-
- |
- Accueil
- |
- Thèmes
- |
- Ressources
- |
- Ajout d'articles
- |
- Mots-Clefs
Emmanuel Macron annonce "une grande refonte" du Service national universel et évacue le retour d'un service militaire obligatoire
SNU (Service national universel)jeunesengagementservice civiquearméeservice militaireréserve civique
Le chef de l'Etat a accordé un entretien à la presse quotidienne régionale, vendredi, portant notamment sur la guerre en Ukraine et le sujet de la défense européenne.
Dans un entretien accordé samedi 15 mars à plusieurs titres de la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron a déclaré qu'"une grande refonte" du SNU serait annoncée "dans les prochaines semaines" afin de correspondre "aux besoins de la nation et aux priorités identifiées", faisant référence à l'ambiance guerrière de l'actualité internationale.
S'il exclut le retour d'un service militaire obligatoire, qui ne lui semble pas être "une option réaliste" notamment pour des raisons logistiques, mais souhaite « permettre à une jeunesse volontaire d’apprendre avec les armées et d’en renforcer les rangs ». « On va regarder les leviers de mobilisation civile, dit-il. Il y a toute une partie de mobilisation de la société face aux crises qui est à consolider ». À l'image de ses voeux aux Armées cf. espace veille, le Président de la République mise sur l'augmentation du nombre de réservistes, actuellement au nombre de 40 000. Sur proposition de son ministre des Armées Sébastien Lecornu, missionné sur la refonte du SNU, il propose d'aller plus loin que la loi de programmation militaire qui fixe l'objectif de 80 000 réservistes en 2030 en posant l'objectif de 100 000 réservistes en 2035.
Comme en janvier dernier, la déclaration d'Emmanuel Macron fait suite à une interview de son premier Premier Ministre, Édouard Philippe, parue le vendredi 14 dans Le Figaro. Dans cet entretien fleuve, le maire du Havre plaide en faveur d'un "service militaire volontaire" qui "permettrait de former chaque année au moins 50 000 hommes et femmes supplémentaires". En contrepartie, l'État participerait au financement des études ou du projet professionnel du jeune.
François Bayrou confirme et ouvre la porte à la mobilisation du service civique dans l'effort de guerre (16/03)
Le dimanche 16 mars, le Premier Ministre est interviewé sur France inter et Franceinfo dans le cadre de l'émission Questions politiques. Comme le Président de la République, il s'inscrit en défaveur d'un retour du service militaire obligatoire mais souhaite "que nous ajoutions à notre armée professionnelle une armée de réserve."
Il indique également qu'il souhaite élargir les champs d'intervention de l'armée dans la gestion des catastrophes naturelles ou accidents, et estime que les militaires mobilisés pour les patrouilles de l'opération Sentinelle pourrait être remplacés par des réservistes volontaires "qui seraient formés pour cela, et qui permettraient de libérer du temps professionnel."
À la question de l'identification et la formation des réservistes volontaires, le Premier Ministre a livré un discours aux apparences confuses sur les dispositifs d'engagement existants. Réagissant à la proposition de son prédecesseur Édouard Philippe, qui souhaite former 50 000 réservistes par an sur la base du volontariat, le maire de Pau souligne que le ministère des Armées travaille au sujet depuis une à deux semaines. Il ajoute qu'il craint que "si l'on faisait quelque chose de très large, ça coûte très cher." Il insiste par ailleurs sur "une chose qui marche très bien en France, notamment en Outre-mer, qu'est le service militaire adapté." Mais dont le coût serait là encore jugé trop important. "Mais j'ai toujours été partisan d'un service civique, continue-t-il. Qu'on puisse proposer à des jeunes de participer à des actions d'intérêt général. [...] L'idée est de construire, en vue d'avoir des réserves opérationnelles, une partie de la classe d'âge pour qu'elle soit instruite sur ce qui concerne l'intervention, la mise en place de secours, ..." François Bayrou conclut son propos en adressant "un salut à tous les jeunes qui ont fait le service civique", confirmant manifestement que le service civique auquel il fait référence est bien le même dispositif que celui accompagnant le volontariat associatif de jeunes de 15 à 26/29 ans.
Explicitement sollicité par la journaliste de Franceinfo Carine Bécard et l'éditorialiste du Monde François Fressoz sur l'articulation entre réserve militaire, service civique et service national universel, le Premier Ministre formule la réponse suivante : "Les réservistes, ce sont tous ceux qui auront été formés au fil du temps et accepteront de demeurer engagés, exactement comme le font les sapeurs-pompiers volontaires." Il estime que c'est dans cet esprit que s'inscrive les déclarations du Président de la République, semblant confirmer que volontariat en service civique et SNU devraient à moyen terme contribuer à former de potentiels réservistes dont l'engagement militaire se ferait sur la base du volontariat.