En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation d'un simple cookie d'identification. Aucune autre exploitation n'est faite de ce cookie. OK

Espace Veille de l'UFCV

Chargement en cours…

Espace Veille de l'UFCV

Chargement en cours…
0

Groupes de besoins au collège : un premier bilan négatif

Favoris
Article

Education

Localtis - Banque des territoires

Jean Damien Lesay

17/06/2025

Lire sur le site

collègedécrochage scolaireélèves

Le rapport intermédiaire de l'inspection générale de l'Éducation, du Sport et de la Recherche sur les groupes de besoins au collège pointe le risque de voir les écarts de compétences se creuser entre les élèves et ne relève pas de bénéfice pour les élèves les plus fragiles.


Dans un rapport publié le 16 juin, l'IGÉSR propose un rapport d'étape quant à l'évaluation de la répartition en "groupes de besoins" au collège pour le français et les mathématiques.

  • Pour rappel, cette mesure, portée fin 2023 par Gabriel Attal alors ministre de l'Éducation Nationale, a été mise en oeuvre à partir de la rentrée 2024 dans toutes les classes de 6e et 5e.

 

Des modalités de mise en oeuvre particulièrement hétérogènes

La mise en oeuvre de la mesure se caractérise par des formes diverses, du fait notamment :

  • de la variation du discours public ("groupe de niveaux" sous Attal, puis "groupes de besoins" sous Belloubet, et discours sur la "nécessaire souplesse et adaptabilité dans la mise en œuvre" portés auprès des directeurs d'établissements) ;
  • de la forte opposition syndicale et des débats animés au sein des équipes enseignantes ;
  • d'"aspects organisationnels complexes, liés à des questions de moyens, de ressources humaines et de construction des emplois du temps"

 

Concrètement, ces groupes ont souvent pris la forme soit :

  • de groupes "de niveaux",
  • de groupes hétérogènes (à "hétérogénéité modérée", citent les inspecteurs) en réduisant les effectifs d'élèves,
  • la constitution d'un groupe d'élèves à difficultés issus de plusieurs classes.

 

"Une infime minorité d’établissements a réellement opté pour des groupes de besoins, entendus au sens de la définition susmentionnée, c’est-à-dire constitués en se référant aux acquis des élèves « sur des compétences précises »."

 

Les conclusions du rapport

L'évaluation vient donner corps aux craintes exprimées dès le départ par les chercheurs ou représentants du corps enseignant, à savoir un renforcement des inégalités scolaires.

 

Parmi les constats exprimés :

  • le dispositif n'a "clairement pas bénéficié" aux élèves les plus en difficulté, la constitution des groupes ayant conduit à une baisse des exigences et un allègement des contenus.
  • à l'inverse, le dispositif a bénéficié aux élèves à "faibles besoins" avec qui les enseignants ont pu approfondir certains points du programme.
  • contrairement aux ambitions annoncées, la mobilité d'un groupe à l'autre est quasiment inexistante.

 

Aussi, le rapport souligne que ce modèle fait courir un "risque majeur" quant à l'accentuation des écarts de niveau scolaire.

Ces inégalités scolaires sont un enjeu pour l'ensemble de la société, ces dernières traduisant des inégalités sociales, qui se voient ainsi confirmées et renforcées via l'école.

 

Les inspecteurs généraux plaident pour :

  • Revenir immédiatement au précédent modèle sans "groupes de besoins" en 5e et 6e
  • Insister auprès du ministère de l'Éducation Nationale pour qu'il inscrive "toute politique d’évolution du collège dans une démarche systémique et de long terme"

 

Favoris