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Débat à l'Assemblée Nationale. Instrumentalisation politique des élections des parents d'élèves dans les conseils d'école.

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Education

Assemblée nationale

17/01/2024

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extrême-droiteéducation nationaleparents/familleélèves

Débat, à l'initiative du groupe socialiste, concernant le rôle de l'association d'extrême-droite Parents vigilants dans les élections de parents d'élèves.


Débat proposé par le groupe PS, et introduit par la députée Fatiha Keloua Hachi. Débat ciblé sur le rôle de l'association de parents "Parents vigilants", association d'extrême-droite qui ne cache pas ses liens avec le parti d'E. Zemmour, Reconquête.

 

Rappel de faits

  • En novembre 2023, Reconquête a pu obtenir, par son sénateur Stéphane Ravier, l'organisation d'un colloque au Palais du Luxembourg (Sénat) pour Parents Vigilants
  • F. Keloua Hachi évoque le chiffre de 3 500 élus, annoncé par l'association et demande ceux de l'administration.
  • A. Oudéa-Castéra mentionne le nombre de 300 000 parents élus dans les conseils d'écoles et CA de collèges & lycées au global. Elle n'a pas d'autres chiffres concernant le nombre d'élus Parents vigilants. "Ces chiffres sont possibles, mais invérifiables." (aucune remontée d'élection de parents sous cette appellation, "par conséquent, aucun représentant élu ne peut siéger au nom de cette association")
  • "En décembre 2022, l’extrême droite et ses réseaux ont mené une véritable campagne d’intimidation contre une professeure de philosophie de Valenciennes qui avait projeté une sortie scolaire dans un camp de migrants. Mis sous pression, le rectorat de Lille a annulé la sortie et cette enseignante a dû vivre pendant six semaines sous protection policière et être transférée dans un autre établissement en raison de menaces de mort. [...] À Bordeaux et à Lyon, des responsables syndicaux, des infirmiers et des éducateurs de santé ont également dénoncé des intimidations et pressions de la part de parents opposés à l’enseignement de cours d’éducation à la vie affective et sexuelle." - Soumya Bourouaha (GDR)

 

Pratiques de Parents Vigilants

"Il nous inquiète aussi en raison des messages qu’il véhicule, à savoir des attaques directes visant le corps enseignant, les programmes scolaires et la liberté pédagogique. Il n’est plus question, ici, du bon fonctionnement de l’établissement, mais du contenu des cours, donc des compétences de l’enseignant. Le professeur prépare ses cours avec toute la liberté pédagogique qui est la sienne, mais il respecte les programmes édictés nationalement par sa hiérarchie. Que cela plaise ou non, c’est là une réalité, même si le réseau Parents vigilants refuse de l’admettre.

Commençons par l’éducation à la sexualité, régulièrement remise en cause par ce collectif sur les réseaux sociaux. Comme chacun le sait, elle est inscrite dans le code de l’éducation et fait partie du programme obligatoire de tous les élèves, à raison de trois séances annuelles. Cet enseignement est absolument essentiel et, n’en déplaise au réseau Parents vigilants, nous continuerons d’œuvrer pour qu’il soit assuré sur l’ensemble du territoire – dans les zones urbaines comme rurales, dans les établissements publics comme privés.

Mais le phénomène ne s’arrête pas là : l’extrême droite s’attaque aussi aux livres mis à disposition dans les bibliothèques des écoles et dans les centres de documentation et d’information (CDI) des collèges, ou aux documents d’appui utilisés par les enseignants. Si ces ouvrages osent traiter d’homosexualité, de transidentité, des conditions de vie des migrants ou encore du caractère genré des jouets pour enfants, ils sont pointés du doigt. [...]

Les enseignants s’inquiètent vivement, non seulement des revendications du collectif Parents vigilants, mais aussi de la forme employée. Le réseau appelle ses membres à dénoncer nominativement les enseignants, pointés du doigt, les établissements dans lesquels ils exercent et même les communes. Ces informations tournent sur les réseaux sociaux et sont largement partagées dans des boucles Telegram, mettant en danger les personnels concernés." - F. Keloua Hachi (PS)

 

Réactions des groupes parlementaires

  • Horizons dénonce les attaques envers l'Education Nationale, le harcèlement des professeurs
  • Benjamin Lucas (Ecolos) demande la constitution d'une commission d'enquête de l'AN (il a déposé un projet de résolution à ce titre trois jours plus tôt) ;
  • Julien Odoul (RN) : considère que c'est un faux débat et légitime l'action du réseau. "À la lumière des multiples défaillances identifiées depuis des années, certains concitoyens élus dans des associations de parents d’élèves tentent d’alerter les pouvoirs publics au nom de l’intérêt général. Malheureusement, d’autres représentants de parents d’élèves – soutenus principalement par la NUPES – profitent de leur position pour faire avancer leur idéologie islamo-gauchiste."
  • Alexandre Portier (LR) pointe la déresponsabilisation des parents d'élèves mais ne dit pas un mot sur le sujet du débat "Parents vigilants" ;

 

Engagement des parents d'élèves en général

  • S. Bourouaha (GDR) : "selon le rapport du Pisa 2022 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), le pourcentage de parents investis au sein de l’établissement de leur enfant a considérablement diminué depuis 2018. En 2022, 24 % des familles avaient discuté, de leur propre initiative, des progrès de leur enfant avec un enseignant ; quatre ans plus tôt, elles étaient 36 %."

 

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