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Emmanuel Macron veut "mobiliser" davantage de jeunes volontaires "en renfort" des armées

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Franceinfo

France Info;AFP

20/01/2025

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Le président souhaite des propositions d'ici à mai pour "permettre à une jeunesse volontaire d'apprendre avec les armées et d'en renforcer les rangs".


4 jours après le vote de la suppression du SNU par les sénateurs et 2 jours après la grande interview d'Édouard Philippe dans Le Parisien, le Président de la République reprend à son compte une proposition de son ancien ministre : le retour d'une forme de service militaire.

Estimant que les forces armées françaises, composées d'"environ 200 000 personnes sans compter les réservistes" paraissent insuffisantes pour faire face aux enjeux de l'époque, l'ancien Premier Ministre Édouard Philippe jugerait bon de "former chaque année, pendant trois ou six mois, 40 000 à 50 000 femmes et hommes supplémentaires, qui pourraient ensuite s'engager à être mobilisables un mois ou deux chaque année pendant cinq ans. [...] Je ne crois pas que ce système pourrait être obligatoire et il devrait reposer sur des contreparties permettant par exemple d'attirer dans les armées des étudiants désireux de financer leurs études."

 

Lors de ses voeux aux armées, Emmanuel Macron saisit la balle au bond, insistant sur "l'accumulation des menaces" sur la scène internationale. Sans rentrer dans des modalités concrètes, il évoque le besoin de "proposer à notre jeunesse un engagement fort", lui "donner le choix de servir". S'il ne souhaite pas non plus "rétablir le service national obligatoire", il s'appuie pour sa proposition sur la journée de défense et de citoyenneté "qui sera rénovée et redeviendra demain un moment de temps retrouvé avec les armées." Cet espace devra permettre de "mieux détecter les volontaires", "les former et être capable de les mobiliser le jour venu".

L'imbrication de cette nouvelle annonce avec la JDC, régulièrement évoquée comme potentiellement substituable par un SNU obligatoire, questionne sur le soutien politique accordé à ce dernier dispositif. Durant son discours de 45 minutes, le Président de la République évoquera une fois le service national universel :

  • "Aujourd'hui, nous nous contentons d'un recensement, d'une Journée défense et citoyenneté, et je sais que vous en faites tous le constat, c'est trop peu. D'où l'ambition du SNU. J'ai pu rencontrer les premiers jeunes qui ont fait l'expérience du Service national universel, mesurer leur satisfaction, leur plaisir à se retrouver plusieurs mois après pour poursuivre un engagement commun au service de notre nation, entendre leurs témoignages chaleureux, porteurs d'espoir et de confiance. C'est pour moi une source de confiance dans notre jeunesse. Il faut aujourd'hui tracer un chemin que beaucoup espèrent, donner le choix de servir. Non pas rétablir le Service national obligatoire, mais permettre à une jeunesse volontaire d'apprendre avec les armées et d'en renforcer les rangs grâce à des talents recherchés, de vivre aussi dans un environnement où les différences s'effacent pour remplir une mission qui donne du sens, celui du service, de l'entraide, du respect, de faire nation. Donner le choix de servir."

Sans désavouer totalement le dispositif, marqueur fortement porté politiquement durant ses deux quinquennats, le Président de la République semble acter le peu de soutien dont dispose le SNU sur les bancs du Parlement et le place, ici, comme un dispositif destiné à repérer de potentiels volontaires pour un service militaire nouvelle version.

 

Emmanuel Macron confirme le changement de cap sur le SNU (26/01)

Dimanche 26 janvier, un papier de l'Opinion confirme cette lecture : "le SNU c'était bien, la réserve c'est mieux" résume la journaliste. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, doit prochainement proposer une réforme de la journée d'appel et de citoyenneté (JDC) et compte intégrer le SNU à la réflexion : dans l'objectif de susciter des vocations de réservistes chez les jeunes.

Du côté du budget, on apprend que si Matignon souhaite s'en remettre sur ce sujet à la négociation parlementaire, le Président de la République milite pour conserver au moins 60 M€ sur le dispositif (contre 160 M€ en 2024, 128 M€ dans la copie initiale du budget Barnier et 28 M€ dans la version du budget issue du Sénat la semaine passée).

 

Verdict : un SNU à 65,9 M€ (17/02)

Le 17 février, le projet de loi de finances est promulgué par le Président de la République. Avec cette officialisation, Bercy publie enfin les tableaux répartissant les crédits des différentes missions et programmes.

On apprend ainsi que le service national universel disposera, en 2025, de 65,9 M€ (27,3 M€ en frais de personnels et 38,5M€ en dépenses autres). C'est près de 100 M€ de moins par rapport à 2024, et moitié moins que les propositions initiales des gouvernements Barnier et Bayrou (128 M€).

 

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