Le rapport de la Drees sur la santé mentale, publié le 4 juin, s'appuie sur l'enquête EpiCov menée entre 2020 et 2022 pour mesurer l'impact de la crise sanitaire sur la santé.
Principaux résultats :
- Au global, fin 2022, les syndromes dépressifs sont en légère baisse en France en comparaison de l'avant-covid. Mais :
- La prévalence des symptômes dépressifs a fortement diminué chez les +35 ans ou +65 ans...
- ... tandis qu'elle est restée à un niveau élevé chez les 15-24 ans.
- Les pensées suicidaires connaissent une hausse significative entre 2020 et 2022, notamment chez les jeunes et plus particulièrement les jeunes femmes
- Sur la période, sur l'ensemble de la population, la part des personnes déclarant avoir eu des pensées suicidaires est passée de 2,8 % en 2020 à 3,4 % en 2022 (+0,6 %).
- Chez les moins de 25 ans, l'augmentation est 3 fois plus importante (5,2% en 2020 ; 7% en 2022 : +1,8 %).
- Et l'écart est plus marqué encore chez les femmes de moins de 25 ans (6,3% en 2020 ; 8,7 % en 2022 ; +2,4 %).
- Chez les 5-17 ans, une hausse des difficultés émotionnelles est remarquée entre 2021 et 2022
- Difficultés émotionnelles = "recouvrent des symptômes d'anxiété et de tristesse"
- Une évolution particulièrement forte chez les jeunes filles de 5 à 10 ans et 15 à 17 ans. Pour les filles de 15 à 17 ans, 19,2% témoignent de difficultés émotionnelles en 2022 (contre 13,3 en 2020, +5,9%). La situation est toute autre chez les garçons de 15-17 ans (7,2% en 2022, 6,9% en 2020 ; +0,3 %).
Causes de la dégradation de la santé mentale :
"La recherche des facteurs de risque montre que tous les types de discriminations subies (âge, sexe, origine, poids, handicap) sont associées à la présence d’un syndrome dépressif, de même que de se définir comme homosexuel ou bisexuel, d’être exposé aux écrans plus de six heures par jour, hors raisons professionnelles, et de compulser les réseaux sociaux au moins une fois par heure. La forte concentration de ces facteurs de risque chez les femmes de moins de 30 ans pourrait partiellement expliquer leur surrisque de dépression. Par ailleurs, les difficultés financières, l’isolement social et la maladie chronique sont également très liés à la prévalence du syndrome dépressif."