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Assurance-chômage : le retrait sous condition du projet de réforme controversé lancé par François Bayrou
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[Abonnés] Dans une lettre envoyée samedi aux acteurs sociaux, le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, annonce que le projet de durcir les règles d'indemnisation des demandeurs d'emploi, voulu par l'ex-chef du gouvernement, sera abandonné, sous réserve d'une négociation sur les contrats courts et les ruptures conventionnelles.
Comme attendu, le projet de loi sera parvenu à faire un nouveau tour express par la Commission des affaires sociales et l'hémicycle du Sénat - où il est adopté le 18 mai (243 pour, 34 contre) - puis en Commission et hémicycle à l'Assemblée Nationale où son article unique sera, cette fois, adopté le 26 mai (186 pour, 60 contre). Les groupes parlementaires allant du centre à l'extrême-droite ont cette fois répondu présent pour soutenir le texte, face à l'opposition des groupes insoumis, écologiste et communiste.
Malgré les amendements des écologistes, communistes, socialistes et insoumis, le texte ne sera sujet à aucunes modifications. Aussi, si l'Assemblée se prononce favorablement au texte lors de son vote solennel le 2 juin, il sera définitivement adoptée et pourra être promulguée par le Président de la République.
Comme convenu, le projet de loi est repassé par le Sénat, où il a pu être rapidement adopté sans être amendé en Commission des affaires sociales le 13 mai puis dans l'hémicycle le 18 mai.
Il doit désormais repasser par l'Assemblée Nationale et sa Commission des affaires sociales avant d'être examiné dans son hémicycle autour du 2 juin.
Réunie le 28 avril, la Conférence des présidents de l'Assemblée Nationale programme d'ores et déjà la nouvelle inscription du vote sur le projet de loi au 2 juin prochain.
Le texte doit d'ici là être inscrit à l'ordre du jour du Sénat, y être examiné en Commission et dans l'hémicycle puis repasser par la Commission de l'Assemblée Nationale.
Alors que le projet de loi bénéficiait d'un soutien franc de l'ensemble des groupes allant de LIOT et du MoDem à l'extrême-droite et avait d'ores et déjà fait preuve de son soutien majoritaire en Commission, l'examen dans l'hémicycle, le 16 avril, a vu le rejet du texte.
Alors que la journée devait notamment voir les débats autour de la très controversée loi Yadan "contre les formes renouvelées de l'antisémitisme", la désinscription du texte de l'ordre du jour a conduit à voir les bancs de la droite et l'extrême-droite se vider.
Aussi, lors de l'examen du projet de loi relatif à l'assurance chômage, les amendements de suppression de l'article unique déposés par les groupes communiste, écologiste et insoumis ont pu être adoptés confortablement, malgré un soutien limité aux trois groupes en question. Aussi, le texte est rejeté à 77 voix (53 LFI, 18 écolo, 3 communistes) contre 32 voix (dont 12 des groupes d'extrême-droite). Les socialistes se sont une nouvelle fois abstenus sur le sujet (8 voix).
Courroucé par le manque de soutien de ses alliés parlementaires, l'exécutif prévoit d'inscrire rapidement le texte au Sénat afin d'obtenir une seconde lecture à l'Assemblée Nationale, où il espèrera davantage d'assiduité dans ses troupes.
Le 7 avril, la Commission des affaires sociales nomme le député LR et rapporteur du budget de la sécurité sociale, Thibault Bazin, en tant que rapporteur du projet de loi.
Dès le lendemain, le texte est examiné et adopté en Commission. L'ensemble des amendements des groupes écologiste, communiste et insoumis, visant à supprimer le texte ou, à minima, en amoindrir les effets (exclure les plus de 55 ou 57 ans du dispositif, retarder son entrée en vigueur), sont tous rejetés.
L'examen dans l'hémicycle est d'ores et déjà prévu pour le 16 avril. Pour rappel, si aucun amendement n'est adopté dans l'hémicycle puis adopté, il aura été voté dans les mêmes termes qu'au Sénat et sera donc définitivement adopté.
Au terme d'un examen éclair, le Sénat a adopté, en Commission le 31 mars puis en séance le 1er avril, le projet de loi.
Le groupe écologiste avait porté un amendement de suppression de l'article unique, mais ce dernier n'aura été soutenu que par les écologistes, communistes et une partie du groupe de centre-gauche RDSE.
En miroir avec ce vote d'amendement, le texte est finalement adopté à une large majorité des voix, faisant l'unanimité chez Les Républicains, les Centristes, macronistes et Horizons. Écologistes et communistes se sont opposés, comme une part de RDSE, tandis que les socialistes se sont unanimement abstenus sur le texte comme sur l'amendement de suppression.
Fort d'un accord définitivement entériné par les représentants patronaux (Medef, U2P, CPME) et syndicaux (Cfdt, CFTC, FO), le ministre du Travail annonce mettre prochainement en oeuvre les dispositions relatives à l'assurance chômage. Dans un communiqué du 25 mars, le ministère annonce avoir présenté ce jour en Conseil des ministres le projet de loi dédié, qui vise à être définitivement adopté au Parlement dès le mois d'avril.
Ce même jour, le Gouvernement - en la personne de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail & des Solidarités - dépose son projet de loi au Sénat. Le sénateur LR Laurent Burgoa est désigné rapporteur du texte.
Juridiquement, ce dernier est composé d'un seul très court article modifiant l’article L. 5422-2 du code du travail, qui porte sur les conditions permettant le raccourcissement de la période d'indemnisation par l'allocation chômage, y rajoutant donc les salariés ayant bénéficié d'une rupture conventionnelle.
Les nouvelles durées ne sont pas précisées et se trouvent, de fait, renvoyées à un décret de l'exécutif.
Dans un avis publié le 19 mars, le Conseil d'État - saisi par l'exécutif - estime que l'accord conclu entre les représentants patronaux et syndicaux "ne se heurte à aucun autre obstacle d’ordre constitutionnel ou conventionnel". Il confirme par ailleurs le besoin d'inscrire cet accord dans une loi.
Dans un "panorama statistique sur les ruptures conventionnelles" publié dès le lendemain de l'accord, l'Unédic replace quelques données chiffrées concernant l'usage des RCI.
Outre les éléments statistiques déjà évoqués, on relève les éléments suivants :
Aussi, l'Unédic rappelle que contrairement au vote des députés en première lecture cf. espace veille, le PLFSS 2026 a majoré l'indemnité que l'employeur doit à l'employé bénéficiant d'une RCI. Soumise à une taxe spécifique de 30 % depuis septembre 2023, le PLFSS 2026 monte cette part à 40 %. La mesure vise notamment à alourdir le coût des RCI pour les employeurs.
Le 26 février, le ministère du Travail se félicite de l'accord trouvé par les partenaires sociaux la veille, relatif aux ruptures conventionnelles et à l'assurance chômage, remplissant plus que l'objectif ciblé par l'exécutif avec 500 M€/an d'économies en moyenne puis 1 Md€/an "en régime de croisière" à partir de 2030.
Conformément à la demande de l'exécutif, l'accord porte sur les ruptures conventionnelles individuelles (RCI), permettant à l'employeur et au salarié de rompre un contrat de travail à l'amiable, moyennant une indemnité de départ et une ouverture de droits à l'assurance chômage pour le salarié. Créé en 2008 à la demande du patronat, afin de flexibiliser le marché du travail, le dispositif a connu une montée en puissance progressive.
Concrètement, sur le contenu de l'accord, en cas de rupture conventionnelle individuelle :
Le 25 février, les représentants d'employeurs et de salariés s'accordent sur cette réforme. Cet accord est signé par les négociateurs des trois organisations patronales (Medef, U2P, CPME), qui l'annoncent dans un communiqué commun, comme ceux de la CFDT et la CFTC côté salariés, rejoints par Force Ouvrière quelques jours plus tard.
Les oppositions ont donc été du côté de la CFE-CGC et de la CGT.
Hors des 3 organisations patronales et 5 organisations syndicales représentatives au niveau national, d'autres se sont prononcées sur l'accord :
L'accord doit encore être validé par les négociateurs doit encore être validé par les organisations patronales et syndicales d'ici au 23 mars.
Une fois entériné, l'accord nécessitera une transcription législative : un projet de loi devra être porté par le Gouvernement et inscrit à l'ordre du jour du Parlement.
Une fois adoptée, la réforme telle que chiffrée dans l'accord devrait connaître une montée en puissance progressive : 20 M€ d'économies la 1ère année, 270 M€ la seconde, 760 M€ la troisième, pour un rythme de croisière à 940 M€ d'économies pour l'État par an à partir de la 5ème année.
Le 15 juillet dernier, le Premier Ministre d'alors François Bayrou faisait des annonces budgétaires incendiaires, faisant bondir les oppositions, syndicats, patrons ou élus locaux.
Parmi ces annonces figurait une réforme de l'assurance chômage, inscrite dans les pas du gouvernement Attal cf. espace veille
Face à la levée de boucliers, Bayrou avait invité les syndicats et représentants du patronat à ouvrir une négociation sur les règles d'indemnisation de l'assurance chômage, via une lettre de cadrage transmise le 8 août.
Sollicité par les syndicats et représentants patronaux (hors Medef) dans un courrier du 14 novembre dernier, le Premier Ministre a répondu, via son ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, ce samedi 29 novembre.
Il s'engage ainsi dans un courrier transmis durant le weekend à retirer la demande de négociation sur l'assurance chômage, mais seulement à plusieurs conditions :
L'annonce se trouve ainsi en demi-teinte : en cas d'échec des négociations, l'exécutif laisse entendre qu'il n'hésiterait pas à trouver les économies recherchées via un nouveau tour de vis sur l'indemnisation des demandeurs d'emploi.
Par ailleurs, on relèvera que la ministre de la Santé & des Familles Stéphanie Rist - qui partage nombre de ses missions avec le ministre du Travail autour de la sécurité sociale - avait déposé une proposition de loi contenant les principaux axes de la réforme de l'assurance chômage, juste avant d'être nommée au gouvernement cf. espace veille