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Nouvelle donne au Conseil économique, social et environnemental

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Le Monde.fr

Bertrand Bissuel

27/02/2026

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CESEdémocratieassociationsentreprisesyndicatssociété civile

Un décret pris mercredi modifie la composition de l'assemblée située au Palais d'Iéna à Paris. ATD Quart Monde fait son retour tandis que Les Amis de la Terre sont évincés, ce qui suscite la colère de cette association : elle va engager un recours devant le Conseil d'Etat.


5 mai 2026. Un large panel d'acteurs de l'ESS siégeant au CESE appuie son soutien à Claire Thoury

Dans un communiqué commun publié le 5 mai, 28 organisations de la société civile siégeant au CESE - dont toutes les têtes de réseau de l'ESS (Mouvement Associatif, Mutualité Française, centre français des Fonds et Fondations, CG Scop et Udes) - témoignent de leur soutien à la candidature de Claire Thoury à la présidence de l'instance.

 

"Ce soutien repose d’abord sur une conviction simple : le CESE doit pleinement assumer sa vocation de chambre des corps intermédiaires et de la société civile organisée et faire toute sa place aux forces vives qui structurent le pays", écrivent-elles, soulignant en creux que le signal pluraliste incarné par la candidature de la présidente du Mouvement Associatif ne se retrouve pas nécessairement chez la candidate du Medef, représentant les chefs d'entreprises. Aussi, les organisations notent qu'"alors que notre Conseil célèbre son centenaire, un constat demeure : aucune femme n’a jamais présidé cette assemblée et jamais une personnalité issue du monde associatif n’en a pris la tête. L’élection de Claire Thoury constituerait un signal fort qui marquerait la reconnaissance de la place de l’initiative citoyenne pour l’intérêt général pour un CESE toujours plus fidèle à sa mission et à sa composition."

 

Le verdict est attendu le 20 mai.

 

30 mars 2026. Les syndicats réunis derrière la candidature de Claire Thoury

Alors que s'approche les dates d'installation du CESE pour sa nouvelle mandature et d'élection de sa présidence (20 mai), la majorité des syndicats exprime son soutien à la candidature de Claire Thoury à la présidence de chambre parlementaire de la société civile.

Dans un communiqué du 30 mars, la Cfdt, la CGT, Force Ouvrière, la CFE-CGC, l'Unsa et la FSU plaident pour la dirigeante associative : "Nous nous reconnaissons dans la candidature de Claire Thoury parce qu'elle incarne cette démarche. Conseillère du CESE, elle en connaît en profondeur le fonctionnement et a été l'une des artisanes de la réforme de 2021. Elle a conduit des travaux exigeants, convention citoyenne, rapport sur l'état de la France, avis sur la jeunesse et la démocratie, avec méthode, rigueur et une attention constante à ce que les mots produisent des effets concrets."

 

Le soutien des syndicats se comprend certes par des proximités d'opinions avec la sociologue, mais également au regard de la seule autre candidature déclarée pour présider l'instance : Dominique Carlac'h, vice-présidente du Medef.

 

On notera par ailleurs que, parmi les syndicats signataires, tous siègent au CESE (cf. répartition ci-dessous). Il manque néanmoins les signatures de la CFTC, l'un des 4 syndicats représentatifs au niveau national et interprofessionnel (4 sièges), mais également l'Union syndicale solidaires (2 sièges).

 

26 février 2026. Le Premier Ministre acte de la composition du CESE pour la mandature 2026-2031

Par un décret publié le 26 février, le Premier Ministre actualise la répartition des 175 sièges au CESE, alors que la nouvelle mandature 2026-2031 doit démarrer le 1er avril.

 

La composition du CESE pour la prochaine mandature

Au sein des 4 blocs représentant les syndicats, les entreprises et les associations de la cohésion sociale d'une part et de la protection de l'environnement, les équilibres n'évoluent pas. On notera la place gagnée par l'éducation populaire et le retour d'ATD Quart Monde au CESE.

 

Du côté des 45 organisations représentatives de la "cohésion sociale et territoriale et de la vie associative" :

  • Le Cnajep, représentant les associations de jeunesse et d'éducation populaire dont l'UFCV, passe d'1 à 2 sièges (+1)
    • Le Cnajep récupère le siège jusqu'ici dévolu au Forum français de la jeunesse (FFJ), en sommeil depuis plusieurs années.
  • L'Unaf (associations familiales) passe de 6 à 7 sièges (+1) et doit désormais nommer au moins une personne représentant le grand âge et une représentant les aidants.
    • Ce siège "en plus" compense la place perdue par la Compagnie des aidants (association marquée par le décès de sa présidente Claudie Kulak en novembre 2024 puis par la condamnation en justice de son successeur et mari pour le détournement de plus d'1 M€ d'argent public par l'intermédiaire de l'association).
  • Certaines associations font leur entrée (ou leur retour) au sein du CESE en obtenant 1 siège : c'est le cas d'ATD Quart Monde, Banlieues santé, Fondation Travailler Autrement, Les déterminés ou l'Union Étudiante (au détriment de l'Unef).
    • À l'inverse, d'autres quittent l'instance : France Tiers-Lieux, Mozaïk RH, Nos quartiers ont du talent, Tous en stage, l'Unef.
  • Au global, de nombreuses associations, instances et collectifs conservent leurs sièges : collectif handicap (1), collectif Alerte (1), CNOSF (1), CNCPH (1), CNAPE (1), Croix-Rouge (1), FAGE (1), France Assos Santé (1), France Victimes (1).
    • Le Mouvement associatif perd 1 siège. Il reste à 8, mais intègre le siège de l'association Citoyenneté possible, tandis qu'un autre des 8 reste dévolu au Centre français des Fonds et Fondations.
    • Les associations et organisations représentatives des territoires ultramarins et Nouvelle-Calédonie restent au nombre de 8 et désignés par le ministère des Outre-mer (4 pour l'océan Atlantique, 2 pour l'océan Indien et 2 pour l'océan Pacifique).

 

Concernant les 26 représentants au titre de la protection de la nature et de l'environnement :

  • Quittent l'instance : l'Institut de l'économie pour le Climat, les Amis de la Terre, et l'un des deux siègent de la Fondation pour la Nature et l'Homme (ex fondation Nicolas Hulot)
  • Rejoignent l'instance : Banlieues Climat, Comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature, Plateforme Océan & Climat.

 

Du côté des 52 représentants des syndicats :

  • La CGT passe de 14 à 12 sièges (-2)
  • La CFE-CGC passe de 4 à 6 sièges (+2)
  • Les autres syndicats conservent le même nombre de sièges : 14 pour la CFDT, 9 pour le groupement CGT-FO, 4 pour la CFTC, 4 pour l'UNSA, 2 pour l'union syndicale Solidaires et 1 pour la FSU.

 

Les 52 représentants restants représentent les entreprises, exploitants agricoles et mutuelles

  • Côté représentants d'entreprises (18 sièges, +1) : la CPME comme le Medef passent de 7 à 8 sièges (+2), tandis que la Fepem, prise dans une crise de gouvernance, perd le sien (-1).
  • Le siège gagné par les entreprises est perdu par les représentants de mutuelles, coopératives et chambres consulaires (17 sièges, -1) : la fédération nationale de la mutualité française (FNMF) conserve ses 2 sièges, la CGScop son siège, mais les chambres d'agriculture passent de 4 à 3 sièges.
  • Du côté des syndicats agricoles (11 sièges), la FNSEA perd 2 de ses 6 sièges, au profit de la Coordination rurale, qui passe d'1 à 2 et de l'entrée du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins.

 

La campagne pour la future présidence du CESE

Candidate déclarée depuis le mois de novembre dernier, la favorite du scrutin apparaît pour l'instant être la sociologue Claire Thoury. La présidente du Mouvement Associatif et ancienne DG d'Animafac siégeait au CESE sur la mandature précédente et a notamment assuré la présidence du Comité de gouvernance de la Convention citoyenne sur la fin de vie. Active dès l'origine du Pacte du pouvoir de vivre, la dirigeante associative de 35 ans bénéficie d'un soutien naturel de la CFDT, ainsi que d'un soutien - plus ou moins prononcé - des acteurs du bloc syndical.

 

Parmi les autres potentielles candidatures, celle de la vice-présidente du Medef Dominique Carlac'h revient avec de plus en plus d'insistance. Les organisations patronales estimant être trop sous-représentées au sein de l'instance, elles cherchent depuis plusieurs semaines à faire porter leur voix dans une instance présidée par un dirigeant mutualiste lors de la précédente mandature.

Quant aux autres noms évoqués, le président de la Coopération agricole Dominique Chargé ou l'ingénieur Sylvain Boucherand, vice-président d'Humanité & Biodiversité et président de la Commission Environnement de l'instance pourraient également être sur la ligne de départ.

 

Outre le listing des noms et instances qui souhaitent davantage peser au sein de la 3ème chambre parlementaire, Politico rappelle les enjeux de cette présidence à venir : "Le prochain président pourrait avoir fort à faire pour défendre l'institution si le Rassemblement national l'emportait en 2027, le parti lepéniste ayant longtemps plaidé pour la suppression du Cese. [...] Quel que soit son futur patron, le Cese, tous le savent, aura besoin d'être défendu, sans attendre 2027. Deux rapports parlementaires et de la Cour des comptes, publiés ces derniers mois, ont épinglé la pertinence du travail effectué, les rémunérations des conseillers ou encore la transparence des comptes."

 

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