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Des crèches coopératives pour démarchandiser la petite enfance
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La période de rentrée rime pour beaucoup de jeunes parents avec la difficulté de décrocher une place en crèche. Face au monopole du privé lucratif dans le secteur de la petite enfance et à ses dérives, Lynda-May Azibi, déléguée aux affaires publiques de la Confédération générale des Scop et des Scic, montre dans cette deuxième note de l'atelier « Vivre en coopération » qu'un autre modèle pourrait être développer, celui des crèches coopératives.
Alors que la France est très loin de parvenir à combler les 200 000 places d'accueil manquantes dans la petite enfance pour tenir ses objectifs du service public de la petite enfance, et alors que la création de places est principalement portée par un secteur lucratif sans cesse épinglé pour ses dérives quant à sa gestion ou la qualité d'accueil proposée, la Confédération générale des Scop et des Scic craint que les communes, "autorités organisatrices de la petite enfance" depuis le 1er janvier dernier, peinent à refuser l'implantation d'acteurs privés lucratif sur leur territoire. Aussi, dans un article pour la Fondation Jean Jaurès, Lynda-May Azibi, chargée d'affaires publiques de la Confédération des coopératives, propose une autre voie.
En 2024, une 40aine de crèches sont sous statut coopératif, à part égales entre Scop (détenues par les salariées sociétaires) et Scic (dirigées par des personnes physiques et morales). Un quart d'entre-elles sont issues de la transformation d'une association vers un statut coopératif. Ces statuts présentent pour avantages de garantir un but non-lucratif, autour d'un projet politique commun (projet coopératif, à l'image d'un projet associatif), mais également de bénéficier d'une assise financière garantie par la constitution, obligatoire, de réserves impartageables (16 % minimum des bénéfices de la structures doivent y être versés à chaque exercice).
Le statut de SCIC, notamment, s'avère particulièrement adapté pour l'implication des parents dans la gouvernance de la crèche, et offre par exemple la possibilité d'intégrer également des partenaires, représentants de têtes de réseaux ou interlocuteurs publics, en premier lieu les communes.
Du côté des limites du système, les crèches coopératives ne sont pas épargnées par les difficultés du secteur et connaissent, elles aussi, un turnover important qui limite les perspectives d'engagement des professionnelles pour entrer au sociétariat de leur crèche (sur la 40aine de crèches identifiées, seules 30 % des professionnelles sont sociétaires). Aussi, le modèle coopératif, par définition ancré sur son territoire, n'égale pas la force de frappe des grands réseaux associatifs ou, surtout, du privé lucratif ce qui les désavantage face aux marchés publics.
Aussi, la Confédération générale des Scop et Scic plaide pour une révision des critères des marchés publics pour valoriser davantage la qualité d'accueil que des coûts faibles, et invite les structures associatives et coopératives à se regrouper pour répondre collectivement aux marchés des collectivités.