Les précédentes étapes, du lancement au démarrage des travaux de la Convention citoyenne, sont à retrouver dans cette note cf. espace veille

5 février 2026. Dans une interview, le Président de la République fait peu de cas de sa convention citoyenne

Dans une interview du 5 février au média Brut, le Président de la République s'exprime pour la première fois sur les conclusions de la convention citoyenne qu'il avait lancée l'été précédent.

Avant d'aborder différents thèmes relatifs aux violences à l'école ou d'évoquer des perspectives d'interdiction des réseaux sociaux, des jeux vidéos ou d'outils IA pour les jeunes, Emmanuel Macron est tout d'abord rapidement interrogé sur les rythmes scolaires (jusqu'à 4min15).

 

Le Président de la République précise sommairement avoir demandé "à une commission" [le CESE*] de lancer une "consultation citoyenne" [convention citoyenne*] "qui a rendu ses travaux il y a peu de temps et maintenant c'est le gouvernement qui va avoir à agir."

 

Il souligne ensuite que, selon "son expérience", il serait pertinent d'avoir des journées plus courtes, avec un début de journée plus tard et une fin de journée plus tôt, en cohérence avec les conclusions de la convention citoyenne. À l'inverse néanmoins, il souligne que "la contrepartie c'est sans doute d'avoir des vacances plus courtes". Il estime notamment que la France a "plus de vacances que les autres" ce qui conduirait les élèves à "désapprendre un peu" lors des vacances d'été. "On pourrait reprendre un peu plus tôt en août, on pourrait partir un peu plus tard en vacances, je pense qu'un gros mois de vacances ça serait envisageable."

 

Sur ses différentes prises de position concernant les rythmes scolaires, le Président de la République souligne néanmoins que "ce n'est pas à [lui] de le dire", laissant la responsabilité au gouvernement de sa saisir d'une réforme. Il prend néanmoins acte des divergences sur le sujet : "Je suis obligé de faire le constat que ça ne fait pas un grand consensus pour tout le monde."

 

3 janvier 2026. Le ministre remet le débat à la Présidentielle de 2027

Dans un entretien à Ouest-France, paru samedi 3 janvier, le ministre de l'Éducation Nationale Édouard Geffray s'exprime sur de nombreux sujets en vue de la rentrée 2026.

 

Parmi ceux-ci, les suites de la convention citoyenne sur les temps de l'enfant. Il y salue des constats justes : "les temps de l'enfant sont trop fragmentés et mal articulés entre eux, entre le scolaire, le périscolaire et l'extrascolaire." Pour autant, hormis ce constat, il juge que la réforme proposée sur le rythme scolaire hebdomadaire pourrait être source d'inégalités territoriales : "la réalité du terrain, c'est qu'on ne peut pas réussir la semaine de cinq jours, partout, dans les mêmes conditions."

Aussi, appelant à la stabilité pour la rentrée 2026, il estime que le sujet relève d'"un vrai débat pour la présidentielle de 2027."

 

10 décembre 2025. Le CESE adopte son avis

Au terme des travaux de la Convention citoyenne, le CESE a comme prévu établi son avis, adopté à l'unanimité le 10 décembre. L'avis formule 19 préconisations en phase avec celle des citoyennes et citoyens, dont une appelant à créer un Service public de la continuité éducative cf. espace veille

Fin novembre 2025. Réactions du gouvernement, parlementaires et élus locaux

Du côté de l'exécutif, après la publication du rapport de la Convention citoyenne, la ministre de la Santé et des Familles Stéphanie Rist salue la "contribution majeure" via un post Linkedin tandis que le ministre de l'Éducation Nationale Édouard Geffray parle d'un "jalon important, point de départ sur lequel nous allons pouvoir travailler ensemble." Le Président de la République, à l'origine même de la Convention citoyenne, ne s'est pas exprimé du tout sur le sujet.

Des réactions que la Gazette des Communes qualifie de "service minimum", tandis que Le Monde pointe l'absence de l'exécutif lors du vote du rapport, et le "silence quasi total de la classe politique".

Aussi, le 26 novembre, la présidente de l'Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), signe une tribune dans Libération, dénonçant les "indifférences regrettables - voire coupables" de la classe politique.

 

Du côté des élus locaux, l'Association des Maires de France (AMF) rejette tout procès en indifférence mais s'interroge encore. "Il faut saluer le travail des citoyens sur ce sujet fondamental, mais l’idée est de prendre le temps pour voir comment on peut se saisir intelligemment de leurs propositions", explique le coprésident de la commission éducation de l'AMF Frédéric Leturque (centriste), au Monde. L'autre coprésident, Antoine Jouenne (PS), précise que les préconisations des conventionnaires "affectent d'une manière ou d'une autre le bloc local" et demandent au Premier Ministre des chiffrages budgétaires afin de pouvoir construire leur positionnement. Une requête qui sera à nouveau appuyé dans un communiqué de l'AMF du 17 décembre. Tous deux insistent par ailleurs sur la crainte de voir rééditer la réforme des rythmes scolaires avortée de 2013 : "Instaurer la semaine de cinq jours, alors que la réforme des rythmes scolaires de 2013, mise en œuvre dans la précipitation et sans concertation, a été un échec, serait un bouleversement pour la majorité des communes, sachant, de plus, que le sujet est clivant au sein des maires", termine l'élu socialiste.

 

Fin novembre 2025. Les réactions des acteurs associatifs, syndicaux et professionnels

Dans un communiqué du 26 novembre, le réseau français des villes éducatives (Rfve), l'association d'élus en charge des sujets éducatifs indiquer partager "beaucoup des conclusions" de la convention citoyenne, les liant aux droits de l'enfant. Aussi, il indique le besoin de "décorréler les temps scolaires du rythme de travail des adultes, enseignantes et enseignants notamment" et à penser des "alliances éducatives réelles entre les différents métiers éducatifs".

"Le RFVE appelle le ministre de l’Éducation nationale a se saisir des propositions de la convention citoyenne et à envisager les moyens de leur mise en œuvre dans les prochains mois."

 

Parmi les autres réactions, les principales oppositions proviennent des syndicats d'enseignants.

 

Dans d'autres sphères, les acteurs du tourisme, entendus par la convention via l'audition de la Confédération des acteurs du tourisme (CAT), estiment via le dépôt d'un "Cahier d'acteur" que le rythme actuel des vacances scolaires en "en phase avec la nécessité d'une meilleure gestion des flux touristiques et des déplacements", s'opposant en creux à un regroupement sur 2 semaines des vacances de février et de Pâques.

 

D'autres retours plus positifs sont à retrouver du côté du Comité national olympique du sport français (CNOSF) qui trouve dans les résultats de la convention des préconisations allant dans le sens de la vision du mouvement sportif (favorisation des activités extrascolaires, valorisation du sport à l'école).

 

23 novembre 2025. La convention citoyenne publie ses 20 recommandations avant l'adoption de l'avis par le CESE

Le dimanche 23 novembre, la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant a publié, au terme de sa 7ème et ultime session de travail, son rapport et ses 20 préconisations. Ce dernier doit être adopté par les membres du CESE le 10 décembre prochain.

 

Au fil de ses 5 mois et 6 sessions de travaux, la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant et ses 133 membres ont abordé de nombreux sujets : rythmes scolaires inadaptés aux rythmes biologiques, besoins de temps libre, pression scolaire, harcèlement et violences subies par les enfants, inclusion, handicap, inégalités sociales et territoriales, santé physique et mentale, manques de moyens dans l'Éducation nationale, transports du quotidien, bâti scolaire, programmes scolaires, parentalité ou encore vision de la place de l'enfant dans la société.

 

Pour aborder ces sujets divers, de nombreux intervenants experts ont été entendus, parmi lesquels : les ministres d'alors, Élisabeth Borne pour l'Éducation Nationale et Marie Barsacq pour la Jeunesse et la Vie associative, le Comité de filière Animation, les syndicats de l'Éducation nationale, les administrations centrales, des Drajes, le Défenseur des enfants, la Cnaf, le HCFEA, des membres du panel de jeunes constitué par le CESE sur l'avis 'Santé mentale' cf. espace veille, des chercheurs et chercheuses de disciplines diverses (notamment de l'Injep), mais aussi associations (Unaf, Trisomie 21 France, Réseau français des villes éducatives, Association des Maires de France), notamment de l'éducation populaire : l'Ovlej, Francas, Ligue de l'enseignement, MJC, Léo Lagrange.

 

Au fil de ses travaux, la Convention citoyenne aboutit à un constat partagé : les temps de l'enfant sont pensés pour correspondre aux contraintes des adultes et non aux besoins éducatifs des jeunes.

 

Dans le travail de construction des recommandations, les citoyennes et citoyens ont défini puis suivi 4 axes structurants :

 

20 recommandations suivant 3 axes

En synthèse : la Convention citoyenne propose de passer à une semaine de 5 jours d'école du lundi au vendredi, concentrant les savoirs théoriques le matin et des après-midis tournés vers des apprentissages pratiques. Dans ces après-midis, le temps périscolaire débuterait à 15h30 et ferait partie de l'emploi du temps de chaque élève. Sont aussi proposés : des séjours obligatoires chaque année dès le CP, notamment organisés avec des associations ; la déclaration systématique de la pause méridienne en ACM, avec équipe d'animation et projet pédagogique définis ; et repenser l'école comme un espace communautaire où les différents partenaires éducatifs, dont les associations, ont leur place.

A- Restructurer les temps de l'enfant pour adapter les rythmes aux besoins biologiques, diversifier les apprentissages et offrir davantage de temps libre

Le matin :

 

La journée :

 

La semaine : Passer à une semaine de 5 jours pleins pour permettre une stabilité dans le rythme des enfants

 

L'année :

 

B - Repenser l'organisation des temps de l'enfant : coordonner les acteurs, aménager les espaces et faciliter la mobilité

Parmi les préconisations :

 

C - Aménager des temps de qualité pour les enfants et les parents et accompagner à la parentalité

Parmi les préconisations :

 

7 novembre 2025. Le panel de jeunes rend son rapport

Le vendredi 7 novembre, le CESE publie le rapport réalisé par le panel de 20 jeunes de 12 à 17 ans, constitué en vue d'éclairer les échanges de la convention citoyenne sur les temps de l'enfant.

 

Les jeunes formulent 10 préconisations

Au coeur de leur travail de construction des recommandations, les jeunes ont identifié 3 "souhaits" :

 

 

Sur les points ayant des incidences plus spécifiques sur l'éducation populaire

Mai 2025. Emmanuel Macron relance le débat sur le temps scolaire

Pour retrouver les différentes actualités ayant mené à cette convention citoyenne, ça se passe ici : cf. espace veille