Le 2 septembre sur sa plateforme en ligne puis le 9 septembre sur sa chaîne, Arte diffusait les deux épisodes du documentaire "Crèches, razzia sur les bébés".
La révélation de travaux journalistiques mettant en lumière les dérives du privé lucratif chez les crèches semble ainsi devenir un nouveau rendez-vous de la rentrée de septembre, après la parution de l'ouvrage Les Ogres de Victor Castanet à la rentrée 2024 cf. espace veille mais également des ouvrages Le Prix du Berceau et Babyzness à la rentrée 2023 cf. Diaporama
Mené par les journalistes Coraline Salvoch et Alain Pirot, les près de deux heures de documentaires rompent avec les approches parfois sensationnalistes pour disséquer les impacts des différents acteurs lucratifs des crèches (le Big4 : Babilou, les petits Chaperons Rouge, la Maison Bleue et People&Baby, mais aussi les crèches Montessori Neokids). Il y est question de maltraitance institutionnelle, de dynamique de développement de ces grands groupes mais aussi, dans le second épisode, de la conduite de la politique publique et des financements publics du secteur, mis en perspective par des regards européens sur nos voisins britanniques, allemands et belges.
Réactions associatives et syndicales
La sortie de ces documentaires a logiquement fait réagir le SNPPE, premier syndicat de salariées du secteur, qui salue le travail des journalistes le 2 septembre, rappelant qu'il alerte à ce sujet "depuis 5 ans". Un second communiqué du 9 septembre, jour de la diffusion en direct du reportage, souligne les dérives à nouveau mises en lumière, leur impact sur les professionnelles et appelle à exclure le privé lucratif du service public de la petite enfance, à revaloriser les salaires et à garantir les effectifs et le niveau de formation dans le secteur.
Le 8 septembre, c'est au tour de l'Uniopss - dont l'UFCV est adhérente - de monter au créneau pour dénoncer les situations illustrées par la chaîne franco-allemande.
L'union des associations des domaines sanitaire et social estime que cette enquête "démontre une nouvelle fois que la recherche maximale de profits est incompatible avec l'accueil des jeunes enfants". Aussi, la tête de réseau soutient les engagements récents de l'exécutifs à effectuer davantage de contrôles, notamment envers les acteurs privés les plus importants, "mais leurs effets seront limités tant que perdureront, dans le secteur, des acteurs profitant de la moindre faille pour intégrer dans une stratégie de rendement maximal des atteintes à la santé et à la confiance des enfants, des professionnels et des parents."
Aussi, l'Uniopss porte un plaidoyer clair envers les différents pouvoirs publics :