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Homo, bi et non binaires : quand les jeunes questionnent l'hétérosexualité

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Article

Education

INED

Tania Lejbowicz;Wilfried Rault;Mathieu Trachman;Equipe Envie

Population & Sociétés - n°632 - 4 p.

05/05/2025

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rapport/étudegenresjeunesLGBTIsexualité

En France, les minorités sexuelles sont aujourd'hui plus visibles et davantage reconnues socialement. Des catégorisations qui concernent la sexualité (pansexualité, asexualité…) ou le genre (trans, non binaire) sont apparues. À partir de la nouvelle enquête Envie (encadré 1), les auteur·rices analysent la place des minorités sexuelles dans la jeunesse ainsi que leurs trajectoires sexuelles et intimes.


Issue de l'enquête Envie, menée par l'Ined depuis 2023 sur les attirances, pratiques et identifications sexuelles, la note publiée par l'Ined début mai s'intéresse aux orientations sexuelles des jeunes de 18 à 29 ans.

 

Principaux enseignements :

  • L'identification des jeunes à l'hétérosexualité en net recul chez les jeunes femmes :
    • En 2015, 97% des jeunes femmes (20-29 ans) se disaient hétérosexuelles contre 84% en 2023 (98% et 93% chez les jeunes hommes)
    • En 8 ans, le nombre de jeunes femmes ne se disant pas hétérosexuelles a été multiplié par 5 ; par 4 chez les jeunes hommes.

 

  • Cette évolution est principalement portée par la forte hausse de la bisexualité (ou pansexualité = attirance pour une personne quel que soit son genre)
    • En 2023, 14% des jeunes femmes sont bisuexuelles ou pansexuelles, contre 2% en 2015 (4% contre 0,5% pour les jeunes hommes)
    • Le constat est plus marqué encore lorsque l'on interroge sur les "attirances au cours de la vie". En 2023, 37% des jeunes femmes déclarent des attirances pour les deux sexes, contre 7% en 2015 (18% et 2% pour les jeunes hommes).
    • Chez les jeunes femmes, les identifications non-hétérosexuelles se déclarent davantage chez les femmes les plus jeunes (22% des 18-21 ans ; 19% des 22-25 ans ; 13% des 26-29 ans).
      • "On peut y voir un effet générationnel : ces femmes appartiennent aux cohortes ayant vécu leur adolescence pendant la montée du mouvement #MeToo en France (dès 2018) qui, au-delà de la dénonciation des violences sexuelles, a aussi questionné la norme hétérosexuelle. On peut aussi y voir un effet « d’âge » : on ne sait pas encore si ces identifications aux âges jeunes changeront avec l’avancée en âge."
    • "On assiste ainsi à une évolution profonde qui ne concerne pas uniquement les personnes s’identifiant comme homo, bi ou pan. L’idée que le désir soit orienté vers un sexe et un seul est de moins en moins la norme, en particulier chez les femmes."

 

  • L'étude souligne par ailleurs les résultats "inédits" obtenus par l'enquête concernant le % de personnes homosexuelles qui n'ont eu qu'uniquement des partenaires de même sexe (36 % des lesbiennes, 45 % des gays)
    • "Le pourcentage élevé de parcours centrés uniquement sur les partenaires de même sexe est inédit. Dans des contextes de moindre visibilité des homosexualités, notamment féminine, il était rare de n’avoir eu que des partenaires de même sexe."

 

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