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Note VIF | Suivi du Projet de loi visant à lutter contre les fraudes sociales et fiscales (oct. 2025 - mai 2026)
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Le gouvernement souhaite que ce texte soit "débattu au Parlement à la fin du deuxième semestre", expose Catherine Vautrin.
Après l'adoption définitive du texte, les quatre groupes de gauche saisissent le Conseil constitutionnel afin de pointer ce que les députés voient comme des entorses au cadre constitutionnel (une saisine du PS, une autre commun aux groupes écologiste, communiste et insoumis).
La décision de la juridiction suprême sera à suivre de près, notamment au vu des alertes répétées de la Défenseure des droits, peu impactantes sur la discussion législative.
Après les députés, les sénateurs adoptent définitivement le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales le 11 mai.
Il est adopté à 244 voix pour et 99 contre, dans un scrutin à forte présence des parlementaires et forte polarisation droite-gauche (les groupes socialiste, écologiste et communiste ont unanimement voté contre, à l'inverse des autres groupes).
Dans la foulée de la publication du rapport de la CMP, les députés étaient amenés à se prononcer dès le 5 mai.
Le vote solennel s'exprimera en faveur du texte, avec 335 pour, 182 contre et 5 abstentions (votes pour des groupes du MoDem à l'extrême-droite; oppositions des groupes de gauche).
Le texte doit désormais être définitivement adopté le 11 mai, dans l'hémicycle du Sénat.
Réunis en Commission mixte paritaire le 28 avril, 7 députés et 7 sénateurs (2 RN, 4 LR, 1 centriste, 3 macronistes, 3 PS, 1 LFI) ont trouvé un accord sur un texte final du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales.
En synthèse, reprenant les articles précédemment cités dans le suivi de la loi :
Du reste, la CGT et Solidaires pointaient trois amendements du Rassemblement National, adoptés dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, et appelaient à leur retrait. Ces amendements sont les suivants :
À l'issue de la CMP, le contenu des 3 amendements est retiré du texte final. Pour le second néanmoins, les membres de la CMP constatent que les dispositions proposées sont comprises dans l'article 29 dans sa version finale.
Le texte doit désormais être mis à l'ordre du jour du Sénat et de l'Assemblée Nationale pour un vote solennel unique sur l'ensemble du texte.
À quelques jours du verdict de la Commission mixte paritaire, la Défenseure des droits publie un rapport alarmant sur les contrôles des fraudes aux prestations sociales.
Elle document notamment l'intensification de ces derniers, leur automatisation et le recours aux algorithmes. Elle déplore les discriminations que ces algorithmes produisent, via des mécanismes de surcontrôle et dénonce une information insuffisante des allocataires et un non-respect récurrent des droits de la défense cf. espace veille
Sans le formuler explicitement, la Défenseur des droits documente de nombreuses situations problématiques dans le respect des droits des personnes qui ne devraient que s'aggraver avec le projet de loi en cours d'examen.
Deux jours après l'adoption du projet de loi à l'Assemblée Nationale, la CGT publie un communiqué dénonçant "un texte déséquilibré, antisocial et aux teintes xénophobes".
Comme elle l'avait déjà exprimé avant la reprise des débats, elle s'oppose fondamentalement à un texte qui concentre de nombreux moyens vers la fraude sociale tandis qu'il "ignore totalement le principal problème relatif aux droits sociaux, le non-recours aux droits : 34 % pour le RSA, 50 % pour le minimum vieillesse, 30 % pour l’assurance chômage." Aussi, la CGT pointe qu'alors que l'étude d'impact lors du dépôt du projet de loi laissait entrevoir un gain pour les finances publiques de 157 M€, "le gouvernement promet désormais jusqu’à 1,5 milliard d’euros de recettes sans nouvelle étude d’impact, ni preuves d’une quelconque amélioration du recouvrement. Un affichage politique qui ne repose sur rien."
Enfin, si le texte doit son adoption à un soutien unanime des groupes d'extrême-droite, la CGT souligne également que ces forces politiques ont également pu faire passer deux amendements "visant l’instauration d’une obligation déclarative pour les envois de devises des diasporas à l’étranger et permettant la suspension des prestations d’assurance maladie en cas de manquement à la condition de résidence en France. Une dérive qui fait converger mépris des plus précaires et stigmatisation des personnes étrangères, désignées faussement comme principaux boucs émissaires de la fraude."
Aussi, la CGT appelle à faire échec au texte et, à minima, à rejeter en Commission mixte paritaire les dispositions introduites par le Rassemblement National.
L'union syndicale Solidaires, dans son communiqué publié le lendemain, ne dit pas autre chose. Elle dénonce notamment une extrême-droite "toujours ennemie des classes populaires" et l'absence de mesures ambitieuses contre la fraude fiscale dans un texte dont la "mesure emblématique consiste à suspendre pendant 3 mois les allocations chômage en cas d’« indices sérieux de manœuvres frauduleuses »".
Sur ce double standard, le syndicat trace une continuité avec le "décret sanctions" publié en mai dernier cf. espace veille, "c’est donc un nouveau texte qui, s'il est adopté en l'état, validera un acharnement vis à vis des fraudeurs sociaux. Cet acharnement laisse croire qu’il s’agit du problème majeur dans notre société, stigmatise les plus précaires et met un voile sur la fraude fiscale d’un montant évalué à 100 milliards d’euros par an tandis que la fraude sociale ne représente que 10% de ce montant. Loin d’être le fait majoritaire, il faut rappeler plus de la moitié de la fraude sociale est le fait du patronat en raison du travail dissimulé."
Comme convenu et comme attendu, dans un hémicycle quasiment plein, les députés se retrouvaient ce 7 avril pour le vote solennel sur l'ensemble du projet de loi visant à lutter contre les fraudes sociales et fiscales.
Le scrutin penche vers une large adoption du texte (363 pour, 194 contre) avec des votes unanimement favorables a texte du MoDem jusqu'à l'extrême-droite. À l'inverse, chez les 4 groupes de gauche (socialiste, écologiste, communiste et insoumis), aucune voix n'a manqué à l'appel pour s'opposer au projet de loi.
Une Commission Mixte Paritaire (CMP), regroupant 7 députés et 7 sénateurs, doit désormais être convoquée par le gouvernement afin de tenter de s'accorder sur un texte commun à soumettre à l'adoption des deux chambres.
Pour rappel, le Gouvernement espère une adoption définitive du texte dans le courant du mois d'avril. Pour cela, il aura besoin que la CMP soit "conclusive" : c'est à dire qu'elle se mette d'accord sur un texte commun, ce qui raccourcit considérablement la durée d'examen.
Le 1er avril, les députés arrivent enfin au terme de l'examen des amendements sur le projet de loi, avant un vote solennel sur l'ensemble du texte ainsi modifié prévu le 7 avril.
Outre les retours des amendements adoptés avant la trêve municipale (cf. ci-dessous), on notera, comme le craignait la CGT, un texte particulièrement déséquilibré entre fraudes fiscales et sociales et entre acteurs professionnels et individus.
Partants du texte du Sénat composé de 27 articles, le texte bâti par les députés est largement complété pour atteindre 76 articles. Parmi ceux-ci :
Enfin, dans le contenu des mesures, outre celles évoquées plus bas, on relève notamment :
Alors que l'Assemblée Nationale reprenait l'examen du projet de loi ce 30 mars, la CGT se fend ce jour d'un communiqué dénonçant le contenu du texte.
Elle s'indigne d'une cible mise sur la fraude sociale au détriment de la fraude fiscale et, parmi les fraudes sociales, sur la fraude aux allocations et, parmi les fraudes aux allocations, sur celles concernant l'assurance chômage.
Sur ce point en particulier, la centrale syndicale rappelle que la fraude aux allocations chômage concernerait 0,21 % des allocations, là où le non-recours à ces mêmes allocations concerneraient entre 30 % et 42 % des ayants droit.
Les 26 et 27 février, avant la suspension de séance du Parlement du fait des élections municipales, les députés ont pu examiner une majorité des amendements dans l'hémicycle.
Parmi les articles suivis, le 6 (sur les fraudes à la MDPH) n'a pas encore été examiné. Au global, l'examen dans l'hémicycle est allé davantage dans le sens de la Défenseure des droits avec la suppression ou l'atténuation de plusieurs dispositions.
Du reste, on note l'adoption des amendements suivants :
Concernant la suite du texte, l'exécutif espère finaliser l'examen des amendements et du texte global dans la journée de réouverture des travaux de l'Assemblée Nationale, le 27 mars prochain.
En publiant l'agenda des textes qu'il souhaite inscrire à l'ordre du jour du Parlement jusqu'à la fin juillet cf. espace veille, le Gouvernement informe sur les suites du projet de loi.
Alors que le texte est inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale du 24 au 27 février, le Gouvernement espère une adoption dans ces délais en vue de tenir une Commission mixte paritaire dans la foulée. Aussi, l'adoption définitive du texte dans les deux chambres serait attendue dans le courant du mois d'avril.
Dans une interview au Figaro publiée le 6 février, le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou annonce viser, pour le projet de loi de lutte contre la fraude sociale, "une adoption tôt dans le printemps".
"Un texte très enrichi est sorti du Sénat et je pense qu’une majorité va converger à l’Assemblée nationale, estime-t-il. Plus vite cette loi aboutira, plus vite nous pourrons mettre en place les instruments nécessaires pour récupérer l’argent qui a été frauduleusement capté."
Dans un nouveau rapport, le Haut Conseil au financement de la protection sociale (HCFiPS) actualise ses chiffres sans en changer le constat : les fraudes des particuliers restent minoritaires et l'efficacité des contrôles augmente cf. espace veille
Examinée en Commission des affaires sociales de l'Assemblée Nationale le 17 décembre dernier, les députés ont eu l'occasion de s'approprier le texte du Sénat.
Sur les articles précédemment suivis, la plupart des dispositions restent dans la lignée du texte sénatorial, hormis l'article 29 - pointé par la Défenseure des droits - qui est supprimé.
Si les articles 6 (sur la fraude aux MDPH), 13 (sur le versement des allocations chômage sur des comptes bancaires de la zone euro) ou 27 (sur le recouvrement des allocations chômage versées en cas de suspicion de "manoeuvres frauduleuses") ne sont pas largement remaniés, on note parmi les amendements adoptés :
Deux semaines après l'adoption au Sénat, la Défenseure des droits se fend d'un second avis sur le texte. Après avoir déjà exprimé ses craintes concernant l'accès aux droits et l'accentuation du non-recours aux aides, elle estime que les "modifications apportées au projet au cours du débat parlementaire n’ont pas permis de prévenir les risques d’atteintes aux droits. Dans certains cas, les amendements adoptés ont augmenté ces risques."
Dans le détail, l'autorité administrative indépendante dénonce 2 nouvelles mesures :
Le 18 novembre, le projet de loi, présenté dans la chambre haute par les deux rapporteurs Olivier Henno (centriste) et Frédérique Puissat (LR).
En Commission des affaires sociales, le 5 novembre, les sénateurs ont adopté de nombreux amendements dont plusieurs venant des corapporteurs du texte :
Dans l'hémicycle, le 18 novembre, les sénateurs ont adopté de nouveaux amendements dont :
Tous ces amendements modifient ainsi le texte finalement adopté (239 pour, 32 contre), qui peut être transmis à l'Assemblée Nationale.
Dans un avis publié le 31 octobre, moins d'une semaine avant le début de l'examen du texte en Commission au Sénat, le Défenseur des droits alerte sur certaines mesures du projet de loi.
Il cible principalement 5 mesures dont :
Le 14 octobre, les ministres Jean-Pierre Farandou (Travail & Solidarités), Stéphanie Rist (Santé & Familles) et Amélie de Montchalin (Comptes publics) déposent, au Sénat, le projet de loi "relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales".
Rédigé sur la base des travaux déjà engagés par Catherine Vautrin, le texte comporte 27 articles, répartis en 3 titres.
Il contient un ensemble de mesures destiné à octroyer davantage de pouvoir aux institutions fiscales ou de sécurité sociale en matière de contrôle ou de recouvrement. Il vise notamment les fraudes à l'assurance maladie, aux accidents du travail, à l'assurance chômage, aux prestations sociales versées par les départements ou au travail dissimulé.
Titre 1 : Améliorer la détection de la fraude fiscale et sociale
Titre 2 : Adapter les leviers de lutte aux nouvelles formes de fraudes et renforcer les sanctions
Titre 3 : Garantir un meilleur recouvrement des montants soustraits par la fraude
Dans une interview donnée au Parisien le 2 août, la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles Catherine Vautrin - en charge donc de l'ensemble des caisses de sécurité sociale - annonce un plan de lutte contre la fraude dans le cadre d'un projet de loi prévu pour l'automne. Dans sa lutte contre la fraude, la ministre assume prioriser la fraude sociale, qualifiée de "trahison de celles et ceux qui cotisent pour financer notre modèle social", à la lutte contre la fraude fiscale.
Le journal Les Échos, qui affirme avoir eu accès au projet de texte dans un article du 4 août, relaie les chiffres évoqués par la ministre : le manque à gagner pour l'État du fait de la fraude sociale serait évalué à 13 Mds€ en 2024. D'après le Haut-Conseil du Financement de la Protection Sociale, pour cette année, seuls 2,1 Mds€ de fraude sociale auraient été détectés et seulement 0,6 Mds€ auraient été effectivement récupérés.
À titre de comparaison, la fraude fiscale serait évaluée en 2023 à un montant de 60 Mds à 100 Mds€, pour un montant détecté en 2024 de 16,7 Mds€ dont 11,4 Mds€ ont été effectivement récupérés.
Parmi les mesures portées par le texte :
C'est de ce rapport de juillet 2024 du Haut Conseil au financement de la protection sociale que la ministre Catherine Vautrin extrait le chiffre de 13 Mds€ pour la fraude sociale.
Parmi les éléments du rapport qui ne sont pas relayés par la ministre dans ses annonces :