Sommaire de la note
- 1. Dépôt du budget le 14 octobre 2025
- 2. Examen du texte, pour avis, en Commission des affaires culturelles et de l'éducation (AN) le 3 novembre 2025
- 3. Examen du texte, sur le fond, en Commission des finances (AN) le 8 novembre 2025
- Pas d'examen dans l'hémicycle, du fait du rejet de la 1ère partie du PLF
- 4. Examen du texte, sur le fond, en Commission des finances (Sénat), les 13 et 26 novembre
- 5. Examen du texte, dans l'hémicycle (Sénat), le 4 décembre
- La Plateforme interassociative du service civique appelle à préserver le dispositif
- 6. Examen du texte, sur le fond, en Commission des finances (AN) le 10 janvier 2026
- 7. 49-3 déclenché par le Premier ministre, le 23 janvier 2026
Le vendredi 23 janvier, trois jour après s'être appuyé sur le même article pour faire passer la partie "Recettes" du projet de budget 2026, Sébastien Lecornu s'appuie sur l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire passer la partie "Dépenses".
Concernant spécifiquement les crédits jeunesse, le gouvernement a procédé comme sur la plupart des programmes budgétaires avec un premier amendement actant de nouvelles coupes budgétaires et supprimant les amendements sénatoriaux n'étant pas à sa convenance, puis un autre offrant quelques gages à la négociation parlementaire.
- Le premier supprime environ 63 M€ :
- 53,5 M€ obtenus par les amendements du Sénat (dont 40 M€ sur le service civique et 10 M€ sur les colos apprenantes) ;
- 9,6 M€ coupés pour motif d'équilibre budgétaire sans préciser les dispositifs concernés.
- Le second rétablit 30 M€ pour le service civique, "permettant de réhausser le nombre de contrats jusqu'à 135 000 contrats en 2026" selon l'exposé des motifs du gouvernement. On note que l'enveloppe reste en-deçà de la copie du Sénat, qui visait pourtant le même nombre de volontaires accompagnés sur l'année civile. Par rapport au budget 2025, la baisse chiffre donc à -84,4 M€ (-15 % sur 1 an).
En somme, les crédits retenus s'élèvent à environ 647 M€.
- C'est 19 M€ de plus que la copie initiale du gouvernement Lecornu, présentée mi-octobre ; mais 35 M€ de moins que la copie votée par le Sénat.
- Surtout, la chute vertigineuse vis-à-vis du budget 2025 se confirme, avec une baisse d'exactement -200 M€ (-24 %).
Concernant le financement des Colos apprenantes, il disparaîtrait donc complètement du budget de l'État, la ministre laissant entendre qu'un mode de financement autre pourrait être convenu avec la Cnaf.
Le samedi 10 janvier, la Commission des finances examine à nouveau le PLF sur la base du texte adopté au Sénat, en accéléré. En une seule journée, les députés balaieront l'ensemble des dépenses.
Un seul amendement sera adopté concernant les crédits jeunesse : celui du rapporteur du budget Philippe Juvin (LR), qui propose un rabot automatique de 29,1 M€, en vue de réduire le déficit de l'État.
Déterminé sur des critères mathématiques, l'amendement ne s'intéresse pas aux dispositifs qui seraient impactés par cette coupe.
Par ailleurs, au rang des mauvaises nouvelles, plusieurs amendements ont été rejetés, bien que certains aient été adoptés en première lecture :
- L'amendement de l'écologiste Charles Fournier visant à revenir globalement sur la baisse des crédits jeunesse (+120 M€) ;
- L'amendement de Florence Hérouin-Léautey (PS) visant à rétablir 45 M€ sur le service civique. Un autre amendement de repli de la même députée visait à rehausser les mêmes crédits de 20 M€
- le Sénat n'avait rétabli que 40 M€ sur les 114 M€ retirés dans la proposition de l'exécutif.
- L'amendement d'Idir Boumertit (LFI) visant à rétablir le Fonjep Jeunes, augmentant ainsi l'enveloppe du Fonjep de 30 % (25 M€) ;
- En 1ère lecture, ce même amendement avait été adopté. Tombé car appuyé sur des crédits modifiés avant l'examen de l'amendement, il sera sans doute redéposé pour la discussion dans l'hémicycle, si elle a lieu.
- L'amendement du même député concernant l'augmentation du FDVA de 18 M€, lui aussi adopté en première lecture, a connu le même sort.
- L'amendement de l'écologiste Jean-Claude Raux visant à rassembler l'ensemble des aides au départ en vacances dans un fonds d'aide aux colonies de vacances et camps de scoutisme de 160 M€ ;
Par ailleurs, aucun amendement de rétablissement du budget des Colos apprenantes (maintenu à 10 M€ sur 36 M€ par le Sénat), n'a été déposé.
Dans une lettre ouverte au Premier Ministre et à la ministre Marina Ferrari publiée mi-décembre, les associations membres de la Plateforme interassociative du service civique appellent à préserver le dispositif, à minima avec 135 000 missions pour 2026, conformément au vote du Sénat.
Rappelant l'importance du service civique pour l'engagement et l'insertion des jeunes, ainsi que pour la citoyenneté et la cohésion sociale, les associations demandent :
- de s'engager sur un budget permettant d'assurer 135 000 missions sur l'année civile 2026 ;
- de sanctuariser la durée moyenne des missions à 8 mois en France, alors que Bercy lorgne sur ce paramètre en vue de réaliser des économies ;
- de s'engager à éviter un gel des nouvelles missions en cas de non-adoption du PLF avant le 31 décembre 2025.
Examinés le 4 décembre dans l'hémicycle du Sénat, les crédits Jeunesse sont restés nettement plus proches de la copie de l'exécutif que lors du passage à l'Assemblée Nationale.
Parmi les amendements adoptés :
- Celui du rapporteur général du budget Jean-François Husson (LR), rétablissant 40 M€ sur les 114 M€ supprimés sur le service civique, conformément aux échanges de la Commissionet malgré l'avis défavorable de la ministre Marina Ferrari ;
- Des amendements identiques sont déposés par le groupe socialiste, des sénateurs du groupe RDSE (centre gauche), LIRT (Horizons) ou du groupe centriste.
- Seul le groupe RDSE motive son texte en tentant de chiffrer le nombre de missions : il estime que ces 40 M€ permettraient d'atteindre 135 k volontaires accompagnés sur l'année (contre 150 k les années précédentes).
- Celui du groupe socialiste, rétablissant 36 M€ afin de remettre en vigueur l'aide destiné aux volontaires en service civique souhaitant passer le BAFA ou BAFD ;
- Celui porté par Mathilde Ollivier et les sénateurs du groupe écologiste portant l'indemnité des volontaires en service civique à l'étranger à 700€/mois ;
- Celui porté par l'ex-ministre Nathalie Delattre (RDSE, centre gauche) visant à créer un fonds de soutien aux petites associations, notamment en QPV, de 8 M€ ;
- Celui de Béatrice Gosselin (LR) conservant 10 M€ des 36 M€ alloués aux Colos apprenantes, concentrant l'aide aux enfants directement pour les jeunes automatiquement allocataires : enfants de l'ASE, en situation de handicap ou relevant de la MSA (seul le groupe Horizons s'y est opposé). À noter également l'avis défavorable de la ministre Marina Ferrari.
Parmi les amendements rejetés :
- Celui d'Akli Mellouli (écolo) rétablissant en bloc 125 M€ parmi les 221 M€ supprimés sur les crédits jeunesse ;
- Celui porté par Michel Canévet (centriste) visant à retirer 33 M€ au FDVA, ce qui revient à le supprimer ;
- Celui de Mathilde Ollivier (écolo) visant à l'inverse à doubler le FDVA avec 33 M€ (comme celui des socialistes pour 32 M€, ou ceux de RDSE et des communistes proposant 17 M€, ces deux derniers amendements ont rencontré une opposition unanime des groupes LR, centriste et Horizons) ;
- Ceux de Mathilde Ollivier (écolo) et Yan Chantrel (socialiste) passant le montant du poste Fonjep à 10 k€, pour une enveloppe de 22 M€.
- Celui de Mathilde Ollivier (écolo) et Alexandre Ouizille (PS), créant un fonds de soutien aux départs en vacances en regroupant les aides existantes, de 120 M€ (opposition unanime des groupes LR, centriste, Horizons et Renaissance) ;
- Ceux de Mathilde Ollivier (écolo), Yan Chantrel (PS), Annick Billon (centriste) et Jérémy Bachi (communiste) rétablissant respectivement 36,8 M€ et 37 M€ aux Colos apprenantes, les maintenant à leur niveau 2025.
- Au scrutin public, on note les oppositions unanimes des groupes LR, centriste et Horizons
Suite à l'examen en Commission le 13 novembre de l'exposé du rapporteur spécial sur les crédits jeunesse, le socialiste Éric Jeansannetas, la Commission des finances s'est à nouveau réunie le 26 novembre.
Consentant en partie au plaidoyer du rapporteur socialiste, le rapporteur général du budget, Jean-François Husson (LR) propose alors par amendement - adopté - de rétablir 40 M€ au service civique, compensant maigrement la coupe de 114 M€ proposée par l'exécutif.
Sur les crédits jeunesse et vie associative, la Commission des finances du Sénat a, hormis cette exception, adopté sans modifications la proposition initiale du gouvernement.
Le samedi 8 novembre, cinq jours après leur examen en Commission des affaires culturelles et de l'éducation (Com' ACE), les amendements 'jeunesse & vie associative' sont de retour, cette fois en Commission des finances, avant un retour du texte dans l'hémicycle le 13 novembre.
Si les socialistes étaient tête de file en Commission des affaires sociales, ce sont cette fois les députés insoumis, défendus par Marianne Maximi, qui ont fait adopter la plupart des amendements.
Les amendements confirmés par rapport au vote de la Commission des Affaires culturelles et de l'éducation :
- Maintien du dispositif Colos apprenantes, à 36,8 M€ (amendement Perrine Goulet, MoDem). Contrairement à la Commission des affaires culturelles et de l'éducation, l'amendement est signé par 5 députés macronistes, dont la présidente MoDem de la délégation aux droits des enfants Perrine Goulet. La disposition avait néanmoins fait l'objet de nombreux autres amendements des groupes écologiste, communiste et LR.
- Création d'un fonds de 3 M€ pour revaloriser les CPO des associations (am. Louis Boyard, LFI)
- Renforcement du dispositif Guid'Asso de 2,5 M€ (am. V. Spillebout, Ren.)
Contrairement à la Commission des affaires culturelles et de l'éducation, les députés de gauche ne sont pas parvenus à rétablir les crédits alloués au service civique :
- Malgré un amendement à l'ambition moindre que celui adopté le 3 novembre (85 M€ récupérés pour sécuriser 135 k missions plutôt que les 134 M€ retirés pour maintenir les 150 k de 2025), le texte sera malgré tout rejeté en Commission des finances (am. PS ; échange en Commission à 2h35).
- Le rapporteur de la mission pour les crédits Jeunesse et vie associative, le Renaissance Benjamin Dirx, partageait néanmons l'ambition de sécuriser 135 k missions en 2026. Il proposait de son côté un amendement récupérant 76,2 M€ dans le même but que l'amendement socialiste mais, échangeant avec Bercy le matin même, il appellait à rejeter les amendements afin d'en redéposer avec un avec un chiffrage actualisé dans l'hémicycle.
Les amendements nouvellement adoptés par la Commission des finances :
- Création d'une "Garantie d'autonomie jeune", revenu fixé au niveau du seuil de pauvreté pour les jeunes de 18 à 25 ans n'ayant pas de ressources. Ce fonds est abondé par les crédits supprimés au SNU, soit 128 M€ (am. Louis Boyard, LFI)
- Augmentation du Fonjep de 25 M€ via deux leviers : augmenter l'aide par poste à 10 k€ pour compenser la suppression du Fonjep jeunes dans le budget de l'année passée (10 M€) ; et revaloriser l'ensemble de l'enveloppe pour palier à l'inflation des années précédentes (15 M€). Soit une augmentation du Fonjep au global de +40 % (am. LFI)
- En réponse aux plaidoyers du Mouvement associatif, ESS France, la FAS ou d'autre, augmentation du FDVA de 18 M€, soit +35 % du fonds (am. LFI)
Du reste sur la discussion, ont été rejetés ou sont 'tombés' :
- Les députés ayant l'obligation de compenser leurs hausses de dépenses, plusieurs ont "gagé" leurs proposition sur des fonds dédiés au sport ou aux Jeux olympiques. Ces derniers ayant précédemment été réduits par des amendements adoptés plus tôt, certains sont "tombés" et n'ont pu être adoptés, notamment :
- L'amendement écologiste visant à effacer la baisse du budget "Jeunesse et vie associative" en y réallouant 220 M€ sur les 226 M€ supprimés par l'exécutif (am. écolo)
- L'amendement visant à créer un fonds de départ en vacances (colos & camps scouts) de 160 M€, à l'image de celui adopté 5 jours plus tôt (am. écolo)
- L'amendement socialiste visant à augmenter de 32 M€ le FDVA (am. PS)
- Après l'adoption en Com' ACE d'un amendement à 3 M€ pour soutenir l'embauche des associations en QPV, le groupe LFI tente en Commission des finances de monter le chiffre à 15 M€, mais sera rejeté (am. LFI)
- Un amendement RN visant à supprimer purement et simplement le service civique au motif que ce dernier "finance des programmes d’accompagnement des demandeurs d’asile ou des missions « interculturelles » à l’étranger qui s’apparentent à de véritables vacances aux frais du contribuable" (am. RN). Un autre, porté par le même député, vise à retirer 28 M€ aux associations organisatrices d'ACM via la fusion du FDVA et du Fonjep : "Dans un contexte budgétaire contraint, il apparaît anormal que le contribuable finance à de tels montants des associations de loisir, quand il ne s’agit pas carrément de structures idéologiques et militantes" (am. RN). Le député Matthias Renault rappelle que ces propositions font partie du plan de son parti portant 3,2 Mds€ de coupes budgétaires supplémentaires visant le monde associatif.
Le 3 novembre, après l'audition de la ministre Marina Ferrari, les députés de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation ont examiné les amendements relatifs aux crédits jeunesse. À noter que ladite commission n'est saisie que "pour avis". L'adoption d'amendements vise à enrichir un rapport transmis ensuite à la Commission des finances, seule saisie sur le fond.
Lors de son audition, la ministre Marina Ferrari s'est notamment dite ouverte à :
- l'étude de nouveaux financements sur le service civique pour trouver un compromis entre les 150 k de l'année passée et les 110 k volontaires financés dans le PLF 2026 ;
- le retour des Colos apprenantes, sur lequel elle travaille en ce moment conjointement avec la Cnaf pour trouver des solutions ;
- l'amélioration du Pass colos en 2025, bien qu'il ne soit pas concerné par les crédits du programme 163 ;
- l'amélioration de l'accès au fonds TSI, dédié à soutenir les investissement du tourisme social et auquel les associations, notamment d'éducation populaire, peine à accéder en raison de garanties parfois insuffisantes en comparaison de grandes entreprises lucratives.
Amendements adoptés sur l'éducation populaire :
- Création d'un fonds de soutien à la complémentarité éducative de 100 M€. Des crédits qui seraient alloués aux services déconcentrés de la Djepva et prioritairement destinés aux associations dans le cadre des activités périscolaires et extrascolaires (amendement socialiste) ;
- Annulation de la baisse de crédits imposée au service civique en reprenant 134 M€, revenant ainsi à l'objectif de 150 k missions financées sur l'année (amendement de la socialiste et ex-présidente de la Commission Fatiha Keloua Hachi) ;
- Retour de l'aide de 100 € pour les volontaires en service civique souhaitant passer le BAFA ou BAFD, enveloppe de 36 M€ (amendement de la rapporteure des crédits jeunesse Florence Hérouin-Léautey, socialiste) ;
- Création d'un fonds, doté de 130 M€ par an durant 4 ans, destiné aux collectivités locales et associations propriétaires de structures accueillant des ACM afin de soutenir la rénovation du patrimoine de l'éducation populaire, du parc des centres de loisirs (amendement de F. Hérouin-Léautey, identique de F. Keloua Hachi) ;
- Regroupement de l'ensemble des aides au départ en vacances dans un fonds unique doté de 120 M€ et dont les aides seraient "directement versées aux structures organisant des [ACM]" (amendements de la rapporteure et du groupe socialiste) ;
Amendements adoptés en faveur des associations :
- Création d'un fonds public de 3 M€ de soutien à l'emploi associatif dans les QPV, finançant à hauteur de 50 % des salaires concernés (amendement Louis Boyard, LFI) ;
- Mobilisation de 3 M€ afin de revaloriser les conventions pluriannuelles d'objectifs (CPO) des associations (amendement Louis Boyard) ;
- Abondement des crédits dédiés à Guid'Asso de 2,5 M€ (amendement de la rapporteure F. Hérouin-Léautey, identique de Violette Spillebout pour le groupe Renaissance).
Parmi les amendements rejetés, on notera celui du groupe RN visant à supprimer l'ensemble des subventions aux têtes de réseaux associatives que sont Le Mouvement Associatif et le Cnajep, qualifiés d'"organisations d'extrême gauche qui poursuivent un but strictement politique et non associatif." Ce discours avait pu s'exprimer largement lors de l'audition en Commission des représentants des têtes de réseau concernées le 21 octobre. Ces propos avaient été partagés, à la surprise des dirigeants du Cnajep, par les groupes LR et Horizons.
Suite à sa présentation lors du premier conseil des ministres le lundi 13 octobre, le projet de loi de finances pour 2026 ainsi que les "bleus budgétaires" donnant le montant pour chaque mission et programme du projet de budget de l'État sont publiés.
Politiques jeunesse (Article 49 du PLF - État B)
Avec eux, plusieurs informations sur le cadre des discussions parlementaires concernant les politiques jeunesse. Au global, le programme 163 relatif à la "Jeunesse et vie associative" connaît une très forte baisse, passant de 848 M€ dans le budget 2025 à 626 M€ dans le projet de budget 2026 : une baisse inédite de -26 % (-221 M€), encore supérieur à ce qu'annonçait François Bayrou au coeur de l'été (-20 %).
- Ces coupes sont réparties de façon suivante :
- -114,4 M€ sur le service civique (-20 %) ; soit 110 k volontaires sur l'année, au lieu de 150 k.
- -65,9 M€ par la suppression totale du SNU, induisant la suppression totale du dispositif
- -36,8 M€ par la suppression totale du dispositif Colos apprenantes
- -4,5 M€ sur le mentorat (-15 %)
À noter que, si la discussion parlementaire doit encore avoir lieu et que cette discussion a davantage de chances d'être impactant du fait de l'engagement du Premier Ministre de ne pas recourir au 49-3, ces débats restent fortement limités.
Du fait de l'article 40 de la Constitution, les députés et sénateurs ne sont pas autorisés à déposer d'amendements induisant des charges nouvelles pour l'État. Aussi, les parlementaires ne pourront qu'au mieux proposer de nouvelles répartitions de l'enveloppe des 626 M€, mais ne pourront pas en réhausser le montant sans accord de l'exécutif.
Réaction des associations
Dans un communiqué du 20 octobre, l'UNAT s'inquiète de la suppression annoncée du dispositif Colos apprenantes : "Effacer ce dispositif, c’est priver des milliers d’enfants (400 000 enfants depuis 2020) d’un levier majeur d’égalité des chances et d’accès aux vacances. [...] Et ce d’autant plus que la pression croissante sur le budget des collectivités fait peser une menace, aux impacts malheureusement déjà mesurés, sur l’organisation de séjours éducatifs pour la jeunesse (classes de découvertes, accueils collectifs de mineurs…)."
Le 27 octobre, dans une tribune publiée dans Ouest France, un large panel de représentants de l'éducation populaire dénonce le budget Lecornu, notamment la suppression des Colos apprenantes et la taxation à 8% des chèques-vacances et aides des CSE. On y trouve notamment l'UFCV, la JPA, le Cnajep, Hexopée, l'UNAT, le Scoutisme Français mais également les associations nationales : Ligue de l'enseignement, Léo Lagrange, Céméa, Francas, Ifac.
"À l’échelle nationale, priver des enfants de ce droit fondamental, c’est aussi affaiblir l’investissement collectif dans l’éducation, la santé mentale et la cohésion sociale, autant de leviers indispensables à la prospérité de demain. Si nous laissons ces mesures s’appliquer, ce seraient bien plus que 4,7 millions d’enfants et de jeunes qui laisseront une page blanche à la rentrée pour répondre à la fameuse question : « Qu’avez-vous fait pendant les vacances ? »."
Dans une communication du 12 novembre, les MJC de France relaient la campagne d'Hexopée, dont le vice-président Patrick Chenu est directeur général des MJC, autour du slogan : "Le plus grand plan social de la décennie". Mettant à disposition plusieurs visuels déclinant l'interpellation en direction du domaine de la culture, des loisirs ou du sport, l'association nationale appelle à interpeller les députés pour revenir sur les coupes budgétaires annoncées.