Dans une étude publiée le 6 mai, la Drees (chercheurs des ministères sociaux), s'intéresse au taux de non-recours au RSA, sur des données du dernier trimestre 2021.
Principaux éléments
- Environ 1 M de personnes (560 k foyers) ayant droit au RSA n'en font pas la demande, pour un taux de non-recours allant d'environ 33 % à 37 %.
- Parmi les foyers non-recourants, 41 % auraient droit à plus de 400 € par mois. Pour 42 % d'entre-eux, les montants seraient de 200 € ou moins.
- Si tous les foyers ne recourant pas aujourd'hui au RSA y accédaient, leur gain moyen serait de 280 €/mois et 58 000 ménages sortiraient de la pauvreté monétaire.
- D'un point de vue budgétaire, le non-recours au RSA représente une "économie" estimée à 626 M€ sur un trimestre.
Le profil des non-recourants
- Davantage de propriétaires de leur logement (26 % des non-recourants contre 9 % des recourants) ;
- Davantage diplômés (30 % de diplômés du supérieur, contre 18 % des recourants) et moins de sans dipôme (27 % contre 39 %) ;
- Davantage de salariés (31 % contre 13 %) ou travailleurs indépendants (22 % contre 9 %) ;
- Les non-recourants au RSA sont aussi nettement moins nombreux que les recourants à recevoir d'autres prestations sociales : prestations familiales (25 % des non-recourants contre 43 %), des allocations logement (43 % contre 76 %), la prime d'activité (33 % contre 42 %). Ils sont à l'inverse plus nombreux à recevoir des indemnités chômage (32 % contre 22 %).
En cas de plein-recours, les profils qui en profiteraient le plus, qui seraient les plus nombreux à sortir de la pauvreté, seraient les familles monoparentales, les inactifs non-retraités et les salariés.