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Baromètre Ipsos/SPF 2025 : des millions de Français dans la crainte du lendemain

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Solidarité

Secours populaire

Olivier Vilain

11/09/2025

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L'année 2025 est encore une période difficile pour de très nombreux Français. C'est l'enseignement principal du 19e baromètre de la pauvreté et de la précarité réalisé par Ipsos pour le Secours populaire français. Chaque année depuis 2007, ce questionnaire* livre un état des lieux des difficultés, des privations et de la vulnérabilité sociale des Français.


Le 11 septembre, le Secours populaire publiait sa 19ème édition du baromètre de la pauvreté et de la précarité, sur la base d'un sondage conduit par Ipsos/BVA auprès d'un échantillon représentatif de la population française et d'un autre de la population européenne.

Retrouvez les notes relatives aux baromètres 2024 cf. espace veille, 2023 cf. Diaporama et 2022 cf. Diaporama

 

Principaux résultats

  • Le seuil de pauvreté subjectif s'affiche à 1 404 € en Île-de-France, 1 295 € dans le reste du pays.
    • À titre de comparaison, le SMIC net est à 1 426,30 € depuis le 1er novembre 2024.
  • 20 % des français s'estiment en situation précaire ("une dépense imprévue peut vous faire basculer"). Un indicateur en diminution depuis la sortie de crise sanitaire (27% en 2022, 24% en 2024)
  • Les situations de précarité s'expliquent essentiellement par les sondés par :
    • Des revenus insuffisants (71 %)
    • Des dépenses imprévues importantes (38 %, +7 % par rapport à 2024)
    • Un problème de santé physique (18 %)

 

Revenus

  • Concernant leurs budgets, les revenus de 33 % des français "permettent juste de boucler" leur budget, tandis que 15 % vivent à découvert
  • Parmi ceux qui travaillent, 30 % estiment que leur salaire ne permet pas de faire face à l'ensemble des dépenses

 

Projections vers l'avenir et comparaisons générationnelles

  • 34 % estiment "plutôt important" ou "très important" le risque de basculer dans la précarité dans les prochains mois. Un chiffre en diminution depuis l'après-covid (45% en 2023, 40% en 2024)
    • Pour autant, le pessimisme pour les générations futures ne suit pas cette tendance : 59 % - dont 67 % des parents - estiment que le risque de pauvreté de la génération suivante sera un peu plus élevé ou beaucoup plus élevé
  • Aussi, par rapport à la situation de leurs parents, les français estiment avoir davantage de difficultés à accéder à un emploi stable (59 %, +2 % par rapport à 2024), à des services de santé (50 %, +1 %), à un logement décent (46 %, +2 %), à des vacances (45 %, +3 %) ou à des loisirs (40%, +3 %).
    • Ces craintes sont là aussi encore plus fortes lorsque l'on demande aux sondés de se projeter pour la génération suivante. Ils estiment qu'il sera plus difficile d'accéder à un emploi stable (73 %, +2 %), à des services de santé (70%, +2 %), à un logement décent (64%, -1 %), à des vacances (56%, +0 %) o u à des loisirs (50 %, -2 %).

 

Concernant spécifiquement les jeunes (18-34 ans)

  • Lorsqu'on les interroge sur "votre situation actuelle" et "votre avenir", 86 % évoquent un sentiment négatif, les termes arrivant en tête étant l'angoisse (50 %), la confiance (36 %) et le désespoir (22 %). 56 % évoquent néanmoins des sentiments positifs.
  • Chez les jeunes aussi, les premières activités pour lesquels ils rencontrent des difficultés financières sont les activités culturelles ou de loisirs (56 % des jeunes en témoignent).
  • 43% des étudiants estiment que leur situation (financière, logement, ...) est difficile. 60 % ont un emploi rémunéré en parallèle ou en recherchent un.
  • 25 % des jeunes actifs estiment que leur salaire ne permet pas de subvenir financièrement à leurs besoins.
  • Lorsqu'on leur demande les causes dans lesquels ils seraient prêts à s'engager, les 18-34 ans mettent en tête "L'enfance, la jeunesse et l'éducation" (26 %) et "La défense des animaux" (26 %).
  • Concernant leur santé mentale, "ces derniers temps" ...
    • 27 % se sont sentis plus tendus / stressés que d'habitude,
    • 25 % ont davantage manqué de sommeil à cause de leurs soucis que d'habitude.
    • Aussi, 20 % ont, plus que d'habitude, eu le sentiment de ne pas pouvoir surmonter ses difficultés, s'est senti malheureux ou déprimé, s'est senti isolé ou a perdu confiance en lui.

 

Conséquences des situations de pauvreté

  • Lorsqu'on les interroge sur les difficultés financières pour accéder à certaines activités, 49 % des sondés répondent "Partir au moins une fois par an en vacances", un chiffre qui atteint 70 % pour les foyers ayant un revenu net inférieur à 1 400 €/mois.
  • Les personnes rencontrant des difficultés à boucler leur budget témoignent également de l'impact de leur situation sur leur santé mentale.
    • 84 % passent beaucoup de temps à calculer leurs dépenses
    • 74 % se sentent tristes, déprimés ou désespérés (+2 % par rapport à 2024)
    • 69 % ressentent de l'anxiété ou de la peur (-6 %)
    • 61 % se sentent isolés socialement (+1 %)

 

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