-
- |
- Accueil
- |
- Thèmes
- |
- Ressources
- |
- Ajout d'articles
- |
- Mots-Clefs
Économie sociale et solidaire : la Cour des comptes pointe « l'absence de vision d'ensemble » de son financement public
ESS (Economie Sociale et Solidaire)associationséconomie/financessubventions
Alors que le monde associatif est en difficulté, la Cour des comptes pointe plusieurs « échecs » dans la politique menée en faveur de ce secteur essentiel pour le déploiement des politiques publiques. Elle propose notamment de renforcer la coordination entre l'État et les collectivités territoriales.
Sollicitée via sa plateforme citoyenne, la Cour des comptes rend ce 18 septembre son premier avis sur l'économie sociale et solidaire (ESS), plus particulièrement sur les soutiens publics qui sont dédiés à ces structures.
Au terme d'un travail inédit, la Cour des comptes recense l'ensemble des subventions publiques attribuées aux structures de l'ESS entre 2018 et 2024. Ce décompte comprend les subventions, aides à l'emploi, appels à projets mais pas les marchés publics, qui relèvent de la prestation de service.
Contexte
L'ESS est définie dans le droit français par la loi Hamon du 31 juillet 2014 et est portée politiquement à la direction générale du Trésor à Bercy depuis 2021. Depuis 2023, les politiques publiques dédiées à l'ESS sont pilotées par le délégué ministériel Maxime Baduel.
Aussi, le cadre de l'ESS portant sur des structures engagées dans l'ensemble des secteurs d'activité, le recensement s'avère particulièrement ardu, expliquant le manque de travaux et de données sur le sujet.
En 2021 :
Malgré la loi de 2014, la part des structures de l'ESS parmi les structures employeuses en France est passée de 10 % en 2018 à 9 % en 2021. La part de l'emploi au sein de structures de l'ESS est restée stable à 10,6 % de l'emploi national sur la période.
Principaux éléments de constats d'un point de vue financier
En 2024, les soutiens publics aux structures de l'ESS s'élèvent à 16 Mds € pour l'État.
En 2023, les collectivités soutenaient l'ESS à hauteur de 6,7 Mds €.
Autres constats relevés par la Cour des comptes
Principales recommandations
Les Sages formulent 10 recommandations, dont :
Le jour même, ESS France réagit à la publication de l'avis dans un communiqué : "Ce rapport constitue une étape décisive dans la reconnaissance de l'ESS", déclare Benoît Hamon, son président.
La tête de réseau de l'ESS salue ce travail qui recense pour la première fois l'ensemble des aides publiques apportées par l'État et les collectivités à l'ESS et qui "tord le cou à la fable d'une économie subventionnée", rappelant que seules 4 % des entreprises de l'ESS reçoivent 98 % des subventions dédiées.
Aussi, le Sénat ayant évalué à 211 Mds€ les soutiens publics aux entreprises, ESS France relève que le soutien alloué à l'ESS, évalué à 16 Mds€ en 2024 par la Cour des comptes, ne représente que 7 % des aides aux entreprises, soit moitié moins que ce que pèse l'ESS dans l'emploi privé national (13,7 %).
ESS France relève néanmoins quelques limites à l'avis en soulignant que la Cour des comptes n'a pas tenté d'évaluer l'agrégation des services rendus par l'ESS à la société, ni que les soutiens publics alloués par l'État "font l'objet de contreparties et de contraintes réglementaires significatives".
Dans un communiqué du 8 octobre, les élus de Régions de France saluent également un rapport qui fait la part belle à leurs collectivités et valorise certaines de leurs initiatives.
L'association d'élus s'associe notamment aux recommandations visant à une coconstruction d'une stratégie nationale, au renforcement du rôle des chambres régionales de l'ESS (CRESS) ou encore à l'amélioration des outils de mesure d'impact.