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Publication du Projet de loi de Finances pour 2026 - Programme 305 relatif à l'ESS
PLF 2026budget 2026politiques publiquesESS (Economie Sociale et Solidaire)associations
Le mardi 14 octobre, le projet de budget de l'État a été publié sur le site du ministère de l'Économie et des Finances. Il contient notamment les montants alloués aux différentes missions et programmes du budget de l'État, avant le début de sa discussion au Parlement.
Comme pouvait le craindre les acteurs non-lucratif, la préservation de leur enveloppe lors de l'adoption du Projet de loi de Finances 2026 ne garantissait pas, dans les faits, un maintien de la ligne.
Après les annonces du printemps et l'impact économique, notamment, de la guerre en Iran, l'exécutif avait annoncé souhaiter réaliser 6 Mds€ d'économies supplémentaires sur les dépenses publiques, en cours d'année.
Si la ligne avait été maintenue à 18 M€ dans le PLF 2026 (contre 26,7 M€ en 2025 mais 12,3 M€ dans le projet de budget), l'exécutif compterait raboter immédiatement la ligne de 4 à 7 M€.
"L’annonce imminente d’une réduction des crédits dédiés à l’ESS de plus de 30% se traduira par la fragilisation des réseaux qui accompagnent les entreprises et organisations de l’ESS déjà en difficulté et faisant déjà face à de nombreuses suppressions d’emploi (10 000 au deuxième semestre 2025)", s'offusque ESS France qui, en réaction, suspend sa participation à l'élaboration de la stratégie nationale ESS.
Alors que le Premier Ministre actionnait, le 23 janvier, le 49-3 sur la partie "Dépenses" du PLF 2026, ESS France "exprime une première satisfaction" dans un communiqué.
Il souligne notamment avoir confirmation que les crédits retirés à l'ESS dans le projet initial du gouvernement ont été rétablis par amendement dans le texte retenu. "La prudence reste néanmoins de mise, il faudra en effet mesurer l’impact de l’ensemble des mesures de la loi de finances, de même que la mobilisation pour confirmer l’absence d’annulation de crédits", termine la tête de réseau.
Lors de l'examen en nouvelle lecture du PLF en Commission des finances, et alors que les sénateurs avaient maintenu la proposition de l'exécutif, les députés - par l'amendement de Charles Fournier (écolo) - votent le rétablissement des 7,5 M€ de crédits de soutien à l'économie sociale et solidaire.
Le 18 novembre, la Commission des finances de l'Assemblée Nationale examinait les crédits de la mission "Stratégies économiques".
Parmi les amendements adoptés :
Parmi les amendements rejetés :
Suite à sa présentation lors du premier conseil des ministres le lundi 13 octobre, le projet de loi de finances pour 2026 ainsi que les "bleus budgétaires" donnant le montant pour chaque mission et programme du projet de budget de l'État sont publiés.
Au global, le programme 305 relatif aux "Stratégies économiques" perd 30 M€ (-3 %).
À noter que, si la discussion parlementaire doit encore avoir lieu et que cette discussion a davantage de chances d'être impactant du fait de l'engagement du Premier Ministre de ne pas recourir au 49-3, ces débats restent fortement limités.
Du fait de l'article 40 de la Constitution, les députés et sénateurs ne sont pas autorisés à déposer d'amendements induisant des charges nouvelles pour l'État. Aussi, les parlementaires ne pourront qu'au mieux proposer de nouvelles répartitions au sein de l'enveloppe 305 (666 M€), mais ne pourraient pas en réhausser son montant sans accord de l'exécutif.
Réaction des associations
Dans un communiqué du 20 octobre, l'UNAT s'inquiète de la baisse significative des fonds alloués au soutien à l'ESS : "Le tourisme social et solidaire est le tourisme de l’ESS : un tourisme à but non lucratif, qui met en tension de façon originale finalités et moyens, et qui porte des pratiques et valeurs coopératives ancrées sur les territoires. Pour les structures de l’Unat, cette coupe budgétaire fragilise directement les emplois locaux et les activités touristiques à fort impact social et territorial."
De son côté, ESS France dénonce "un désengagement injustifiable de l’État vis-à-vis de l’économie sociale et solidaire (ESS)". Outre la coupe de -54 % du budget directement alloué à l'ESS, la tête de réseau relève les coupes dans les "programmes essentiels à la cohésion sociale et à l'accès aux droits fondamentaux" sur l'insertion, la jeunesse, vie associative, l'aide au développement, dont les politiques sont majoritairement portées par des structures non-lucratives.
ESS France insiste sur sa déception vis-à-vis du contexte, alors que le monde associatif s'est largement mobilisé le 11 octobre cf. espace veille et que la France s'apprête à accueillir le Global Social Economy Forum à Bordeaux fin octobre. "C’est aussi un enterrement de première classe de la stratégie nationale de développement de l’ESS demandée par l’Europe à la France cf. espace veille Car sans moyens, l’ESS dépérira."