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Le Service national universel (SNU) privé de ses crédits en commission à l'Assemblée nationale et au Sénat
SNU (Service national universel)économie/finances
Au Palais-Bourbon, c'est la gauche qui a obtenu la réaffectation du budget du SNU. La commission des finances du Sénat, dominée par la droite, a voté de son côté une baisse de 100 millions d'euros des crédits du dispositif commencé sous la présidence d'Emmanuel Macron.
Lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2025, le SNU est apparu particulièrement peu soutenu. Déjà critiqué par les groupes de gauche, il semble qu'au vu du contexte d'austérité budgétaire, les macronistes et leurs partenaires de droite peinent à maintenir leur soutien à un dispositif coûteux et plusieurs fois critiqué par des rapports parlementaires, de l'administration ou de la Cour des Comptes.
Auprès de Public Sénat, le 24 octobre, le président de la Commission de la Culture, de l'Éducation et de la Communication et des sports du Sénat, Laurent Lafon (UDI) s'exprime sur le service national universel avant l'examen du budget. Bien que membre de l'Union Centriste, groupe sénatorial membre du bloc présidentiel depuis 2017, il souhaite proposer la suppression d'un dispositif qu'il considère le dispositif dans une "impasse" : il aurait été pertinent s'il avait été généralisé à toute une génération, ce qui "n'est plus possible compte tenu de son coût". L'amendement de suppression pourrait être porté par le sénateur Éric Jeansannetas (PS), rapporteur de la mission du budget "Jeunesse et vie associative", comportant le SNU, ces dernières années. Il avait par ailleurs rendu en mars 2023 un rapport soulignant les importantes difficultés en vue de la généralisation du dispositif.
Alors que le SNU ne compte plus beaucoup de soutiens politiques, même au sein du bloc présidentiel, Éric Jeansannetas comme Laurent Lafon estiment qu'un amendement de suppression pourrait trouver une majorité au Sénat.
Passages en Commission : les 2 chambres votent pour la disparition du dispositif
À l'Assemblée Nationale, après un revers sur l'amendement de suppression déposé en Commission des affaires culturelles et de l'éducation - saisie pour avis -, les socialistes ont plus de chances en Commission des finances - saisie pour le fond - où la désaffectation des 128 M€ du SNU est adoptée (amendement de P. Courbon).
Au Sénat, où la droite LR est majoritaire, le sénateur socialiste de la Creuse Éric Jeansannetas est parvenu sans souci à faire adopter un amendement rabotant le budget dédié au SNU de 100 M€. Ce vote intervient dans un contexte où plusieurs sénateurs de droite avaient communiqué leurs doutes sur le dispositif qui peine à trouver son modèle.
Pour autant, malgré ces deux votes, il reste de grandes chances que l'exécutif reste le seul décideur des crédits alloués au SNU. Ce serait notamment le cas si le Premier Ministre décide de se saisir du "49-3". Dans ce scénario, et bien que le ministre de la Jeunesse Gil Avérous reconnaisse qu'un bilan est à faire et que la généralisation n'est pas envisageable à court-terme, les crédits et objectifs du SNU pour 2025 devrait voir la reconduction de ceux de 2024.