9 % en France, y compris durant la crise sanitaire. Depuis 2021, le taux de chômage fluctue entre 7 % et 7,5 %, avec une hausse sur l'année 2025 (dernières données Insee).
Lors de sa mise en vigueur, la réforme avait également fait l'objet d'importantes critiques sur son critère national : la référence au taux de chômage national pouvant masquer des disparités régionales importantes (la conjoncture peut être favorable au niveau national sans l'être dans tous les bassins d'emploi).
En février 2023, quelques semaines après la mise en application de la réforme, l'Unédic publiait une large analyse de la réforme et estimait qu'elle entraînerait, à partir de son 'rythme de croisière' pour 2027, des économies de l'ordre de 4,5 Mds€/an aux caisses de l'assurance chômage, en faisant "la réforme ayant le plus fort impact financier sur l’Assurance chômage au cours des dix dernières années."
Plus de deux ans et demi après la mise en application de la réforme, l'Unédic est en mesure de dégager de premiers impacts.
Principaux éléments
Du fait des critères qualifiant la mauvaise conjoncture du marché du travail (chômage supérieur à 9 % ou variation de plus de +0,8 % d'un trimestre à l'autre), la mesure protectrice concernant le complément de fin de droits n'a pas eu l'occasion d'être appliquée et, d'après l'Unédic, ne devrait vraisemblablement pas l'être d'ici à fin 2027.

Fin juillet 2025, 71 % des allocataires à l'assurance chômage sont affectés par la réforme.
Le graphique ci-dessous résume les enseignements de l'Unédic : pour une durée d'affiliation (= période de travail comptabilisée pour l'ouverture des droits) similaire, les demandeurs d'emploi impactés par la réforme sont couverts significativement moins longtemps (entre -21 % et -24 % de la durée potentielle d'indemnisation).

En corollaire à la baisse de la durée maximale d'indemnisation, le nombre de demandeurs d'emploi en fin de droits est reparti à la hausse, passant de 41 000 à 70 000 entre mars 2023 et mars 2025 (+65 %).