|
Les constats :
- Le secteur des VAO a un positionnement institutionnel complexe entre tourisme et médico-social
- 80% des organisateurs de vacances adaptées sont associatifs, les 20% restants étant dans le domaine privé lucratif
- Un secteur fortement concentré :
- les 11 plus gros organisateurs représentent 40% de l'offre de séjours
- Près de la moitié des sièges sociaux des organisateurs se situent sur 3 régions : IDF, AURA et Occitanie.
- Les séjours :
- Groupes de 8,5 vacanciers par séjour en moyenne
- Taux d'encadrement d'1 accompagnateur pour 3,3 vacanciers en moyenne
- Coût : le surcoût lié au handicap peut représenter une augmentation de +30% à +65% (selon les besoins d'accompagnement du vacancier) par rapport à un séjour ordinaire
- Les vacanciers
- 80% des vacanciers sont concernés par un handicap mental ou psychique ; les 20% restants d'autres types de handicaps (moteur, sensoriel ou polyhandicap)
- Les vacanciers sont majoritairement masculins (60%), âgés de 30 à 60 ans (70%) et résident à l'année en établissement médico-social (60%).
- Seuls 25,5% bénéficient d'une aide financière au départ en vacances (données CNLTA, 2022)
- Les accompagnateurs
- Plus de 11 000 volontaires en CEE + 1 200 bénévoles engagés sur les VAO chaque année
Les défis :
- Une forte saisonnalité de l'activité
- 58 % des séjours se déroulent au mois d'août
- Saison dense, conditions de travail et d'engagement exigeantes, impossibilité de valider des expériences dans le cadre de formations (BAFA-D, médico-social, ...)
- La formation des encadrants
- Des formations non rémunérées pour les encadrants, et non prises en charge par les OPCO
- Un secteur méconnu : d'après une enquête du CNLTA de 2021, 85% des étudiants en travail social ignorent les spécificité
- L'équilibre entre liberté et sécurité
- La nouvelle obligation des organisateurs de séjours de vérifier la conformité aux normes de sécurité des hébergements est pointée par le CNLTA comme "non légitime" pour des acteurs "non experts en sécurité du bâtiment et contraignante pour les hébergeurs, surtout non ERP" (établissement recevant du public)
- Enjeu à préserver un esprit de vacances et de liberté en évitant "une approche trop sécuritaire"
- Un modèle économique en péril
- Hausse des coûts : inflation, conséquences de la crise sanitaire encore persistantes, insuffisance des aides au départ en vacances
- Des conséquences sur la hausse des tarifs qui impacte l'enjeu d'accessibilité des vacances adaptées
- Ces difficultés renforcent la concentration du secteur (dépôt de bilan des petites structures) et accompagne une standardisation de l'offre
|
|
22 préconisations, parmi lesquelles :
- Concertation :
- Créer une instance nationale paritaire, sous l'égide de la DGCS, dotée d'un rôle consultatif en cas de sanction d'un organisme
- Intégrer le CNLTA et autres têtes de réseau nationales pertinentes dans les groupes de travail de la DGCS
- Qualité et sécurité :
- Reconnaître au CNLTA un statut d'organisme de référence en termes de qualité des VAO et élargir ses visites qualité à l'ensemble des organismes du secteur
- Conserver le cadre réglementaire actuel concernant le suivi sanitaire, suffisamment protecteur ; et revenir sur l'obligation des organisateurs de VAO de contrôler les normes de sécurité des hébergements, en concertation avec la filière du tourisme
- Accès aux vacances
- Organiser un Grenelle du départ en vacances :
- Réunir les pouvoirs publics de l'État, des collectivités, de la sécurité sociale, des administrations et MDPH afin de trouver des solutions de financement pour les départs
- Simplifier l'attribution des aides au départ :
- Systématiser l'octroi des aides aux personnes éligibles
- Mettre en place un système de tiers-payant avec ces aides en amont des séjours
- Inscrire dans la définition juridique des VAO la dimension touristique, afin de s'assurer d'éviter une dilution dans le médico-social, qui dénaturerait l'esprit des vacances adaptées
- Permettre la valorisation de l'expérience en VAO comme stage pratique pour les cursus des métiers de l'animation ou médico-sociaux. Permettre sa reconnaissance dans le cadre des parcours de validation des acquis par l'expérience (VAE).
|