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Proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation des réseaux sociaux
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Proposition de loi de la députée Renaissance Laure Miller visant, dans la continuité de la Commission d'enquête sur Tiktok, à restreindre l'accès au réseaux sociaux pour les mineurs.
Dans l'hémicycle du Sénat, le 31 mars, le Sénat a adopté en première lecture l'ensemble du texte, qui part donc en Commission Mixte Paritaire où 7 députés et 7 sénateurs seront chargés de rédiger une version commune du texte. En cas d'accord, cette version sera soumise aux deux chambres du Parlement pour un vote en bloc, sans possibilité d'amender.
Car la version sénatoriale diffère effectivement de celle votée à l'Assemblée Nationale. Le 31 mars, les sénateurs et sénatrices ont notamment adopté les amendements suivants :
Suite à la Commission Mixte Paritaire, l'exécutif espère une adoption définitive de la proposition de loi d'ici à la fin du mois d'avril.
Le point d'achoppement majeur pour la suite des débats réside dans l'amendement adopté par la rapporteure Christine Morin-Desailly en Commission : il pose un débat juridique sur la rédaction qui serait - ou non - accepté par la Commission européenne, alors que cette dernière doit s'exprimer dans un avis... qui ne serait connu que dans plusieurs semaines.
Dans l'hémicycle, la ministre du Numérique Anne Le Hénanff a bataillé pour revenir à la version initiale de l'article 1 interdisant l'ensemble des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, arguant que seule cette rédaction serait acceptée par la Commission européenne. Le sénateur Laurent Lafon, président de la Commission en charge des sujets éducatifs, lui a tenu la réplique en précisant avoir été contacté par la direction générale du commerce et de la sécurité économique de la Commission européenne, qui lui aurait dit "clairement que l’existence d’une liste ne posait pas de problème en termes de conventionalité".
Examinée le 25 mars, la proposition de loi sera largement adoptée en Commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport du Sénat.
Trois amendements ont été adoptés :
En publiant l'agenda des textes qu'il souhaite inscrire à l'ordre du jour du Parlement jusqu'à la fin juillet cf. espace veille, le Gouvernement informe sur les suites de la proposition de loi.
Alors que le Sénat a désigné la séntrice centriste Catherine Morin-Desailly comme rapporteure du texte le 10 février, l'exécutif annonce souhaiter une adoption du texte au Sénat dans le courant du mois de mars. Une Commission mixte paritaire devrait se tenir dans la foulée pour une adoption définitive du texte dans les deux chambres en avril.
Comme prévu, lors de la niche parlementaire du groupe Ensemble pour la République, la proposition de loi Miller a été discutée dans l'hémicycle.
Dans la nuit du lundi au mardi, la proposition de loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux avant 15 ans et des téléphones portable au lycée, est adoptée à une large majorité (130 pour, 21 contre). Seuls les députés LFI et deux députées écologistes (dont la présidente de groupe Cyrielle Chatelain) se sont opposés au texte.
Parmi les amendements adoptés :
Dans une tribune publiée dans Le Monde le dimanche 25 janvier, le collectif Ctrl+alt+reclaim, composé de jeunes européens (17-26 ans) engagés en faveur des droits numériques et la participation des jeunes aux décisions en la matière, déplore tant le fond de la proposition de loi que la façon dont elle est discutée dans le débat public.
Sur le fond, si le collectif reconnaît les "impacts destructeurs des réseaux sociaux sur nos vies", il qualifie la mesure d'interdiction de "mesure aveugle, au pire dangereuse, au mieux inefficace." Les jeunes européens rappellent que les dangers liées aux réseaux sociaux et leurs algorithmes concernent l'ensemble de la population, et appellent à une triple approche : "éducative, coercitive [envers les plateformes] et constructive."
"Enfin, interdire compromet notre éducation, écrivent-ils. Les réseaux sociaux sont devenus un espace central de notre vie publique, profondément ancré dans nos expériences quotidiennes. Malgré leurs dérives, ils structurent nos amitiés, nos engagements, nos découvertes, parfois constituent des refuges. [...] Le concept de réseau social n’est pas mauvais en soi. La version imposée par les géants du numérique l’est."
Aussi, Ctrl+alt+reclaim appelle les responsables publics à ne pas s'enfermer dans un "faux dilemme" présentant l'interdiction comme seule solution et à ne pas "exclure les jeunes des discussions et de l'espace numérique".
La semaine précédent l'examen de la proposition de loi dans l'hémicycle, l'exécutif se rangera finalement derrière la proposition de loi du groupe Ensemble pour la République, dont le texte s'est trouvé, suite à l'avis du Conseil d'État, recentré sur les deux mesures initialement souhaitées pour le texte gouvernemental.
Ce soutien s'est notamment incarné, le 22 janvier, par une sortie publique commune de Laure Miller et de la ministre Anne Le Henanff au service d'addictologie d'Amine Benyamina, proche de l'Élysée. Le Président de la République s'engagera aussi lui-même par une vidéo de soutien à l'initiative parlementaire dans une vidéo dévoilée par BFMTV le 24 janvier.
Il y annonce notamment que le gouvernement a enclenché, la veille, la procédure accélérée sur cette proposition de loi. Loin d'être symbolique, cette procédure implique que la proposition de loi n'aura qu'à passer une seule fois en Sénat avant la potentielle commission mixte paritaire, au lieu des 3 allers-retours de la navette parlementaire prévus par la loi en cas de désaccords des deux chambres.
Le 14 janvier, en Commission des affaires culturelles et de l'éducation, saisie sur le fond, la proposition de loi a été en partie remaniée puis adoptée par les députés. C'est cette dernière version qui sera examinée dans l'hémicycle le 26 janvier prochain.
Parmi les amendements adoptés :
Dans son avis juridique, rendu public le 13 janvier, le Conseil d'État conforte la proposition de loi de Laure Miller :
Concernant les précisions juridiques à apporter, le Conseil d'État pointe :
Enfin, le Conseil d'État émet ses doutes les plus appuyés sur deux dispositions :
Présentée au Conseil supérieur de l'éducation (CSE), réuni en urgence le 7 janvier, la mesure d'interdiction des téléphones portable au lycée présente dans le texte du gouvernement est largement rejetée par les syndicats.
Sur 71 voix exprimées, on compte 60 voix contre, 7 abstentions et seulement 4 pour. Du côté syndical, seule la CFE-CGC s'est prononcée en faveur du texte. Du côté des parents d'élèves, la FCPE comme la Peep se sont opposés à la mesure.
Comme les représentants syndicaux l'ont fait entendre les jours et semaines précédentes, les motifs de refus touchent à la fois à la question éducative, au ciblage jugé inopportun sur le temps scolaire, à la faisabilité technique ou à l'instrumentalisation politique de ces débats par le camp présidentiel.
Mercredi 31 décembre, Franceinfo dévoile les deux articles du projet de loi du gouvernement qui, bâti de façon accélérée, sera examiné par le Conseil d'État le 8 janvier afin d'être prêt à être inscrit à l'agenda avant celui des parlementaires du groupe présidentiel.
Le texte contiendrait 2 mesures, également présentes dans le texte de Laure Miller :
Le même jour, le journal Le Monde rappelait certaines des oppositions syndicales sur l'extension de l'interdiction des téléphones portables au lycée :
Lors de sa réunion du 17 décembre, la Commission des affaires culturelles et de l'éducation nomme formellement Laure Miller en tant que rapporteure de son texte, qui sera examiné dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale le 26 janvier.
L'examen en Commission est prévu le 13 janvier.
Le 18 novembre, la députée Renaissance Laure Miller dépose une proposition de loi visant à "protéger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation des réseaux sociaux".
Ce texte s'inscrit dans la continuité de la Commission d'enquête sur Tiktok - dont la députée assurait la fonction de rapporteure et le député socialiste Arthur Delaporte celle de président - et vise à mettre en oeuvre plusieurs des recommandations portées par son rapport.
Si les conclusions communes aboutissaient sur les dangers liés à l'algorithme proposé par la plateforme, plusieurs mesures d'interdiction d'accès aux réseaux sociaux avaient fait débat avec l'opposition du président socialiste.
Aussi, le texte, qui explore majoritairement des solutions coercitives, bénéficie d'un soutien majoritairement positionné à droite :
Il est à noter que le fort engagement de Gabriel Attal sur le sujet s'inscrit dans le contexte de sa concurrence politique avec le Président de la République. Les deux hommes marquent depuis plusieurs années leurs volontés d'intervenir sur les questions éducatives, et le thème des écrans plus particulièrement ces dernières années.
- Emmanuel Macron a commandé plusieurs études relatives à l'impact des réseaux sociaux sur les enfants, a mentionné le sujet en commandant la convention citoyenne sur les temps de l'enfant et réalise depuis octobre un tour de France sur le thème "démocratie et réseaux sociaux".
- L'ex-Premier Ministre avait de son côté fortement investi les sujets éducatifs à Matignon après son passage à l'Éducation Nationale, a récemment créé une association de lutte contre le harcèlement scolaire et a pris de nombreuses positions en faveur de l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs ces derniers mois, notamment avec - lui aussi - de nombreuses réunions publiques dédiées, organisées "avant la tournée du Président" assure l'entourage d'Attal.
Alors que cette mesure est soutenue par 73 % des Français et trouve des échos sur les différents bancs de l'hémicycle, chacun des deux personnages cherche à s'attribuer une victoire politique.
Aussi, bien que le texte de Laure Miller ait été annoncé de longue date, le Président de la République annonce mi-décembre souhaiter déposer un projet de loi d'origine gouvernemental sur le même sujet. Ce second texte, travaillé par la ministre du numérique Anne Le Hénanff (Horizons), bien qu'avec la participation forte de l'Élysée, devrait être présenté courant janvier.
Pour actions de prévention :
Sur les volets coercitifs vis-à-vis des jeunes et des familles :