Sur la base de l'enquête INSEE sur la privation matérielle spécifique pour 2024 parue en mai dernier cf. espace veille, l'institut public publie de nouvelles données spécifiques à l'enfance.
Principaux enseignements
En 2024, 8,5 % des enfants subissent une privation matérielle spécifique aux enfants. Cela correspond à près d'1 M d'enfants.
- D'après la classification de l'INSEE, cela signifie que ces derniers ne bénéficient pas d'au moins 3 des 15 critères de confort identifiés (ex : ne pas pouvoir chauffer son logement correctement, ne pas partir au moins 1 fois en vacances dans l'année, ne pas pouvoir manger des fruits et légumes une fois par jour, ...)
Entre 2014 et 2024, l'indicateur diminue légèrement, passant de 9 % à 8,5 % des enfants. Aussi, l'intensité de la privation (nombre moyen de critères non-remplis) a baissé (4,4 en 2024 contre 5,1 en 2014).
Néanmoins, ce constat varie selon les indicateurs :
- Le fait de ne pas avoir les moyens de chauffer son logement a quasiment doublé en 10 ans (5,2 % des enfants en 2014 contre 5,6 % en 2021 et 11 % en 2024) ;
- Sur l'accès aux vacances, la statistique est relativement stable sur 10 ans avec 11,8 % des enfants ne pouvant pas partir en vacances au moins 1 fois sur l'année 2014, contre 11,2 % en 2024.
L'approche par la privation matérielle spécifique s'intéresse aux conditions de vie. Néanmoins, l'INSEE mesure également la précarité monétaire, et relève qu'en 2024, 24 % des enfants sont concernés par l'un des deux ensembles qualifiant les conditions de pauvreté. C'était 20,9 % en 2014.
- Les chercheurs rappellent que la précarité monétaire des ménages dans lesquels vivent les enfants progresse plus vite que la privation matérielle spécifique : "Dans de nombreux ménages, les parents sont les premiers à se priver et privilégient quand ils le peuvent les dépenses destinées aux enfants."