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Pourquoi un cinquième des missions de service civique s'interrompent avant leur terme

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INJEP

Thomas Venet;Victor Vuattoux

Injep Analyses & Synthèses n°87 - 4 p.

23/06/2025

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rapport/étudeservice civiqueengagementvolontariat

Environ un cinquième des missions de service civique sont rompues de manière anticipée. Ces ruptures répondent à des logiques variées : 36 % des ruptures sont liées au projet
professionnel du volontaire (une embauche ou une reprise d'études) tandis que 24 % ont lieu à cause d'un abandon ou d'une faute au cours de la mission. La diversité des profils
des volontaires se reflète dans ces situations : les demandeurs d'emploi rompent plus souvent leur mission à la suite d'une embauche, les volontaires les moins diplômés sont plus souvent concernés par des ruptures liées à des difficultés en cours de mission, alors que les étudiants, plus rarement concernés, mettent plus souvent fin à leur engagement pour se recentrer sur leurs études.


Dans un rapport publié le 18 juin, l'INJEP rend compte d'une enquête menée auprès de volontaires en service civique qui ont rompu leur contrat en cours de mission en 2022 et 2023.

 

Principaux enseignements :

Les ruptures de contrat :

  • La part des missions rompues reste globalement stable entre 2015 et 2023 (hormis crise covid) entre 21,4% et 23,7% (1 sur5), 22,6% en 2023.
  • En moyenne, les ruptures interviennent au bout de 4 mois (environ à la moitié de la mission prévue).
  • Les missions de 12 mois connaissent davantage de ruptures (35%) que celles pour 6 mois (22%).
    • À savoir : le service civique est considéré comme "validé" à partir du franchissement du seuil de 6 mois de mission.
    • "Certains choisissent d’interrompre leur mission avant cette échéance pour pouvoir candidater à une nouvelle mission, tandis que d’autres tiennent à dépasser cette durée pour faire reconnaître leur engagement malgré une expérience parfois insatisfaisante."
  • La période de début de mission influe également :
    • Début en mars-mai : 35% de taux de rupture
    • Début en septembre-octobre : 19% de taux de rupture

 

Les profils des volontaires rompant leur contrat :

  • Taux de rupture lié au niveau de diplôme :
    • Diplômés du Bac (21,3 %) ou supérieur au bac (19,2 %)
    • Brevet ou sans diplôme (28,9 %), CAP-BEP (27,3 %)
  • Type de structures dans lesquelles les missions sont rompues :
    • Établissements publics (39,7 %)
      • dont France Travail, qui voit le dispositif comme un enjeu prioritairement d'insertion et "facilite les transitions vers d'autres opportunités professionnelles"
    • Collectivités (21,7 %), Associations (21,6 %), Services de l'État (19 %)

 

Les motifs de ruptures de contrats :

  • Aléas de la vie, problèmes de santé, logement, ... (6,9 %)
  • Reprise d'études ou embauche (36 %)
  • Situations conflictuelles (57,1 %)
    • Commun accord (33 %)
    • Abandon / faute (24,1 %)

 

Parmi les profils de volontaires en service civique, les étudiants sont plus nombreux à exprimer une reprise d'études pour rompre leur contrat (37 %), les demandeurs d'emploi pour une embauche (53 %) ou les inactifs pour faute ou abandon (34 %).

 

L'INJEP souligne que le rapport à ces ruptures diffère fortement entre les établissements publics, pour qui la rupture pour motif professionnel est bienvenue - ces derniers étant parfois à l'initiative d'une proposition de poste -, et les structures associatives qui "privilégient une vision d’engagement citoyen les perçoivent surtout comme des ruptures regrettables."

 

Les motifs exprimés par les volontaires :

  • "Un schéma récurrent se dessine dans leurs récits : une période de lassitude face à des conditions jugées insatisfaisantes, suivie d’une tentative de médiation infructueuse, puis d’un élément déclencheur les poussant à quitter la mission."
  • "Plusieurs volontaires expriment également une frustration liée à l’absence de recours leur permettant de remettre en cause officiellement les manquements attribués à l’organisme d’accueil."

 

2 principaux motifs de rupture :

  • Décalage entre les attentes et la réalité de la mission (autonomie moindre, manque d'occupation ou surcharge, travail déguisé)
  • Une relation conflictuelle avec le tuteur/la tutrice (manque d'encadrement, absence de suivi ou posture jugée autoritaire, irrespectueuse ou oppressante)

 

 

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