Le 26 juin, la seconde réunion du "Comité d'alerte sur les finances publiques" - mis en place par François Bayrou lors d'une réunion du 15 avril sous le slogan "La vérité permet d'agir" - a été une nouvelle occasion d'évoquer le cadre du budget 2026 sans trop en dire.
Parmi les annonces faites, le Gouvernement aurait alerté - sans surprise - sur les dépenses de fonctionnement des collectivités qui progresseraient "légèrement plus vite que la prévision, notamment dans le bloc communal".
Il n'en fallait pas plus pour qu'Intercommunalités de France réagisse le jour même, dans un communiqué. Les élus de communautés de communes souhaitent rappeler, "de l'aveu même des représentants du Gouvernement" le manque de fiabilité des outils de Bercy en la matière. L'année précédente, Bruno Le Maire, alors ministre, promettait une hausse de ces dépenses de fonctionnement à hauteur de +8% : elles n'ont été in fine que de 4,5 %. Cette année, Bercy reproche une hausse de dépenses de +2,3 %, supérieure aux +2 % prévus au budget. De son côté, Intercommunalités de France a mené son enquête sur un panel d'intercommunalités représentatives et chiffre la hausse des dépenses à +1,2 %, loin de la barre des 2 %.
Les élus d'intercommunalités partagent donc leurs inquiétudes quant à un travail budgétaire réalisé sur un constat peu précis et peu fiable et appellent à un véritable cadre de concertations en amont des annonces du Premier Ministre à venir mi-juillet.
De son côté, l'Association des Maires de France (AMF) n'était pas plus enthousiaste à l'approche de la rencontre. Un communiqué publié deux jours plus tôt, partageait la crainte qu'"à l’image du premier Comité d’alerte du 15 avril dernier, cette séquence s’annonce comme un nouvel exercice de communication de Matignon et non comme une véritable réunion de travail."
L'AMF assurait qu'un élu de ses rangs serait présent en qualité d'observateur mais "sans illusion". Principal point de vigilance évoqué : alors que l'exécutif pointe régulièrement la hausse des dépenses des collectivités, l'AMF reste sur le qui-vive quant aux nouvelles dépenses obligatoires imposées par l'État central (à l'image de la hausse des cotisations retraites cf. espace veille).