Dans une courte publication de 4 pages, mise en ligne par le Céreq le 25 novembre, 5 chercheurs et chercheuses du réseau de laboratoires analysent les effets ambivalents de l'obligation de 15 à 20 heures d'activité du Contrat d'Engagements Jeunes (CEJ).
En synthèse : l'obligation de 15-20h d'activités fait l'objet d'interprétations diverses par les conseillers et conseillères au niveau local, et modifie considérablement leur posture vis-à-vis des jeunes en se retrouvant "assignées à une fonction de reporting qui s'éloigne de leur rôle premier d'appui aux jeunes."
Principaux éléments
- Le rapport revient sur le contexte d'installation du CEJ, dans la suite de la Garantie Jeunes, qui traduit notamment un refus de l'exécutif de la mise en place d'un RSA Jeunes, alors que les premiers concernés sortaient plus fragilisés que jamais de la crise sanitaire
- Sur l'accompagnement proposé des 15-20h d'activité, le Céreq confirme le constat déjà documenté par la Dares cf. espace veille : les activités proposées sont diverses (rendez-vous avec la/le conseiller, expériences professionnelles, ateliers, rédactions de CV, lettres de motivation, ...).
- Toutefois, le contrôle de la réalisation des 15-20 heures d'activités renvoie "à des stratégies très hétérogènes" selon les conseillers :
- Décompte strict d'actions à court-terme tournées vers l'accès rapide à un emploi ;
- Acceptation plus large d'actions comptabilisées (visites à l'hôpital pour les proches-aidants, rendez-vous médicaux, examen du code de la route, ...)
- Enfin, le Céreq note que le contrôle des 15-20h modifie la relation d'accompagnement et le métier des conseillers
- Les jeunes accompagnés sont notamment évalués sur leur capacité à "rendre des comptes" sur leurs actions
- Le quota horaire à remplir éloigne certains jeunes du dispositif, "craignant l'engagement demandé, tandis que d'autres interrompent le contrat, se disant "envahi·es" par ses exigences."
- Les conseillers et conseillères écopent d'une nouvelle charge administrative de déclaration des heures et, en cas d'insuffisance, doivent les signaler aux jeunes pour qu'ils et elles y remédient. "En endossant la responsabilité de la conformité administrative des données, les conseillères se retrouvent assignées à une fonction de reporting qui s’éloigne de leur rôle premier d’appui aux jeunes."