Dans un rapport publié le 28 novembre, suivi d'une tribune dans Le Monde le 15 décembre, le groupe d'experts sur le SMIC - composé d'économistes et de représentants des ministères de l'économie et du travail notamment - plaide pour en rester à la revalorisation de début novembre et ne pas proposer de nouvelle augmentation du salaire minimum au 1er janvier.

 

Les constats soulevés :

 

Les experts invitent à ne pas revaloriser le SMIC

Le groupe d'experts rappelle les positionnements de son rapport 2023, publié un an plus tôt - jour pour jour - et rappelle sa critique quant au choix d'anticiper la revalorisation du SMIC du 1er janvier 2025 au 1er novembre 2024. En conséquence, il invite l'exécutif à s'abstenir de toute nouvelle revalorisation début 2025.

 

Des solutions pour "désmicardiser" l'emploi français ?

Le groupe d'experts invite à agir pour favoriser la mobilité salariale, afin que le SMIC reste un salaire minimal et que l'évolution de carrière permette de s'en éloigner. Complétant les enseignements du rapport Bozio-Wasmer, publié près de deux mois plus tôt, ils rappellent que les freins à la mobilité sont importants et que la France est davantage concernée par ses voisins, du fait de son système socio-fiscal et les fortes exonérations de cotisations au niveau du SMIC.

Les experts soulignent que la suppression totale de ces allègements de cotisations pourraient détruire entre 1,5M et 2M d'emploi, essentiellement peu qualifiés. Ils rappellent également leur opposition à la mesure du gouvernement Barnier qui souhaitait augmenter de +4% les cotisations au niveau du SMIC, ce qui détruirait 100 k à 135 k emplois.

Ils notent toutefois que la répartition de ces allègements de cotisations connaissent une forte variation au-dessus du SMIC pour s'étaler ensuite jusqu'à des salaires allant jusqu'à 3,5 SMIC, alors que l'effet sur l'emploi n'est plus avéré à partir de 2-2,5 SMIC.

 

Aussi, le groupe d'experts sur le SMIC recommande :

 

On notera que le groupe d'experts sur le SMIC ne fait pas siennes les propositions du rapport Bozio-Wasmer visant à rééquilibrer progressivement les allègements de cotisations au-dessus du niveau du SMIC, bien qu'il partage les constats des économistes. À souligner également que Michaël Orand, représentant de la Dares (ministère du Travail) au sein du groupe d'experts, fait également partie des rédacteurs du rapport Bozio-Wasmer.