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Rapport de bascule de la CIIVISE dans le droit commun
CiiviseVSS (Violences sexuelles et sexistes)incesteenfanceprotection des mineursprotection de l'enfancedroits de l'enfant
Après 9 mois de travail, le collège directeur de la CIIVISE présente son rapport de bascule dans le droit commun. Dès l'installation de la Commission en avril 2024, le gouvernement a demandé de réfléchir à la stratégie de transformation des institutions afin d'y intégrer les missions de la CIIVISE à terme.
Début avril, la Ciivise obtient des retours de l'exécutif quant à sa pérennisation et les arbitrages du gouvernement quant à ses préconisations en matière de lutte contre l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants.
Si l'instance salue sa prolongation jusqu'en octobre 2026 et les arbitrage favorables sur plusieurs sujets (généralisation des dispositifs de remontées d'alerte dans les administrations publiques, extension du fichier des auteurs d'infractions sexuelles, développement de l'accès aux soins spécialisés en psycho-traumatismes, ...), la Ciivise déplore l'arbitrage défavorable "déconcertant" sur d'autres mesures.
Parmi les mesures refusées par l'exécutif :
Aussi, la Ciivise "[s'alarme] du message confus envoyé par le gouvernement sur la protection des enfants [et] continuera à se battre pour voir aboutir l'ensemble de ses recommandations."
Lors de l'installation de la Ciivise 3, en avril 2024, l'instance se voit confier la mission de travailler à l'intégration de ses attributions au sein d'autres institutions existantes.
Un lettre de mission plutôt originale que les gouvernants de l'instance mentionnent dès le début de rapport : "Cette demande est atypique dans la vie d’une commission publique. Il est peu ordinaire, lorsque les pouvoirs publics souhaitent mettre fin à une instance, qu’ils chargent les dirigeants de cette même instance de donner les pistes pour leur propre fin."
La Ciivise plaide pour prolonger son mandat puis le pérenniser dans un cadre institutionnel fort
Dans un rapport d'une dizaine de pages, remis à la ministre Catherine Vautrin le 4 mars, la Ciivise aborde 3 propositions : la reconduction de l'instance jusqu'en octobre 2026, le cahier des charges d'une transformation institutionnelle la concernant et la mise en oeuvre de 16 mesures urgentes pour la protection de l'enfance.
Concernant les suites institutionnelles de la Ciivise, que l'exécutif prévoit de dissoudre, le rapport insiste sur plusieurs "principes directeurs" qui devront être garantis : l'indépendance, la transversalité, le lien avec le monde de la recherche, la participation des personnes concernées et l'attention renforcée aux publics les plus vulnérables. Elle appuie en outre sur les missions qui devront être maintenues : l'écoute et l'orientation des victimes, la participation à l'élaboration des politiques publiques, l'information et la formation et la perpétuation du "Fonds Ciivise" recueillant les témoignages de victimes.
Enfin, parmi les 16 mesures urgentes à mettre en œuvre, on note notamment :
Publié le 5 mars, le communiqué du ministère concernant la remise du rapport semble accorder la prolongation de l'instance jusqu'en octobre 2026 mais évoque très explicitement "l'après-Ciivise". Concernant les 16 propositions urgentes, la ministre Catherine Vautrin a annoncé s'en saisir, en lien avec la Haute-Commissaire à l'Enfance : "Nous avons bien reçu les propositions de la CIIVISE et nous nous engageons à les instruire lors d’une très prochaine réunion interministérielle pour prendre des décisions rapides et concrètes."