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Quand le 49.3 sacrifie les vacances des enfants
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Le PLF 2026 a été adopté via l'article 49.3, effaçant au passage l'amendement de 10 millions d'euros voté par les Sénateurs en faveur du départ en colonies de vacances et actant la suppression du dispositif Colos apprenantes. Les représentants du secteur dénoncent une décision prise sans débat et sans justification, qui porte atteinte au droit aux vacances des enfants, alors que 4,7 millions d'enfants ne partent déjà pas chaque année.
Dans un communiqué publié le 11 mars, la Cnaf annonce en partie le devenir de l'enveloppe de 20 M€ destiné à remplacer le dispositif Colos apprenantes.
Par sa communication, la caisse de sécurité sociale annonce un renforcement de l'aide aux vacances enfant (AVE), par l'élargissement de ses critères d'accès :
Aussi, cette décision de la Cnaf vient poser un cadre national sur l'Aide aux Vacances Enfants (AVE), jusqu'ici très variable d'une CAF à l'autre.
Ainsi, la Cnaf estime que "près d’une famille allocataire sur deux peut désormais y accéder."
L'aide reste cumulable avec le Pass colos, accessible aux jeunes de 11 à 12 ans, sous condition de ressources.
Un point d'interrogation demeure toutefois sur le chiffrage de la mesure, afin d'évaluer de l'usage des 20 M€ annoncés ou d'une révision à la baisse.
Dans le détail, les enveloppes de l'AVE sont du ressort des CAF locales tandis que les 20 M€ annoncés représentent une enveloppe de la Cnaf. Le détail de l'articulation des deux budgets reste à éclaircir. La Cnaf précise néanmoins que l'enveloppe est destinée à élargir les critères d'accès mais que des politiques mieux-disantes de certaines CAF restent en vigueur.
Dans un communiqué publié le 17 février, la JPA dénonce les choix politiques opérés via 49-3 sur le Projet de loi de finances pour 2026. Elle porte une voix collective aux côtés du Cnajep, de l'UNAT, d'Hexopée, de la fédération du Scoutisme Français et de ResoColos, cosignataires et représentant, à eux 6, une large majorité des acteurs de l'éducation populaire.
Outre un constat de 4,7 M d'enfants qui ne partent pas en vacances chaque année, et les larges coupes budgétaires déjà évoquées sur la jeunesse et la vie associative cf. note dédiée, les associations insistent ici sur la disparition du dispositif Colos apprenantes.
Doté de 36,8 M€ en 2025, ce dernier permettait le départ en vacances de 80 000 enfants chaque année. D'abord réduit à 0 par la première copie de l'exécutif, le Sénat avait fait le choix de préserver une version minimale, à 10 M€, maintenant le dispositif pour les jeunes en situation de handicap et ceux relevant de l'aide sociale à l'enfance. Cet amendement sera retiré par Sébastien Lecornu au moment de l'activation du 49-3. "Un amendement pourtant modeste au regard des enjeux sociaux, éducatifs et sanitaires, déplorent les 6 têtes de réseau. Il est manifestement de trop dans une trajectoire budgétaire où le droit aux vacances des enfants semble relever de politiques accessoires."
Face à cette disparition du dispositif et ses 36,8 M€ jusqu'alors destiné aux vacances des enfants et jeunes, l'exécutif annonce un nouveau dispositif de la Cnaf, financé par la sécurité sociale à hauteur de 20 M€. Toutefois, les associations ayant assisté à la présentation de la Cnaf du 12 février dernier restent saisies d'un doute : ces 20 M€ pourraient se substituer aux 17 M€ que représentent les aides aux vacances enfants (AVE) portées par les CAF. "Cette enveloppe [de 20 M€] ne doit pas servir de prétexte à un désengagement des politiques territoriales existantes, affirment les associations. Les AVE locales représenteraient 17 millions d’euros par an et permettraient à 69 000 enfants de partir en colonie de vacances chaque année. Le nouveau dispositif national doit venir s’ajouter aux actions locales, et non se substituer aux politiques de solidarité construites localement."