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Les réseaux sociaux nuisent gravement à la santé des ados, alerte l'Anses
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Au terme de cinq années d'enquête, un rapport de l'Anses, publié ce mardi 13 janvier 2026, met en exergue les effets néfastes de l'usage des réseaux sociaux sur la santé des adolescents âgés entre 11 et 17 ans et plus particulièrement des filles. L'Anses préconise "d'agir à la source" pour que les mineurs n'accèdent qu'à des "réseaux sociaux conçus et paramétrés pour protéger leur santé".
Dans un avis de plus de 550 pages, l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), publie le résultat de 5 ans d'analyse de plus d'un millier d'articles scientifiques relatifs aux effets de l'usage des réseaux sociaux numériques sur la santé des adolescents (11-17 ans).
Si l'avis de l'Anses tâche d'appréhender la complexité d'un sujet relativement nouveau, impacté par des évolutions technologiques récentes et en constante évolution, et reconnaît des impacts positifs et négatifs à leurs usages, il confirme sans surprise les effets néfastes sur la santé, notamment mentale, des adolescents et plus particulièrement des adolescentes.
Des usages complexes et divers des réseaux sociaux
Tout d'abord, sur la base des travaux analysés, l'Anses veille à situer le sujet dans sa complexité : "Loin de toute approche technocentrée ou alarmiste, il s’agit de prendre au sérieux les pratiques juvéniles comme révélatrices d’enjeux sociaux contemporains."
"Les résultats de ce travail révèlent l’importance de penser les usages et pratiques des réseaux sociaux numériques par les adolescent-es dans leur complexité, à la croisée de logiques techniques, sociales, culturelles et éducatives. Loin d’être homogènes, ces usages et ces pratiques varient selon l’âge, le genre, le milieu social, les contextes familiaux et scolaires, et les trajectoires numériques individuelles."
Trois dimensions abordées :
La qualification de "pratiques addictives" en débat
En l'état, l'Anses relève que la caractérisation d'une pathologie ou d'un trouble mental relatif à l'usage des réseaux sociaux (addiction) "fait encore aujourd'hui l'objet de débats au sein des communautés scientifiques et médicales travaillant sur la santé mentale."
De fait, l'Anses fait le choix de parler d'"usages problématiques", qui font là aussi l'objet de définitions diverses parmi les travaux de recherche analysés :
L'impact sur le sommeil
Le corpus scientifique analysé confirme l'impact négatif sur le sommeil des adolescents :
La réduction chronique du sommeil (en quantité comme en qualité) induisent des risques accrus d'apparition de maladies chroniques physiques et mentales.
Le cyberharcèlement
L'Anses s'intéresse notamment au cyberharcèlement, dont les réseaux sociaux numériques accentuent l'exposition des adolescents.
En somme, l'Anses conclut que les conséquences du cyberharcèlement sont analogues à celles du harcèlement, moyennant certaines spécificités :
Rapport au corps et à l'image de soi
Toujours sur la base des travaux scientifiques existants, l'Anses confirme que les contenus visuels relayés sur les réseaux sociaux contribuent à "l'intériorisation des idéaux corporels, l’auto-objectification et la comparaison sociale ascendante, qui sont des facteurs intermédiaires des troubles des conduites alimentaires."
Ces effets sont particulièrement forts chez les adolescentes.
Un impact des réseaux sociaux sur les troubles anxiodépressifs ?
L'Anses montre que l'usage des réseaux sociaux "constitue un facteur contributif des troubles anxiodépressifs." Ces derniers résultent par ailleurs "d’interactions entre des vulnérabilités psychologiques, des contextes familiaux, sociaux et environnementaux".
Les profils les plus impactés restent les adolescentes et les jeunes présentant déjà des troubles dépressifs ou anxieux.
Cet effet s'explique notamment par les facteurs évoqués précédemment : altération du sommeil, cyberharcèlement, comparaison sociale ou encore la crainte de manquer des expériences sociales (aussi appelée FoMO : Fear of Missing Out).
Certains auteurs expliquent certains usages problématiques des réseaux sociaux par une stratégie d'échappatoire :
Ces algorithmes, atteste l'Anses, renforcent les jeunes dans des boucles relatives aux contenus consommés (ex : idéaux de beauté, conduites alimentaires, contenus relatifs au suicide, ...).
L'étude estime également que les réseaux sociaux peuvent renforcer l'effet Werther, qui décrit l'augmentation du nombre de suicides suite à la médiatisation d'un passage à l'acte.
Une prévalence des impacts sur la santé observée chez les filles
Les effets des usages des réseaux sociaux sur la santé physique et mentale s'avèrent plus importants chez les adolescentes, ce que l'Anses explique par plusieurs facteurs :
Des facteurs protecteurs
L'Anses met par ailleurs en lumière des facteurs protecteurs prévenant les usages problématiques :
Au terme de son rapport et sur la base de la synthèse produite sur l'état des avancées de la recherche scientifique, l'agence propose 4 axes de préconisations pour préserver les jeunes des risques que présentent les réseaux sociaux numériques pour leur santé.
Réguler et sécuriser l'environnement numérique
Développer une éducation aux médias et à leurs usages
Pour les parents et adolescents :
Pour le milieu scolaire :
"Le groupe de travail insiste sur le fait que les outils développés et les campagnes mises en place seront d’autant plus efficaces si les adolescents sont impliqués dans leur élaboration afin de cibler le(s) media, format(s), contenu informationnel et pratiques émergentes (challenges, usages) les plus pertinents."
Renforcer la prévention des effets de santé identifiés
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