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Lutte contre la pauvreté : les annonces budgétaires du gouvernement font frémir les associations

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Solidarité

Localtis - Banque des territoires

Claire Mallet

21/07/2025

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Unccas, collectif Alerte, Uniopss, Secours catholique... Une tribune commune de ces acteurs de la solidarité met en garde le gouvernement contre les conséquences, notamment, d'une "année blanche", sur les plus précaires.


Suite aux annonces budgétaires du Premier Ministre François Bayrou le 15 juillet, et alors que le taux de pauvreté a atteint un record en 2023 cf. espace veille, les principales associations nationales engagées en faveur des personnes vulnérables alertent sur l’inaction du gouvernement dans une tribune publiée le 20 juillet.

 

Parmi celles-ci, on trouve l'union nationale des CCAS (Unccas), la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), mais également le collectif Alerte, ATD Quart-Monde, l'Uniopss, les Petits frères des pauvres ou le Secours catholique.

Au coeur de leurs critiques, l'annonce d'une "année blanche" pour les prestations sociales, c'est à dire un refus de leur revalorisation automatique pour, à minima, tenter de compenser l'inflation. Une annonce du chef du gouvernement que les associations voient comme contradictoire avec son engagement d'"organiser le combat contre la pauvreté", formulé lors de leur rencontre du 3 juillet dernier.

  • On notera par ailleurs que le concept d'"année blanche", c'est à dire de non-revalorisation des prestations sociales, ni du barème de l'impôt sur le revenu - faisant ainsi glisser certains foyers jusqu'alors non-imposables dans le périmètre de cet impôt -, était paradoxalement l'un des principaux dangers contre lesquels ce même gouvernement Bayrou alertait en janvier dernier pour inviter les oppositions à voter le budget 2025.

 

Les associations déplorent un déploiement du Pacte des Solidarités - nom du Plan Pauvreté déployé par les gouvernements successifs depuis 2023 - qui s'inscrit en contradiction avec les annonces : "Mais à quoi bon décliner un Pacte des solidarités d'un côté lorsque tout est fait, de l'autre, pour en amoindrir les effets ? Pendant ce temps-là, les collectivités et les associations, [...] n'ont eu de cesse d'alerter sur la lente et insidieuse dégradation des conditions de vie des plus fragiles."

Enfin, si elles prennent acte de la lettre de mission donné au Conseil national de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE) d'établir un objectif de réduction de la pauvreté à 10 ans, elles estiment qu'"organiser le combat contre la pauvreté, c'est d'abord en reconnaître l'urgence". Elles appellent à un changement de cap et à "cesser les demi-mesures".

 

De son côté, quelques jours plus tôt, l'Unccas alertait globalement dans les mêmes termes le "coût humain de l'austérité sociale" dans un communiqué tandis que l'Uniopss insistait sur le besoin, dans un enjeu de réduction de la dette, que les "mesures à venir soient justes, équilibrées et tiennent compte des capacités contributives de chaque partie de la population."

 

L'Uniopss revient également sur l'annonce du Premier Ministre de la création d'une allocation sociale unifiée (ASU). Une disposition évoquée ces dernières années afin de simplifier les démarches des allocataires et lutter contre le non-recours au droit. Pour autant, s'inquiète l'association nationale, "il n’a jamais été question que la future ASU soit un moyen budgétaire de maitrise des dépenses publiques."

Ce dispositif précis avait déjà fait surgir les déceptions des associations en novembre dernier, notamment quant au manque de moyens alloués et au manque de concertation cf. espace veille

 

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