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Départ en colonie de vacances à 11 ans : les effets du Pass colo
rapport/étudePass coloséjours de vacancescoloscolonies de vacances
L'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP) a été mandaté par la Direction de la jeunesse de l'éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA) et la Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté (DIPLP) pour piloter l'évaluation du Pass colo, un dispositif destiné à favoriser le départ en colonie de vacances des enfants l'année de leurs 11 ans. Lancé au printemps 2024, le Pass colo s'adresse aux familles modestes et aux classes moyennes, avec pour objectif de réduire les inégalités d'accès aux séjours collectifs et de soutenir un secteur fragilisé par la crise sanitaire.
L'évaluation, conduite entre septembre 2024 et juin 2025, s'appuie sur une double approche : quantitative (exploitation des données administratives, enquête nationale auprès de plus de 11 000 familles) et qualitative (entretiens avec des parents, des organisateurs et des acteurs institutionnels). Elle vise à documenter la mise en œuvre du dispositif, à analyser son adéquation aux besoins des familles et à identifier ses premiers effets.
Le rapport met en évidence les inégalités persistantes dans le départ en vacances et en colonie de vacances, auxquelles font face les familles. Concernant le dispositif plus précisément, il souligne la satisfaction élevée des familles recourant au Pass colo malgré un recours et un impact limités sur les départs lors de cette première année de mise en œuvre. Il souligne également le déficit de connaissance du dispositif par les ménages concernés et le besoin de relais par les acteurs de proximité, tout en identifiant des marges de progression pour l'avenir.
Le 22 octobre, l'INJEP publie le premier bilan du Pass Colos, annoncé par la ministre Aurore Bergé en juillet 2023 cf. Diaporama, et mis en oeuvre à partir du printemps 2024 cf. Diaporama
En résumé : le Pass colos aura souffert d'un manque de notoriété criant sur son premier exercice, mais ne manque pas sa cible en touchant essentiellement les publics les plus précaires. La limite d'âge à 11 ans et la difficile compréhension de l'écosystème des aides au départ font partie des freins sur lesquels l'INJEP invite l'exécutif à travailler. Le dispositif rencontre par ailleurs de très forts taux de satisfaction.
Pour rappel, le Pass colos :
L'enquête de l'INJEP passe par une revue des départs en vacances des jeunes de 11 ans afin de constituer la base de comparaison des jeunes éligibles au Pass Colos.
En 2024, 40 % des enfants de 11 ans ne sont pas partis en vacances. Un constat qui varie fortement selon plusieurs critères :

Parmi les autres facteurs du non-départ, l'INJEP insiste sur l'importance d'une "culture du départ" :
Sont également cités :
Pour sa première année, l'INJEP reconnaît les constats déjà partagés d'un lancement manqué. Le décret, publié fin mars, n'aura pas facilité le déploiement et la communication auprès d'un dispositif qui a souffert d'un manque de notoriété et n'aura touché en 2024 que 16 000 enfants sur 554 000 éligibles (3 %). Pour l'année 2025, au 1er septembre, 28 300 enfants ont utilisé le Pass colos (dont un tiers de 12 ans), soit une augmentation de +77 % en un an.
Outre le nombre de familles éligibles, l'INJEP a rapporté le nombre de bénéficiaires du Pass colos aux nombre de familles éligibles ayant malgré tout envoyé leur enfant en colonies de vacances en 2024 : les chercheurs aboutissent malgré tout à un important taux de non-recours, de l'ordre de 75 %.
Parmi les facteurs de non-recours identifiés :
Parmi les profils effectivement utilisateurs du Pass colos, l'INJEP souligne que ceux les plus surreprésentés sont ceux ayant un QF inférieur à 1 200€, ceux vivant en "Zones rurales et dispersées" et les familles monoparentales en garde complète. Les chercheurs en concluent que, si le dispositif manque de portée, il ne manque pas sa cible.
Concernant l'impact, l'INJEP souligne que peu de résultats notables sont à relever, notamment du fait de la faible notoriété du dispositif sur sa première année :
L'INJEP conclut enfin sur les très hauts niveaux de satisfactions des ménages bénéficiaires (90-95 %), la facilité des démarches d'inscription et de paiement, et des conventions avec les organisateurs de séjours adaptées.
Les chercheurs soulignent néanmoins que :