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Près de 10 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté

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Solidarité

Maire-info

Franck Lemarc

08/07/2025

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Le taux de pauvreté en France a atteint en 2023 son niveau le plus élevé depuis que l'Insee le calcule. Cette hausse touche en particulier les familles monoparentales, dont presque un tiers vivent sous le seuil de pauvreté. Des données inquiétantes, au moment où le gouvernement s'apprête à annoncer ce qui ressemble de plus en plus à une cure d'austérité.


Le 7 juillet, l'INSEE publie une note édifiante sur l'année 2023, documentant l'évolution de la pauvreté en France.

 

La situation

Alors que le niveau de vie médian est en progression (2 150€/mois pour une personne seule, +0,9% en euros constants), le nombre de personnes en situation de pauvreté augmente, témoignant de l'augmentation des inégalités en France.

En 2023, 15,4 % de la population française vit sous le seuil de pauvreté monétaire, soit 9,8 M de personnes occupant un logement ordinaire. Une augmentation de +0,9% vis-à-vis de l'année précédente, soit 650 000 personnes pauvres de plus.

Surtout, la pauvreté atteint son plus haut niveau depuis que l'INSEE réalise ces mesures, en 1996.

Les statisticiens de Bercy expliquent notamment ce constat par l'inflation et l'arrêt des mesures de soutien exceptionnel prises en 2022. Ils notent également une hausse des salariés à temps partiel.

 

Les profils

Avec un taux de pauvreté à 15,4% au niveau national, l'INSEE note que certains profils excèdent largement ce taux :

  • Les personnes sans emploi (36,1 % ; +0,8 % entre 2022 et 2023)
  • Les étudiants (37,4 %)
  • Les familles monoparentales (34,3 % ; +2,9 %)
  • Les couples avec 3 enfants ou plus (25,8 % ; +0,8 %)
  • Les personnes mineures (21,9 % ; +1,5 %)

 

Sur les 9,8 M de personnes pauvres en 2023, 2 M sont des parents isolés. Les familles monoparentales sont les profils dont la précarité a le plus nettement augmenté entre 2022 et 2023.

 

Réaction des associations

Le lendemain même, le collectif Alerte publiait un nouveau communiqué, s'appuyant sur la note de l'INSEE.

"En un an, ce sont plus de 650 000 personnes qui ont basculé dans la pauvreté. Les chômeurs (36,1 % de taux de pauvreté), les familles monoparentales (34,3 %) et les enfants (21,9 %) sont particulièrement concernés. Les indicateurs de creusement des inégalités sont par ailleurs au plus haut. D’après l’INSEE, les 30 % des personnes les plus pauvres ont vu, en 2023, leur niveau de vie reculer. Cet appauvrissement net des plus modestes et des classes moyennes est dramatique et insupportable."

 

Les associations de lutte contre l'exclusion et la pauvreté appellent ainsi l'exécutif à s'engager sur un budget 2026 "qui protège les plus pauvres de notre pays, notamment en renonçant à toute idée de gel des prestations sociales", alors que les déclarations quant à une potentielle "année blanche" budgétaire (sans revaloriser les aides sociales en compensation de l'inflation notamment) se répandent sur les plateaux TV.

 

 

3 juillet 2025. Le collectif Alerte sortait déjà de Matignon déçu quelques jours plus tôt

Le 3 juillet, les représentants du collectif Alerte sortaient pour le moins déçus de leur rencontre avec le Premier Ministre et les ministres en charge des Solidarités et du Logement.

Dans son communiqué, le collectif a rappelé le besoin d'une "stratégie de lutte contre la pauvreté ambitieuse, cohérente, structurée, loin du saupoudrage de mesures partielles ou contradictoires", rappelé son opposition à plusieurs mesures récentes qui "accentuent les mécanismes d'exclusion et stigmatisent les plus démunis" (facilitation des expulsions de locataires, obligations renforcées pour les demandeurs d'emploi et bénéficiaires du RSA, exclusion des moins de 14 ans du Pass'Sport, ...) et rappelé ses inquiétudes pour le budget 2026 à venir.

 

En réponse, le Premier Ministre a pris plusieurs engagements :

  • Il s'est engagé à pérenniser 203 000 places d'hébergement d'urgence et approfondir la dynamique du plan Logement d'abord
  • Il a confié au CNLE l'établissement d'un objectif de réduction de la pauvreté à un horizon de 10 ans
  • Il s'est engagé à "combler en partie la non-reconduction des crédits aide alimentaire en 2025"

 

"Devant ces engagements indispensables mais insuffisants au regard de l’ampleur des enjeux et de la réalité concrète vécues par les personnes, le Collectif ALERTE maintient sa mobilisation pour une réelle effectivité des droits pour toutes et tous. Si nous prenons acte de ce discours humaniste du Premier ministre, nous attendons de l’ensemble des membres du gouvernement qu’ils s’y conforment et que les politiques publiques mises en œuvre le soient en cohérence."

 

 

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