28 janvier 2026. Spillebout et Vannier annoncent une proposition de loi dans les suites de leur rapport

Pour suivre les dernières actualités relatives à la proposition de loi, ça se passe ici cf. espace veille

 

2 juillet 2025. Les députés publient le rapport "Bétharram"

Ce 2 juillet 2025, les rapporteurs Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Ren.) publient les 316 pages de leur rapport - très attendu - "sur les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires."

 

Sommaire de la note :

 

Les principaux constats

Sur les violences faites aux enfants

Ayant pour point de départ les violences de Bétharram, les rapporteurs ont mis en lumière de nombreuses situations dans lesquels les établissements scolaires laissaient perpétuer des violences sur les enfants.

Leurs observations :

 

Quelles évolutions entre les années 1960-70 et aujourd'hui ?

Dans l'enseignement public, les rapporteurs observent une prise de conscience sur le sujet dans les années 1990, où des évolutions réglementaires et traitements judiciaires prennent davantage en compte le sujet (condamnations pour viols sur mineurs multiplié par 6 entre 1984 et 1993 par exemple).

 

Dans l'Église, les rapporteurs soulignent une prise de conscience "très récente dont il est trop tôt pour mesurer les effets", avec le rapport Sauvé, publié en 2021.

 

Aussi, les rapporteurs reviennent sur le mouvement MeToo, particulièrement le #MeTooAnimation et le #MeTooInceste, ce second ayant donné lieu à la création de la Ciivise en 2021, qui publiera son rapport en novembre 2023 cf. Diaporama

 

Quelques chiffres sur les violences dans l'enseignement public :

 

Sur les carences du contrôle de l'État concernant l'enseignement privé

Ces violences ont notamment pu se perpétuer par les lacunes en termes de contrôle par l'État :

 

Par ailleurs, le rapport consacre quelques pages au développement de l'enseignement privé hors contrat, "un ensemble très hétéroclite". Le nombre d'établissements connaît récemment une croissance significative, de 40 établissements en 1994 à 1 000 en 2014 et 2 500 en 2024.

Au sein de ceux-ci, les rapporteurs témoignent d'une "inquiétante utilisation des écoles hors contrat comme outil d'embrigadement politico-religieux". Sont notamment mentionnés :

 

Sur les surcontrôles des établissements musulmans

Dans leurs travaux, les rapporteurs ont noté une particularité notable concernant le privé sous contrat musulman.

 

Les 50 recommandations

 

Axe 1 : Reconnaître les victimes de violences commises en milieu scolaire

 

Axe 2 : Protéger les élèves

 

Axe 3 : Soutenir les personnels pour lutter contre les violences en milieu scolaire et structurer une culture du signalement

 

Axe 4 : Lever le tabou des contrôles de l'État sur les établissements privés sous contrat

 

Axe 5 : Refonder les inspections pour garantir la protection des élèves

 

 

Le parcours de la Commission d'enquête

19 février 2025. Dépôt et accord de la Commission

À la demande du député LFI Paul Vannier, lui-même interpellé par les violences subies par les élèves de l'établissement Notre-Dame de Bétharram, la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée Nationale se conférait le 19 février dernier les pouvoirs d'une commission d'enquête afin "d’enquêter sur les défaillances du contrôle des établissements privés sous contrat par l’État".

Cette demande, formulée par le député Vannier suite à une autre mission d'information - conduite avec le député Renaissance Christopher Weissberg - sur le financement des établissements privés sous contrat (rapport paru en avril 2024), vise à approfondir les lacunes des contrôles observés spécifiquement dans le privé.

 

5 mars 2025. Désignation des rapporteurs

En l'absence d'une opposition de l'exécutif, de la présidente de l'Assemblée Nationale ou d'un président de Commission permanente ou de groupe parlementaire, la Commission des affaires culturelles et de l'éducation est autorisée deux semaines plus tard à se doter des prérogatives de la Commission d'enquête et nomme le 5 mars ses 2 corapporteurs :

 

C'est la 1ère fois de l'histoire de la Ve République que cette commission se mue en Commission d'enquête. En comptant les autres Commission, cette possibilité n'est utilisée que pour la 4ème fois (la 3ème ayant également eu lieu récemment, la Commission des finances s'étant missionné durant le gouvernement de Michel Barnier pour enquêter sur le dérapage des finances publiques. Ses travaux sont toujours en cours).

 

Mars-Mai 2025. Auditions de la Commission d'enquête

Le 14 mai, la Commission d'enquête auditionne lors d'un rendez-vous fortement médiatisé le Premier Ministre François Bayrou. Mis au coeur des débats par ses déclarations contradictoires voire mensongères dans la presse, dans l'hémicycle ou face à la Commission, le Premier Ministre aura souvent monopolisé les lumières médiatiques autour de la Commission d'enquête.

 

Outre le Béarnais, les rapporteurs ont, entre le 20 mars et le 21 mai, tenu 40 auditions concernant 140 personnes aux profils divers : en charge des établissements scolaires, leur contrôle et la protection de l'enfance :

 

Outre les auditions, les rapporteurs ont mené des contrôles sur 10 établissements, en particulier le lycée Pierre Bayen (public, Châlons-en-Champagne), Le Beau Rameau (privé sous contrat, anciennement ND de Bétharram) et l'école Riaumont (privé hors contrat, Pas-de-Calais). Ils ont également été conduits à lancer 80 procédures de signalement pour des établissements situés dans 50 départements différents.

 

25 juin 2025. Adoption du rapport par la Commission

Le 25 juin, la Commission des affaires culturelles et de l'éducation adopte le rapport à l'unanimité (aucun vote contre, quelques abstentions).

 

Si tous les orateurs saluent globalement la qualité et le contenu du rapport et de ses recommandations, certaines critiques ont été formulées lors des échanges :

 

Les réactions

Dans un communiqué publié le 2 juillet, la Ciivise salue le travail effectué par les rapporteurs et apporte un soutien appuyé à 4 des 50 recommandations :

 

La Ciivise appelle par ailleurs à une vigilance spécifique sur les élèves en situation de handicap "qui cumulent les vulnérabilité et sont entendus moins que les autres", aux territoires ultramarins et à la question des violences entre mineurs eux-mêmes.