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Partir en colonie à 11 ans : influence du milieu social, des habitudes familiales et du souhait de l'enfant

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Education

INJEP

Tana Stromboni;Chloé Mellet

07/05/2026

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En 2024, seuls 15 % des enfants de 11 ans appartenant à des ménages allocataires CNAF ou CCMSA sont partis en colonie de vacances. Le fait de partir dépend avant tout des revenus des familles, les plus aisées faisant plus partir leurs enfants. Toutes choses égales par ailleurs, le fait d'avoir des parents plus diplômés ou partis en colonie de vacances pendant leur enfance favorise également les départs.
Interrogés sur les principales raisons les ayant incités à inscrire leur enfant en colonie de vacances, les parents citent d'abord le souhait de l'enfant de partir et le fait de déjà connaître les organisateurs. Pour les famille les plus modestes, l'existence d'une aide financière favorise également les départs.


Le 7 mai, les deux chercheuses de l'INJEP à l'origine du premier rapport d'évaluation du Pass colo cf. espace veille publient une enquête sur les déterminants du départ en colonie de vacances des enfants de 11 ans : "influence du milieu social, des habitudes familiales et du souhait de l’enfant".

 

En synthèse. Les enfants qui partent le plus en colonies de vacances sont les enfants de parents ayant des revenus élevés, diplômés, ayant 3 autres enfants ou plus, ou étant partis en colonies de vacances étant jeunes. L'écart d'accès aux colonies de vacances entre les enfants modestes et aisés est plus fort que l'écart d'accès aux vacances en général.

 

Principaux enseignements

Si la précédente enquête montrait que, en 2024, 40 % des enfants de 11 ans ne partaient pas en vacances, seuls 15 % partent en colonies de vacances.

 

L'INJEP identifie trois ensembles de paramètres éclairant le départ ou non-départ de ces enfants en colonies de vacances : le revenu & milieu social ; les habitudes et pratiques de la famille ; le souhait de l'enfant.

 

Milieu social et revenus

En comparant les familles aux quotient familial (QF) les plus faibles (-700 € pour une personne seule, 1750 € pour un couple) à celles au QF les plus élevés (+2 500€/mois), l'INJEP observe :

  • Les enfants de 11 ans les plus modestes partent 1,8 fois moins en vacances que les plus aisés ; mais, plus spécifiquement, 2,9 fois moins en colonies de vacances.
  • Aussi, le non-départ en colonies de vacances est plus marqué socialement que le non-départ en vacances en général.

 

 

Le second critère social significatif porte sur le niveau de diplôme des parents :

  • 26 % des parents diplômés à Bac+5 ou plus envoient leur enfant en colonie de vacances, contre 11 % de ceux diplômés niveau Bac et 9 % des non-diplômés.
  • Toutes choses égales par ailleurs, et à revenu équivalent, la variable du diplôme se confirme avec +8 points entre les enfants de parents diplômés Bac+5 ou plus et ceux de parents diplômés au niveau bac.

 

Enfin, concernant la composition du ménage :

  • Il n'y a pas de différence significative, toutes choses égales par ailleurs, dans le taux de départ en colos d'enfants de ménages monoparentaux ou avec un couple.
  • Une distinction nette se trouve par contre en fonction du nombre d'enfants. Si les enfants uniques ou fratries de 2 ou 3 ne diffèrent pas significativement, les fratries de 4 enfants ou plus partent nettement plus en colos (+8 points).

 

Habitudes familiales

Les parents ayant vécu des colonies de vacances étant jeunes sont plus nombreux à envoyer leur enfant en colos :

  • Ils sont 19 %, contre 12 % des parents n'en n'ayant pas vécu.
  • Toutes choses égales par ailleurs, ce paramètre reste significatif (+5 points).

 

 

Aussi, l'expérience d'avoir déjà fait partir un enfant en colo reste un facteur déterminant pour les parents inscrivants.

  • Parmi les parents ayant plusieurs enfants, 73 % de ceux ayant fait partie en colo leur enfant de 11 ans avaient déjà fait partir un autre enfant en colonies de vacances.
  • En 2024, 77 % des enfants de 11 ans ayant vécu une colonie de vacances étaient déjà partis auparavant.

 

L'expérience des colonies de vacances a également une influence positive sur le regard que portent les parents sur ces dernières. Parmi ceux qui ont déjà envoyé leur enfant en colo :

  • 94 % trouvent qu'elles proposent des activités de qualité (contre 79 % qui n'ont jamais fait partir leur enfant en colo)
  • 90 % que l'encadrement est satisfaisant (vs 64 %)
  • 96 % qu'elles permettent de rendre les enfants plus autonomes (vs 86 %)

 

Souhait de l'enfant

Lorsque l'INJEP interroge les parents sur les raisons ayant conduit à inscrire leur enfant en colos, le premier motif évoqué est le souhait de l'enfant (49 % des répondants).

  • Cette motivation arrive en tête dans quasiment tous les niveaux de revenus (46 % à 55 %).

Le 2ème motif évoqué par les parents est ensuite le fait de connaître l'équipe d'animation (41 %) ; hormis pour les familles au QF inférieur à 700 € qui posent pour second motif le fait de recevoir une aide financière dédiée (45 % des répondants au QF<700€, contre 23 % de l'ensemble).

 

 

Voir aussi

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