Publiée le 26 mai, l'édition 2026 de "La France bénévole" de Recherches & Solidarités actualise les données de l'engagement associatif en France.
En synthèse. Avec le recul, les résultats de 2025 semblent dénoter de la série, où on observait un engagement plus marqué des 50-59 ans et des femmes. En 2026, l'engagement régulier ne poursuit pas la hausse observée en 2025, hormis chez les séniors. Concernant les satisfactions de l'engagement bénévole, les jeunes et les femmes semblent connaître davantage de déceptions. 1 bénévole sur 2 est ouvert à une évolution de la forme de son engagement. Le contexte actuel est un moteur d'engagement pour 50 % des sondés.
Les chiffres du bénévolat
Pour rappel, considérant les spécificités de l'engagement régulier, "colonne vertébrale des associations" sur lequel le laboratoire de recherche porte toujours une attention centrale, Recherches & Solidarités distingue les bénévoles réguliers "tout au long de l'année" (s'engageant chaque mois) et "chaque semaine".
Au global :
- 25 % des Français sont bénévoles dans une association en 2026 (contre 22,5 % en 2010, avec un rebond observé à partir de 2022)
- L'engagement régulier reste relativement stable, et la hausse observée en 2025 ne semble pas se poursuivre. 10 % donnent du temps à une association chaque semaine, contre 12,5 % en 2010 et 11 % en 2025.
- En valeur ce sont environ 500 000 bénévoles réguliers de moins entre 2025 et 2026.
- Concernant les tranches d'âge, les bénévoles réguliers sont :
- 41 % des +65 ans
- 23 % des 50-64 ans
- 17 % des 35-49 ans
- 11 % des 25-34 ans
- 9 % des 15-24 ans
Concernant les dynamiques d'âge, l'étude montre des évolutions non-négligeables entre 2025 et 2026.
- Sur l'engagement "Tout au long de l'année" :
- En 2025, deux palliers nets se détachaient entre les 15-64 ans - dont l'engagement se contenait entre 19 % et 21 % de chaque tranche d'âge - et les tranches d'âge au-delà de 65 ans autour de 25 %.
- En 2026, si les +65 ans restent aux alentours de 25 %, les tranches d'âge inférieures sont moins homogènes :
- 15-24 ans : 15 % (-4 points en 1 an)
- 25-34 ans : 19 % (-2 pts)
- 35-49 ans : 18 % (-2 pts)
- 50-59 ans : 14 % (-5 pts)
- 60-64 ans : 20 % (-1 pt)
- Sur l'engagement "Chaque semaine", les plus de 65 ans retrouvent un rôle moteur à la hausse :
- 15-24 ans : 6 % (-2 points par rapport à 2025)
- 25-34 ans : 8 % (=)
- 35-49 ans : 7 % (-1 pt)
- 50-59 ans : 11 % (+1 pt)
- 60-64 ans : 11 % (-3 pts)
- 65-69 ans : 19 % (+4 pts)
- +70 : 17 % (+2 pts)
L'enseignement de l'étude 2026 porte sur les disparités entre hommes et femmes dans l'engagement régulier :
- En 2026, 12 % des hommes sont bénévoles contre 8 % des femmes (contre 11,2 % et 10,9 % en 2025). Les femmes représentent, en 2026, 42 % des bénévoles réguliers.
- L'écart passe donc, en 1 an, de 0,3 points à 4 points. Les femmes "sont-elles davantage freinées par la situation actuelle ?" s'interrogent les chercheurs, sans dresser pour l'instant de pistes d'explications.
D'autres critères sont également passés au crible :
- Statut. Les retraîtés sont plus engagés "tout au long de l'année" (24 %) et "chaque semaine" (16 %) que les actifs (18 % et 9 %) et que les étudiants (17 % et 6 %).
- La profession. Sur l'engagement "tout au long de l'année", on trouve les cadres (24 %) puis les professions intermédiaires (20 %), les ouvriers (17 %), artisans (16 %) puis employés (15 %).
- Une distinction bien moins nette sur l'engagement chaque semaine pour les cadres et professions intermédiaires (10 %), ouvriers (9 %) puis les artisans et employés (7 %). "Les cadres apparaissent plus engagés tout au long de l’année, sans pour autant se distinguer pour l’engagement hebdomadaire", note l'étude.
- Le territoire. La taille de la commune n'influe pas sensiblement sur l'engagement, qui reste à 18-21 % "tout au long de l'année" ou 10-12 % "chaque semaine". Les petites communes / territoires ruraux sont toutefois dans les fourchettes hautes.
- La composition du foyer. Pas de distinction majeures entre un foyer de 1 ou 2 personnes, mais les distinctions arrivent avec les enfants. L'engagement est plus faible pour un foyer avec 1 enfant ("tout au long de l'année" : 17 % vs 19 % ; "chaque semaine" : 7 % vs 11 %). Par contre, le fait d'avoir 2 enfants ou plus révèle une hausse significative de l'engagement "tout au long de l'année (26 %) et une baisse moindre de l'engagement chaque semaine (9 %).
Résultats du baromètre de l'opinion des bénévoles
Recherches & solidarités publie également dans le même document son baromètre sur l'opinion des bénévoles, qui éclaire les résultats de façon plus qualitative.
Concernant les motivations des bénévoles à s'engager, elles sont davantage tournées vers les autres, avec le Top3 suivant :
- Être utile et agir pour les autres (85 %)
- La cause défendue par mon association (61 %)
- Mon épanouissement personnel (42 %)
- Appartenir à une équipe (36 %)
- Acquérir des compétences (28 %)
Parmi les satisfactions exprimées sur l'engagement vécu, on trouve :
- Les contacts, rencontres avec les autres (68 %)
- Agir, être dans l'action (61 %)
- L'ambiance conviviale dans mon association (57 %)
- Les motivations hors top3 sont plus de 20 points derrière.
R&S évalue par ailleurs l'écart, concernant l'épanouissement personnel, entre la motivation à s'engager pour ce motif et la satisfaction exprimée en la matière. Dans cet exercice, deux catégories se détachent :
- Les femmes (41 % évoquent cette motivation, 33 % une satisfaction sur ce motif, soit un écart de -8 points) ;
- Les -35 ans, avec un écart de -12 points.
- Les écarts sont moindres chez les hommes (-6 pts), les 35-64 ans (-6 pts) ou les +65 ans (-7 pts).
- Ce même exercice est réalisé selon les secteurs d'engagement, avec là aussi des écarts disparates :
- Sport (-9 pts)
- Jeunesse & éduc pop (-8 pts)
- Loisirs (-7 pts)
- Culture (-6 pts)
- Santé (-5 pts)
- Social caritatif ou Environnement (-4 pts)
- En 1 mot pour qualifier leur engagement :
- 46 % Plaisir
- 35 % Épanouissement
- 7 % Inquiétude
- 7 % Désillusion
R&S interroge également les déceptions des bénévoles :
- Elles s'expriment en premier lieu "au nom de l'association"
- 27 % évoquent le manque de moyens matériels / financiers
- 23 % manque de moyens humains
- 14 % un impact limité des actions
- Puis interpellent les associations :
- 15 % interrogent le fonctionnement de l'association
- 12 % le manque de dynamisme et d'innovation
- 8 % le manque de reconnaissance des bénévoles // l'entente entre bénévoles
Aussi, concernant les attentes des bénévoles, on trouve :
- 27 % demandent l'aide d'autres bénévoles
- 24 % de la formation
- 20 % la prise en charge des frais
- 16 % être davantage associés aux prises de décision
Aussi, sur la poursuite de leur engagement, 51 % souhaitent le poursuivre dans les mêmes conditions, et 18 % avec des changements. R&S note qu'"environ 1 bénévole sur 2 envisage des changements ou n’écarte pas l’idée. Un besoin d’écoute des bénévoles pour adapter les modalités d’engagement".
Parmi les 18 % souhaitant des changements :
- 27 % veulent plus de responsabilités // 19 % moins de responsabilités
- 25 % veulent donner plus de temps // 24 % souhaitent en donner moins
Enfin, on notera que R&S a interrogé les bénévoles sur l'influence du contexte actuel : "incertitudes politiques et économiques, conflits internationaux, crises environnementales…" :
- 50 % considère que le contexte les encourage / incite à le renforcer avec plus de détermination
- 40 % ne perçoivent pas d'influence ou ne se posent pas la question
- 8 % y voient un frein, "pourrait parfois me décourager"
La fracture associative selon le niveau social se confirme
Déjà mise en avant dans le précédent rapport, la fracture sociale de l'engagement bénévole - que R&S mesure par le niveau de diplôme - se confirme.
Les personnes les moins engagées s'engagent moins que les autres, sur l'adhésion, "tout au long de l'année" comme "chaque semaine". Pour autant, une fois le "col" de l'adhésion franchi, les personnes les moins diplômées s'engagent autant voire davantage que les autres.