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Des espaces « no kids » à la SNCF ? L'entreprise défend sa classe Optimum, qui promet « calme » et « confort » en excluant les enfants de moins de 12 ans

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Le Monde.fr

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22/01/2026

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Face aux critiques, la SNCF s'est défendue mercredi, indiquant que cette classe était ouverte à tous « à partir de 12 ans » et que les places Optimum ne représentaient « que 8 % des espaces qui sont proposés dans [les] trains du lundi au vendredi ».


Fin janvier 2026. Les élus & associations montent au créneau pour dénoncer l'exclusion des enfants

Le 22 janvier, les Céméa signaient un communiqué sur le sujet, déplorant des pratiques "loin d'être anodines" qui "révèlent un recul alarmant de notre capacité à vivre ensemble et une méconnaissance du rôle fondamental des enfants dans la construction d'une société inclusive et solidaire." L'association d'éducation populaire appelle l'État à ses responsabilités en intégrant par voie réglementaire une obligation d'inclusion, à encourager les bonnes pratiques et à soutenir les collectivités dans l'aménagement d'espaces adaptés aux enfants et aux familles.

 

Quelques jours plus tard, le 2 février, c'est au tour du réseau français des villes éducatives (Rfve) de se prononcer. Les élus locaux partagent tout d'abord leur révolte : "Tolèrerions-nous l'exclusion de certaines catégories d'adultes des trains ? Pourquoi une telle discrimination, punie par la loi par ailleurs, serait-elle admise lorsqu'il s'agit d'enfants ?" Le réseau souligne, par ailleurs, l'existence d'espaces de jeux dans les trains Corail de la SNCF à partir de 1982. "C'est donc à un retour en arrière auquel nous assistons aujourd'hui."

"Villes engagées pour les enfants et leurs familles, nous continuerons à revendiquer la fin de la société adultiste, termine le communiqué. [Et nous] espérons que la SNCF fera machine arrière pour revenir à une politique plus inclusive pour nos citoyens les plus vulnérables."

 

Trois jours plus tard, la Jeunesse au Plein Air (JPA) publie également son communiqué, rappelant que les enfants ne prennent presque jamais le train seuls, mais en familles, en groupes, en colos, ... "tout ce que le train public devrait pouvoir accueillir sans difficulté... en théorie".

Aussi, la JPA dénonce l'amateurisme de la plateforme de réservation pour les groupes : "Pendant que certains inventent des trains sans enfant, les organisateurs cherchent toujours comment faire voyager leurs groupes d’enfants." Après des promesses en mars 2025 d'une nouvelle plateforme, la plateforme existante a cessé de fonctionner au 1er janvier 2026 faute de contrat de maintenance. "Aujourd’hui, tout repose sur un formulaire en ligne, tandis que les réservations d’avril s’enlisent et que les déplacements de groupes deviennent incertains."

Rappelant l'importance du train et la mission de service public que la SNCF est sensée assurer, l'association termine sur les enjeux d'accès aux vacances et de lutte contre les inégalités : "Ce qui est présenté comme un gain de confort pour certains voyageurs se traduit pour d’autres par une restriction d’accès à la mobilité. Or, quand on complique le transport des groupes, on complique le départ en vacances des enfants. Et quand partir devient trop compliqué, ce sont toujours les mêmes enfants qui renoncent et qui sont impactés."

 

8 janvier 2026. L'annonce par la SNCF de gammes Optimum certifiées sans enfants fait un tollé

Alors que la SNCF lançait, début janvier 2026, ses nouvelles gammes Optimum et Optimum +, plus luxueuses, l'équipe du podcast Les Adultes de demain relève dans une communication du groupe ferroviaire du 8 janvier la promesse commerciale suivante : "Pour garantir un maximum de confort à bord de l’espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés".

 

Le tollé provoqué a été l'occasion d'une prise de position de la Haut Commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry, très mobilisée sur le sujet cf. espace veille, qui estime la proposition "choquante" et que "le 'no kids' n'est pas une option dans le service public".

L'économiste Maxime Sbaihi, engagé sur les sujets démocratiques notamment avec de récentes notes pour le Haut Commissariat à la Stratégie et au Plan cf. espace veille, déplore sur X une dimension culturelle de la "dénatalité" : "elle raréfie les enfants jusqu'à nous rendre intolérants à leur présence."

 

Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux le 22 janvier, la directrice de l'offre SNCF TGV de la SNCF, Gaëlle Babault, souhaite rappeler que la classe Business était déjà interdite aux moins de 12 ans, et que les nouvelles formules Optimum ne concernent qu'une minorité des places des trains (8 %), les autres wagons restant accessibles aux enfants.

 

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