Le 1er avril, une 60aine de dirigeants d'associations nationales s'exprime dans une tribune dans Le Monde, en défense des libertés associatives.
La tribune naît, d'une part, du rapport de l'observatoire des libertés associatives publié en février cf. espace veille, mais également de l'initiative d'APF France Handicap, "violemment mise en cause dans certains médias et sur les réseaux sociaux. Il a été présumé que le fait de percevoir des financements publics ne lui accordait pas le droit d’exprimer ses idées et ses valeurs, qui sont la non-discrimination et la défense des droits et libertés fondamentales."
Cette situation explique notamment la signature de nombreuses associations du champ du handicap, moins souvent signataires de tribunes sur les libertés associatives : le collectif Handicaps, le CFHE, l'Unapei, la FNATH, LADAPT, le Groupe Polyhandicap France, l'Unafam, Unanimes, ...
Aussi, le champ des signataires reste plus large : on retrouve les habituels Mouvement associatif, ATD Quart Monde, ESS France, l'Uniopss, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), Emmaüs, la Ligue des Droits de l'Homme, ... mais aussi quelques associations de jeunesse (Animafac, Ifac, Unis-Cités) ou des personnalités tels que l'ancien secrétaire d'État à l'Enfance Adrien Taquet ou des chercheurs tels que l'historien Pierre Rosenvallon, le sociologue Roger Sue ou le politiste Julien Talpin.
"Posons la question clairement, introduisent-ils. Une organisation qui perçoit de l’argent public devrait-elle renoncer à exprimer ses valeurs, ses analyses, ses désaccords ? Devrait-elle s’autocensurer ? Accepter que le financement devienne un moyen de pression idéologique ?"
Les signataires de la tribune dénoncent ainsi une tendance à la neutralisation politique aussi incohérence que délétère pour la démocratie. Incohérence, car comparaison est faite avec les médias ou syndicats qui, percevant des financements publics, sont fondés à tenir des positions politiques. Et délétère pour l'ensemble de la société car user des financements publics pour contrôler les positionnements des associations, "ce serait nier le pluralisme, socle de toute démocratie."
"Réduire au silence au nom du financement public est une dérive liberticide : c’est en réalité s’en prendre à la société tout entière et l’accoutumer au pire. Préserver la liberté d’expression et d’action de celles et ceux qui contribuent à la vie collective, c’est, au contraire, la renforcer."