3 décembre 2025. Le SNPPE illustre la pénibilité du secteur, à l'avant-veille de l'ouverture de la Conférence
Dans un plaidoyer de 26 pages, publié le 3 décembre, le SNPPE vient documenter de façon très illustrée la pénibilité des conditions de travail des professionnelles de la petite enfance, à l'avant-veille de l'ouverture de la Conférence Travail & Retraites.
Au fil de ce document, intitulé "Les gestes invisibles" et sous-titré : "Ce que les professionnelles de la petite enfance portent dans une carrière. Et que personne ne compte", le premier syndicat du secteur met en avant plusieurs chiffres interpellants :
- 5 000 tonnes, c'est le poids global porté à l'échelle d'une carrière (environ 70 "manipulations d'enfant" par jour, soit 840 kg quotidiens) ;
- 144 000 changes à l'échelle d'une carrière, invisibles au regard des critères de pénibilité ;
- 1 000 000 d'accroupissements : "Se mettre à la hauteur des enfants, c’est accompagner, sécuriser et comprendre. Mais cette posture répétée des milliers de fois use profondément le corps."
- 56 000 heures de bruit élevé : "Malgré ces risques bien documentés, l’exposition au bruit en petite enfance n’est pas reconnue comme un facteur de pénibilité. Les normes acoustiques recommandées ne sont que rarement appliquées et les dispositifs de prévention restent quasi inexistants."
Le syndicat donne ensuite à voir les conséquences de ces conditions de travail :
- +44 % de maladies professionnelles en 1 an (troubles musculo-squelettiques) dans la petite enfance (données CARSAT) ;
- 97 % des accidentées sont des femmes. Le syndicat rappelle que les difficultés propres au secteur de la petite enfance sont révélatrices d'une économie qui dévalorise le travail des femmes (salaires, conditions de travail) :
- "Les études montrent que, dans les secteurs masculinisés (BTP, industrie, logistique), les efforts de manutention sont systématiquement identifiés, mesurés et compensés [...]. Dans la petite enfance, ces mêmes gestes [...] ne donnent lieu ni à une reconnaissance systémique, ni à une adaptation structurelle des postes de travail" ;
- Sans parvenir à le chiffrer, le syndicat souligne que nombreuses sont les professionnelles à être déclarées inaptes avant les 55 ans. "Alors qu’il faut désormais 42 ans pour atteindre une retraite à taux plein, beaucoup n’en réalisent pas même trente."
4 novembre 2025. Le SNPPE demande au Premier Ministre de considérer la petite enfance dans la Conférence Travail & Retraites
Dans une lettre ouverte au Premier ministre, le premier syndicat de salariées de la petite enfance, le SNPPE, interpelle sur les conditions de travail dans le secteur.
Dans le cadre de la Conférence nationale sur le Travail et les Retraites, annoncée par Sébastien Lecornu lors de sa déclaration de politique générale, le SNPPE souhaite attirer l'attention sur "un angle mort majeur de ces discussions : la pénibilité structurelle des métiers de la petite enfance, exercés à 97 % par des femmes, et pourtant absente de toutes les grilles de reconnaissance existantes."
Documentant la pénibilité du métier, déjà soulignée par la Cnaf dans une publication de juillet 2023 cf. Diaporama, le syndicat soulève les augmentations significatives d'accidents et maladies professionnelles :
- Maladies professionnelles : +44 % en 1 an ;
- Accidents de trajet : +16 % en 1 an ;
- Accidents du travail : +9 % en 1 an
Soit 241 823 journées de travail perdues pour cause d'accidents, et 53 196 autres journées perdues pour maladies professionnelles, selon le syndicat.
Aussi, le SNPPE demande à être intégré aux travaux de la Conférence et à ce que soit ouverte une réflexion interprofessionnelle sur "la pénibilité des métiers féminisés à forte charge physique et émotionnelle" et ses spécificités en termes de temps partiels imposés, carrières discontinues et usure prématurée des corps.